BIOGRAPHIE DE GUY DE MAUPASSANT

"Guy de Maupassant (1850-1893) avait pressenti avant l'heure l'écriture cinématographique"
Frédéric Fabre

LES LIVRES GRATUITS DE GUY DE MAUPASSANT

1850  Guy de Maupassant naît à Fécamp, chez ses grands-parents maternels. Sa mère, Laure Le Poittevin, fille d’un filateur normand, amie d’enfance de Flaubert, s’arrange pour que son acte de naissance indique comme lieu de naissance, le Château de Miromesnil qu’elle vient de louer. Sa mère est l’épouse de Gustave de Maupassant, un noble authentique charmeur, oisif et peintre à ses heures.

1856  Un second fils naît de cette union, Hervé.

1861-1863  Les parents de Guy de Maupassant ne s’entendent pas. L’enfant assiste, impuissant, à des scènes vio lentes qu’il n’oubliera jamais. A l’âge de 13 ans, il a vu son père rouer de coups sa mère. Depuis, il n’a plus d’amour pour personne.  Ses parents se séparent à l’amiable. La jeune femme a la garde de ses enfants qu’elle élève près d’Étretat. A leurs moments de liberté, ils partagent les jeux des petits paysans dont ils parlent le patois.

1863-1868 Laure de Maupassant envoie son fils à l’institution ecclésiastique d’Yvetot. Il y devient bon latiniste, mais s’y ennuie. Pendant les vacances, il revient s’abattre sur les galets d’Étretat. Il développe la passion pour la mer et la voile. A 13 ans ,il est capable de barrer un canot.

1864 il a 14 ans, il entend au loin sur la mer des appels au secours. Bon nageur, il se précipite: des marins sont en train de repêcher un imprudent. C’est un poète anglais déjà célèbre, A.C. Swinburne. Celui-ci invite Maupassant dans la maison où il vit d’étrange façon avec son ami Powell. L’adolescent se souviendra toujours de cette visite où ils lui font cadeau d’une main d’écorché, cet objet barbare inspirera plusieurs de ses contes.

1868 Guy est d'abord normand. Il adore la nature sauvage . Élève indiscipliné qui chante le bonheur des amants, il est renvoyé du cloître. A seize ans, il fait l’amour pour la première fois. Il fait la connaissance d’une Parisienne, lui dédie un poème dont elle rit avec des amis. Elle confirme son idée de la femme comme créature fausse, légère et méprisable,dont la seule raison d’être sur terre, est de satisfaire l’appétit des mâles.

1869 Interne au Lycée de Rouen, Maupassant décroche le baccalauréat. Il a pour correspondant le poète Louis Bouilhet qui l’emmène, le dimanche, chez son ami Gustave Flaubert. Celui-ci se prend d’affection pour le jeune homme qui lui montre ses premiers essais. Il fête l’événement dans un bordel.

1870  Guy de Maupassant a 20 ans et il est inscrit à la faculté de droit de Paris, quand la guerre contre le Prusse éclate .Guy déteste les mouvements en masse .Le 14 juillet 1870, la foule défile à Paris et hurle : à Berlin ! Guy s’engage comme volontaire. Il devient commis aux écritures, à Rouen.

L’Alsace et la Lorraine sont vite prises par les Prussiens. Guy doit aussi monter vers le front et y connaît la débâcle des troupes françaises, qui refluent en désordre. De cette déroute, il gardera des images de honte, de bêtise et de cruauté. La guerre lui fait horreur et il déteste les chefs militaires inaptes et les politiciens responsables de ce désastre .Il méprise tout autant les Prussiens qui foulent le sol de sa patrie, il en sort farouchement antimilitariste.

1871 Paris est pris, l’armistice est conclu. La France humiliée s’incline au dictat de Bismarck. Guy quitte la capitale pour Rouen. Il supplie son père d’intervenir pour une mutation. Un remplaçant est trouvé , il paie une somme convenue et est démobilisé en novembre 1871.

1872-1878 Pour pouvoir gagner sa vie, Guy se résout à devenir bureaucrate: au ministère de la Marine, puis au ministère de l’Instruction publique (1878-1880)."Je suis dans la merde jusqu’au cou, plongé dans des embarras et des tristesses inexprimables" Il s’estime pendant 8 ans comme une constante victime des ministères .C’est un fonctionnaire consciencieux, mais il s’ennuie. Il ébauche le projet d’écrire une série de nouvelles : "Grandes Misères des Petites Gens". Le dimanche, pour oublier cette morne existence de fonctionnaire, il va canoter sur la Seine et fréquente les filles faciles.
Quand il ne canote pas, il se rend à Croisset, la propriété de Flaubert, près de Rouen et lui montre ce qu’il a écrit. Flaubert le corrige, le dirige avec une tendresse de père. Il lui interdit de rien publier avant qu’il n’ait acquis une véritable maîtrise. Il lui faut connaître les principaux écrivains de son temps, les romanciers de l’école naturaliste, les Goncourt,
Zola, Huysmans, Daudet. Il rencontre aussi le grand écrivain russe Tourgueniev.

Entre 1872 et 1880 il s’occupe aussi du strict apprentissage littéraire. Les grandes misères des petites gens le préoccupent. Les petites gens, ce sont les boutiquiers, les employés, les fonctionnaires sans espoir qu’il croise dans les couloirs des ministères. Les petites gens qui tâchent de s’évader de leur médiocrité. Leurs ardentes passions ,la perspective d’hériter les transforme en rapaces. Les épouses des petites gens, moins résignées que leurs maris, cherchent souvent à se donner l’apparence d’un luxe dont elles ne disposent pas. Leurs desseins téméraires sont affreusement punis. Le comportement des petites gens se caractérise par la malchance. Le rêve et la réalité ne coïncident pas. C’est sur les bords de la Seine qu’il reprend goût à l’existence, grâce à la natation et à la rame. Il aime glisser avec sa yole sur les flots nocturnes. Il fréquente les guinguettes riveraines avec leurs putains et retient les meilleurs histoires de canotiers. Il comprend et subit le pessimisme du philosophe Schopenhauer.

Pour y échapper