LA TROISIÈME RÉPUBLIQUE ROYALISTE

"née d'une défaite, la troisième république meurt dans une défaite"
Frédéric Fabre

PROCLAMATION DE LA TROISIÈME RÉPUBLIQUE

4 septembre 1870:

Au palais Bourbon, les députés réunis constatent que le pouvoir est vacant, Napoléon III rend son corps d'armée aux prussiens le 2 septembre à Sedan pour éviter un bain de sang. Le 3 septembre, il prend le train à Bouillon pour être interné au château de Wilhelmshohe à Cassel. L'impératrice avait quitté les tuileries en fiacre pour se rendre à Londres. La foule parisienne et les gardes nationaux envahissent le palais Bourbon pour réclamer la déchéance de l'Empire.  Jules Favre et Léon Gambetta prennent la tête de la foule pour se rendre à l'hôtel de ville de Paris pour déclarer solennellement la troisième république. Aussitôt un Gouvernement provisoire de " défense nationale " se constitue.

Le président est le général Trochu "un soldat catholique et breton". Les ministres sont Emmanuel Arago, Adolphe Crémieux, Jules Favres, Jules Ferry, Léon Gambetta, Garnier-Pagès, Glais Bizoin, Eugène Pelletan, Ernest Picard, Henri Rochefort et Jules Simon tous élus  de Paris.

Un autre breton, le comte de Kératry alors député royaliste devient préfet de Paris pour rassurer la bourgeoisie.

Adolphe Thiers convainc ses collègues du palais Bourbon d'accepter le fait accompli par une émeute.

Le gouvernement rassemble le parti républicains composés des quatre courants de gauche:

Les "opportunistes" proche des bonapartistes libéraux et des orléanistes rassemblés autours de Jules Favre et Ernest Picard.

Les radicaux réunis sur le programme de Belleville de Léon Gambetta.

Les "intransigeants" réunis autours de Henri Rochefort.

Les socialistes, section française de l'Association Internationale des travailleurs fondée en 1869.

Contre les quatre courants de gauche, la droite est composée de trois courants:

Les bonapartistes

Le parti royal orléaniste réunis autours de Thiers

Le parti royal légitimiste.

Ces sept courants politiques vont évoluer pour traverser les troisième, quatrième et cinquième république.

En septembre 1870, les républicains sont pour la poursuite de la guerre au point que Georges Sand jugera qu'il ne s'agit que d'un "enivrement d'orgueil". La France rurale de droite préfère la paix.

LA DÉFAITE DE LA GUERRE FRANCO PRUSSIENNE

18-20 septembre : Jules Favre et Bismarck se rencontrant à Ferrières. Bismarck exige l'Alsace et la Lorraine, le nouveau gouvernement décide de continuer la guerre.

Origine du mot BISTRO
 Les troupes prussiennes employaient des soldats russes qui entraient dans les cafés pour boire un coup sans en avoir le droit. Craignant l'arrivée d'un gradé, ils étaient toujours pressés et disaient "vite" en russe. Or vite en russe se dit "bistro", les cafés parisiens gardèrent ce nom.

19 septembre: Les prussiens débutent le siège de Paris.

27 septembre: Strasbourg capitule.

Lettre du Ballon monté le "Victor Hugo"

Le 19 septembre 1870 la ville de Paris est cernée par les prussiens. Le siège durera 4 mois, jusqu'au 28 janvier 1871.  La Compagnie des Aérostiers Militaires, dont le photographe Nadar fait parti, utilisaient les ballons captifs pour observer les lignes ennemis. Nadar pense alors à  les utiliser pour faire passer le courrier des parisiens au dessus des lignes allemandes. Durant les 136 jours du siège, 67 mongolfières seront utilisées dont celle appelée Victor Hugo. Elles étaient fabriquées dans la Gare du Nord et dans la gare d'Orléans.


Les boules de Moulins sont remplies de lettres et fermées, pour transporter le courrier au fil du courant de la Seine durant le siège de Paris.

7 octobre: Gambetta quitte Paris en ballon pour organiser la résistance de la province. L'image du ministre partant en ballon pour organiser la défense, sera la source de sa légende.

9 octobre: Gambetta arrive à Tours pour préparer l'arrivée du du gouvernement. Il prépare aussi l'émission d'un timbre qui sera imprimé à Bordeaux pour fêter la République Française.

10 octobre: L'armée française subit la déroute avec la défaite de la bataille d'Artenay.

11 octobre: Les prussiens prennent Orléans.

30 octobre: Capitulation de Bazaine à Metz. Il se rend avec une armée de 150 000 hommes. C'est un désastre alors que le Gouvernement s'installe à Tours pour organiser l'armée de la Loire.   

2-4 novembre: Thiers rencontre Bismarck à Versailles pour négocier un armistice. Mais le Gouvernement, fidèle à Gambetta choisit "la guerre à outrance".

4 novembre: Les prussiens débutent le siège de Belfort défendu vaillamment par le colonel Denfert Rochereau. Un lion sera sculpté par Bartholdi pour célébrer sa résistance.

9 novembre : L'armée française remporte la victoire de Coulmiers.

11 novembre : L'armée de la Loire reprend Orléans.

25 novembre : Arthur Rimbaud publie un pamphlet contre Bismarck dans Le Progrès des Ardennes.

28 novembre : L'armée française subit une lourde défaite à Beaune-la-Rolande.

2 décembre : L'armée française subit une nouvelle défaite entre Patay et Loigny.

16 décembre : La ville d'Amiens est prise par les prussiens.

1871

3 janvier: Faidherbe remporte la victoire à Bapaume.

6-12 janvier: Bataille du Mans: Placée en tête de la défense, l'armée bretonne épuisée par la maladie et la malnutrition d'une attente trop longue dans le camp de Conlie et, malgré les multiples réclamations du comte de Kératry, mal équipée en armement, 4000 vieux fusils rouillés dotés de munitions hétéroclites qui pétaient littéralement à la "gueule" et de poudre trop trempées pour faire feu, est taillée en pièces par les troupes prussiennes. Gambetta a préféré ravitailler en priorité l'armée de la Loire alors commandée par le général Chanzy. Il craignait que le précédent de "l'armée bretonne" favorise après la guerre, l'indépendance de la Bretagne. Il a choisi de sacrifier les "chouans bretons". Le sort réservé à l'armée bretonne sera pourtant le ciment de la future lutte de l'indépendance bretonne.  L'armée française de la Loire privée de trois corps au profit de l'armée de l'Est ne retourne pas la situation. La défaite du général Chanzy est décisive. Le gouvernement français doit se replier à Bordeaux.

15-17 janvier: L'armée française subit une nouvelle défaite à Héricourt.

18 janvier: Bismarck fait proclamer l'Empire allemand à Versailles. Guillaume de Prusse est empereur.

19 janvier: Faidherbe subit une défaite  à Saint-Quentin. Le général Trochu démissionne.

22 janvier: Une tentative révolutionnaire à Paris pour continuer la guerre subit un échec. Paris subit des bombardements réguliers et souffre du manque de nourriture. La chasse aux rats est ouverte !

28 janvier: Paris capitule. Un Armistice est signé à Versailles sous l'égide de Jules Favre. Léon Gambetta, opposé à la fin de la guerre démissionne. Bismarck veut aussi en finir avec la guerre pour ne pas épuiser la nouvelle allemagne. L'armée prussienne a subi de plus lourdes pertes que l'armée française. La Prusse doit sa victoire à l'incompétence de quelques dirigeants de l'armée française. Les électeurs républicains auront contre l'armée, un ressentiment qui éclatera durant l'affaire Dreyfus.

Bismarck réclame des élections pour favoriser l'arrivée au pouvoir de Thiers avec qui, il pourra signer les conditions de paix.  

8 février: Élection de l'Assemblée nationale avec un choix: pour la gauche république et la continuité de la guerre ou pour les monarchistes et la paix:

200 républicains, 30 bonapartistes, 180 légitimistes, 220 orléanistes sont élus. Le parti de la paix et de Bismarck a gagné.

12 février: L'Assemblée nationale est réunie à Bordeaux. Jules Grévy est élu président de l'Assemblée Nationale.

HUMOUR : Une blague de l'époque tirée de la vie d'Adolphe Thiers (1797-1897)
QUELLE EST LA MOITIE DE THIERS ?
REPONSE :
Trois tiers puisqu'il couche avec sa femme, sa belle mère et sa belle sœur.
plaisanterie historique rapportée par Jean Pierre Tancré

17 février: Adolphe Thiers est nommé chef du gouvernement.

26 février: Thiers débute les préliminaires de paix.

1er mars: La déchéance officielle de Napoléon III est votée définitivement par l'Assemblée Nationale.

1-2 mars: La première revendication de Bismarck est acceptée: les troupes allemandes défilent aux Champs Elysées avant d'évacuer Paris.

3 mars: Le Comité central de la garde nationale est formé.

10 mars: Thiers impose à l'Assemblée le Pacte de Bordeaux pour repousser le problème constitutionnel et du régime après la fin de la guerre. "La République est le régime qui nous divise le moins". Auréolé de sa funeste prédiction contre la déclaration de la guerre et par conséquent de son infaillibilité sur la prédiction des évènements, Thiers est suivi par toute la bourgeoisie de France. 

11 mars: L'Assemblée nationale quitte Bordeaux.

Courant mars: Napoléon III déchu, est libéré par les prussiens. Il part en exil à Londres pour "préparer son retour".

Le Salon Adam s'ouvre pour être le premier salon républicain. Madame Juliette épouse du préfet de police de Paris Edmond Adam, y reçoit Gambetta qui suit ses conseils politiques. Thiers, Camille Pelletan, louis Blanc, Alphonse Daudet, Camille Flammarion, Clemenceau, Louis Blanc, Flaubert, Maupassant,  Hetzel, Sully Prud'homme et Émile Girardin entre autres, s'y réunissent. Ce salon défend le principe de la revanche pour reprendre les régions perdues et l'alliance militaire avec la Russie. Elle créera en 1879, un journal, La Nouvelle Revue où elle fera débuter Paul Bourget, Pierre Loti, Léon Daudet et Octave Mirbeau.

LA COMMUNE DE PARIS

18 mars: Thiers ordonne de désarmer les Parisiens. Il s'agit de soustraire aux Parisiens les 227 canons entreposés à Belleville et à Montmartre. Les Parisiens considèrent ces canons comme leur propriété. Ils les ont eux-mêmes payés lors de la guerre contre la Prusse par le biais de la souscription. Cette annonce déclenche une émeute. Thiers se retire de la capitale et décide de la reprendre par la force. À Paris, le comité central des gardes nationaux décide de l'élection d'un conseil municipal.

26 mars: Élection du conseil général de la Commune: les parisiens se méfient de l'assemblée élue. Ils veulent continuer la guerre. Ils élisent une gauche radicale dont Charles Delescluze, Henri Rochefort, Jules Vallès, Gustave Courbet et Benoît Malon l'ex président de la première Association Internationale des Travailleurs sous l'Empire.

28 mars: La Commune est proclamée sur la place de l'Hôtel-de-ville. Ils prennent des mesures radicales pour soulager la misère populaire : réquisition des logements, instruction gratuite, laïque et obligatoire. Ils inventent une démocratie participative en permettant aux citoyens d'intervenir dans les affaires de la commune. À côté de revendications issues du mouvement sans-culotte de 1793 comme l'anticléricalisme et le respect de la liberté de conscience, des revendications de type socialiste sont portées par les insurgés avec la condamnation du militarisme et du capitalisme. Ils sont alors appelés "les partageux". Jules Vallès publie son journal Le Cri du Peuple pour défendre la Liberté de la presse et lutter contre l'Arbitraire. L'autre journal est Le Père Duchêne.

29 mars: Les dix commissions de la Commune sont constituées.

2 avril: Les versaillais attaque le pont de Neuilly .

3 avril: En réponse Louise Michel,  la vierge rouge ou la louve rouge, exhorte les fédérés à marcher sur Versailles  avant que Thiers ne puisse rassembler ses troupes. Mal organisée, cette marche est pourtant un échec.

6 avril: Sur l'ordre de Bismarck qui aide le gouvernement versaillais, Mac-Mahon revient de captivité.

11-24 avril: Mac-Mahon fait bombarder les forts de Paris.

24 avril - 20 mai: Mac-Mahon fait occuper les forts ceinturant Paris.

8 mai: Le gouvernement de Versailles exige la reddition de la Commune.

10 mai: Signature du traité de Francfort: Bismarck obtient 6 milliards de francs, réduits après négociation à 5 milliards et à l'Alsace Lorraine sans Belfort resté français. 

10-25 mai: Delescluze est mis à la tête des troupes de la Commune.

13 mai: Les versaillais s'emparent du fort de Vanves.

21 mai: Les versaillais entrent à Paris par le Point-du-Jour. C'est la fin de la Commune.

23 mai: Les versaillais débutent une Offensive au nord de Paris. Malgré l'organisation de la défense par Benoît Malon, les révoltés mènent un combat désespéré qui se termine au cimetière du père Lachaise devant le mur des fédérés.

Les communards sont accusés d'avoir détruit une partie de Paris, notamment en incendiant plusieurs monuments publics historiques: le Palais des Tuileries, symbole du pouvoir royal et impérial, le Palais de Justice dont la Sainte Chapelle fut préservée, le Palais de la Légion d'honneur et l'Hôtel de Ville qui fut le théâtre de combats jusqu'à ses proches abords cernés de barricades. En réalité, les communards avaient dressé leurs lignes de défense devant les monuments représentatifs de Paris. Le but est évident : espérer que les versaillais n'oseraient pas les déloger par la force sous peine de détruire ces bâtiments historiques. Il n'en fut rien et les tirs d'artillerie s'effectuèrent de part et d'autre des barricades. La conséquence fut la destruction et l'incendie des monuments qui ne servirent en rien de bouclier.

Les communards sont aussi accusés d'avoir exécuté l’archevêque de Paris. Marx écrira dans "La guerre civile en France" que c'est Thiers qui l'a assassiné.

Le 24 mai: Les Versaillais reprennent la Banque de France aux fédérés.

Du 28 au 30 mai: La répression tourne au bain de sang. 10 000 à 25 000 exécutions sommaires, viols, meurtres sont subis par les ouvriers communards durant la semaine sanglante. Des milliers de révoltés sont envoyés dans des bagnes en Algérie ou en Nouvelle Calédonie comme Henri Rochefort ou Louise Michel. Deux faux Jules Vallès sont fusillés ! Le vrai s'exile en Belgique puis en Angleterre.

La commune de Paris et sa terrible répression racontée notamment par Karl Marx porte le germe de l'anarchisme et du communisme européen de la fin du XIXème siècle  et du XIXème siècle.

 

George Sand condamne la Commune et la répression Versaillaise. Elle écrira le 21 octobre 1871: «Je hais le sang répandu et je ne veux plus de cette thèse: faisons le mal pour amener le bien, tuons pour créer». Dommage que la Révolution soviétique ne se soit pas inspirée d'elle !

LES TENTATIVES DE RESTAURATION DE LA MONARCHIE

27 juin: Un premier emprunt de 2 milliards de francs est levé pour couvrir les frais d'occupation et payer la libération du territoire.

2 juillet: Des Élections partielles à l'Assemblée nationale donne la victoire aux républicains qui gagnent quelques sièges.

5 juillet: Le comte de Chambord signe son Manifeste pour préparer la restauration.

29 juillet: A Longchamp, le défilé militaire est placé sous le commandement  du maréchal de Mac-Mahon. Adolphe Thiers passe en revue 120.000 hommes sous les ovations de la foule parisienne.

29 août: La loi sur les conseils généraux organise les départements français.

31 août: Loi Rivet donne à Adolphe Thiers le titre de président de la République française. Il devient le premier président de la troisième République.

1872

14 mars: L'Internationale est interdite par la loi.

Mai: Bazaine se constitue prisonnier.

9 juin: Les Élections partielles à l'Assemblée nationale permettent aux républicains de regagner quelques sièges.

29 juin: La Convention d'évacuation des départements occupés par les troupes prussiennes est rédigée et conclue.

Juillet: Un Second emprunt de deux milliards de francs est lancé pour payer l'évacuation des troupes allemandes. Les français acceptent en masse de participer à l'emprunt pour se débarrasser des troupes allemandes.

12 juillet: Thiers, dans un discours à l'Assemblé Nationale, apparaît comme le défenseur de l'Ordre moral.

27 juillet: La loi de Cissey est promulguée. Le service militaire universel est rétabli. Sa durée est fixée par tirage au sort à un ou cinq ans.

26 septembre: Gambetta qui fait le tour de France comme un commis voyageur pour dénoncer la majorité réactionnaire, prononce à Grenoble un discours resté célèbre « la venue et la présence, dans la politique, d'une couche sociale nouvelle ».

1er octobre: L'Alsace et la Lorraine sont officiellement rattachées au Reich. Il y aura deux sortes de français, les français de l'intérieur et les français de l'extérieur. Cette expression des français de l'intérieur est restée dans le langage alsacien. Le Code allemand s'applique. Il en reste des éléments en Alsace dans le droit contemporain français dont la célèbre loi sur la faillite personnelle et la loi sur l'éducation.   

6 octobre: Un pèlerinage national est organisé à Lourdes pour que la vierge sauve la France.

28 novembre: Élection d'une commission de 30 membres chargés d'organiser la république.

1873

7 janvier: Napoléon III en exil à Londres se fait opérer de la vessie et meurt des suites de son opération.

8 février : L'arrêt Blanco est rendu par le tribunal des conflits et crée ainsi le droit administratif en France.

L'ARRÊT BLANCO DU TRIBUNAL DES CONFLITS EN DATE DU 8 FEVRIER 1873

Agnès Blanco, âgée de cinq ans, est renversée et grièvement blessée par un wagonnet poussé par quatre ouvriers. Le wagonnet appartient à la manufacture des tabacs de Bordeaux, exploitée en régie par l'État. Le père de l'enfant saisit la juridiction judiciaire d'une action en dommages-intérêts contre l'État, estimé civilement responsable de la faute commise par les quatre ouvriers. Un conflit s'élève entre les juridictions judiciaires et administratives. Le Tribunal des conflits est chargé de trancher. La question est de savoir «quelle est, des deux autorités administrative et judiciaire, celle qui a compétence générale pour connaître des actions en dommages-intérêts contre l'État».

L'arrêt du Tribunal des conflits est rendu avec la voix déterminante de Jules Dufaure, Garde des Sceaux, ministre de la Justice, pour cause de partage de voix entre les membres. Le Conseil d'État, déclaré compétent par l'arrêt Blanco, rendra un arrêt le 19 mai 1874, octroyant une rente viagère à la victime.

15 mars: La Convention d'évacuation des départements occupés par les troupes prussiennes est signée.

3 avril: Jules Grévy quitte la présidence de L'Assemblé Nationale. Thiers perd son principal soutient. Les royalistes veulent organiser la restauration le plus vite possible contre le régime républicain de Thiers. Le monarchiste Louis - Joseph Buffet le remplace.

24 mai: Démission de Thiers: Mac-Mahon est élu président de la République. Le duc de Broglie est nommé président du Conseil.

24 juillet: La loi pour l'édification d'un sanctuaire à Montmartre à la gloire de la résistance parisienne pendant le siège, est promulguée. Le Sacré Cœur peut être construit ! 

5 août: Entrevue à Frohsdorf entre le comte de Chambord héritier légitimiste et le comte de Paris héritier orléaniste: Chambord n'a pas de descendance, son héritier légal est le comte de Paris. La restauration réunissant les deux branches de la monarchie est possible.

16 septembre: L'armée allemande évacue les départements français qu'elle occupait depuis le traité de Francfort.

27 octobre: La lettre du comte de Chambord à Chesnelong pour exiger le drapeau blanc symbole du pouvoir royal en remplacement du drapeau tricolore symbole du pouvoir national, signe l'échec de la tentative de restauration. Pour la défense de ses principes, le comte de Chambord refuse le trône que l'Assemblée Nationale voulait lui donner. 

19 novembre: La loi sur le septennat du mandat du président de la République est votée. 7 ans est le temps jugé nécessaire pour attendre la mort du comte de Chambord et instaurer la monarchie avec le comte de Paris.

11 décembre: Le maréchal Bazaine est condamné à mort. Sa peine sera commuée en vingt années de détention.

1874

20 janvier: La loi accorde le Droit  au président de la République de nommer les maires.
 
16 mai: Le ministère Broglie chute.
 
19 mai: La Loi interdisant l'emploi d'enfants de moins de 12 ans est promulguée.
 
22 mai: Ernest Courtot de Cissey est nommé président du Conseil.

1875

30 janvier: "L'Amendement Wallon" défendu par Henri Wallon, est voté par 353 voix contre 352 voix ! L'amendement codifie le système en place depuis 1871, il confirme la République par une seule voix en prévoyant que "Le président de la République est élu par le Sénat et la Chambre".
 
24 février: La loi constitutionnelle sur le Sénat est votée: "le Sénat se compose de trois cents membres : deux cent vingt cinq élus par les départements et les colonies, et soixante quinze élus par l'Assemblée nationale".
 
25 février: La loi constitutionnelle sur l'organisation des pouvoirs publics est votée.
 
10 mars: Le royaliste Louis Buffet devient président du Conseil.
 
13 mars: Une loi militaire, votée par l'Assemblée, augmente le nombre des officiers.
 
12 juillet: La loi établissant la liberté de l'enseignement supérieur, est votée.
 
16 juillet: La loi sur les rapports entre les pouvoirs publics, est votée.
 
2 août: La loi organique définissant les modalités d'élection des soixante quinze Sénateurs inamovibles, est votée.
 
21 Décembre: Élections par l'Assemblée nationale des 75 sénateurs inamovibles. La liste républicaine obtient 57 sièges sur 75.
 
1876
 
30 janvier: Élections sénatoriales: les conservateurs remportent la majorité des sièges mais compte tenu des 75 inamovibles, la droite ne détient qu'une faible majorité avec 151 sièges sur 300.  Victor Hugo est élu sur les bancs républicains. Il ouvre le deuxième salon de Paris tenu par Juliette Drouet. Il a l'auréole du vieux sage républicain adulé par les foules. Il est surnommé affectueusement "le vieux". Pourtant cette vénération ne se traduit pas en vote direct sur son nom aux législatives. Tous les responsables politiques et tous les écrivains en vogue se pressent dans son salon. Lockroy, membre influent du parti radical est un habitué. Il deviendra le gendre du "vieux". Il en tirera un bénéfice électoral incontestable et deviendra plusieurs fois, ministre.
 
Charcot ouvre un troisième salon, pour recevoir les personnalités littéraires, politiques comme Waldeck Rousseau et surtout scientifiques comme Claude Bernard.
 
L'éditeur Georges Charpentier ouvrira le quatrième salon républicain. Il y recevra les écrivains qu'il édite soit Alphonse Daudet, Flaubert, les frères Goncourt et Zola. Ce salon sera surtout celui des peintres impressionnistes dont Renoir qui a peint et offert le portrait de Madame Charpentier avec ses enfants. Plus tard, Sarah Bernhardt y rencontrera l'un des ses fidèles amants, l'écrivain Jean Richepin.
 
20 février - 5 mars: Les Élections législatives voient la victoire des républicains avec 363 sièges contre 151 sièges pour les conservateurs dont 76 pour les bonapartistes.
 
9 mars: Jules Dufaure est nommé président du Conseil et forme un gouvernement de centre gauche.
 

Il s'agit de Jules Dufaure et non de Jules Armand Dufaure, voici un e mail d'Eric Dufaure : "Merci de noter dans votre par ailleurs excellente synthèse chronologique de la IIIe République que le prénom de Dufaure (mon bisaïeul) était bien Jules, mais que Armand n'est que son 2e prénom...qu'il n'utilisait pas, ni dans ses lettres ni dans les documents officiels de l'époque etc.
Pour la petite histoire et pour être tout à fait précis, dans toute la documentation familiale bien fournie que j'ai, je n'ai trouvé qu'un document, une estampe datant de 1848, ou il est cité comme député "Jules Armand Dufaure". Sinon après, c'est toujours Jules Dufaure (c'est Jacques Chastenet et quelques autre historiens au siècle dernier qui ont commencé à tort à réintroduire Armand)."

 
14 mars: Jules Grévy est élu à la présidence de la Chambre des députés.
 
2-10 octobre: Le Premier Congrès Ouvrier se tient à Paris.
 
2 décembre: Le cabinet Dufaure chute.
 
12 décembre: Jules Simon un "républicain profondément conservateur" forme son gouvernement.
 
1877
4 mai: Gambetta prononce un discours contre le cléricalisme.
 
12 mai: La loi sur la publicité des séances des conseils municipaux, est votée.
 
16 mai: Crise entre le président de la République Mac Mahon et le président du conseil Jules Simon. Mac-Mahon le renvoie. "La crise du 16 mai" commence.
 
17 mai: Le Ministère d'Ordre moral de Broglie est choisi par Mac Mahon.
 
18 mai: Manifeste des 363 députés républicains qui dénoncent une politique "de réaction et d'aventure".
 
25 juin: La dissolution de la Chambre est prononcée par Mac-Mahon.
 
15 août: Gambetta fait son célèbre discours à Lille contre Mac Mahon: "Quand la France aura fait entendre sa voix souveraine, il faudra se soumettre ou se démettre!"
 
3 septembre: Adolphe Thiers meurt.
 
19 septembre: Manifeste de Mac-Mahon aux Français sur le thème du bon choix entre les républicains et les conservateurs .
 
14-28 octobre: Élections législatives: Les Républicains obtiennent 315 sièges et les conservateurs, en majorité bonapartistes ont 199 sièges.
 
20 novembre: Mac-Mahon accepte la démission de Broglie qui a perdu les élections.
 
23-24 novembre: Mac-Mahon tergiverse. Le Ministère Rochebouët est constitué mais il ne tient pas face aux républicains
 
13 décembre: Mac Mahon se soumet à la logique parlementaire en nommant le républicain Dufaure. Le très libéral Léon Say, héritier de l'industrie sucrière, rassure la bourgeoisie en acceptant les finances. Plus aucun Président de la République n'osera dissoudre la chambre des députés ou l'assemblée nationale avant De Gaulle. La mauvaise expérience de Jacques Chirac en 1997 montre que l'exercice reste encore très délicat !
1878

12 avril: L'Amnistie pour les délits de caractère politique est votée. La nation peut se réconcilier

1er mai: Ouverture de l'exposition universelle: l'économie repart, les français renouent avec l'empire heureux. Même si les républicains sont majoritaires, la bourgeoisie rassurée par "ces républicains si sages" prend son "bien en patience"!

  1879

5 janvier: Les élections partielles des sénateurs donnent la majorité aux républicains. Ils obtiennent  66 sièges sur les 82 sièges sortants.

30 janvier: Mac-Mahon se démet. les royalistes perdent tous pouvoirs. Le retour à la monarchie ne semble plus possible. Pourtant les républicains vont s'acharner contre les héritiers du trône.

TÉMOIGNAGES DANS LA LITTÉRATURE
cliquez sur l'auteur en bleu pour accéder à ses œuvres et sa biographie

Sur la Guerre de 1870:

Zola: les soirées de Médan et La Débâcle

Maupassant: Boule de Suif une des nouvelles des soirées de Médan et La Folle

Victor Hugo: L'Année Terrible

Alphonse Daudet: Robert Helmont

Arthur Rimbaud: Le Mal et Une Saison en Enfer

George Sand: Journal d'un voyageur pendant la Guerre.

Sur la Commune de Paris:

Karl Marx: La Guerre Civile en France

Jules Vallès: L'insurgé

Sur Les tentatives de Restauration Monarchique:

Jacques Bainville: La troisième République

Ludovic Halévy: La Fin des Notables et La République des Ducs

LIENS EXTERNES

Sur la Guerre de 1870:

La Guerre de 1870 en images: http://www.laguerrede1870enimages.fr

Chemins de mémoire: http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/1870-1871.html

Carte des batailles: http://www.anac-fr.com/commune/comm.htm

Sur la Commune de Paris:

Les amis de la commune de Paris: http://lacomune.club.fr/pages/parent.html

histoire complète de la commune: http://www.chez.com/durru/lmichel/lacommune.htm

La commune vue par les anarchistes: http://www.drapeaunoir.org/commune/histoire.html

L'Internationale chant de la commune: http://drapeaurouge.free.fr/inter.html

Le diaporama de la commune en images: http://www.parisenimages.fr/fr/un-evenement-en-photo.html?sujet=commune

Sur le mouvement royaliste:

Le Comte de Chambord: http://www.comtedechambord.fr/

Le château d'Eu consacré à la famille du Comte de Paris: http://www.louis-philippe.eu/

Sur tous les présidents et gouvernements de la troisième République: http://pagesperso-orange.fr/savoir-plaisir/histoire/Republique_3.htm

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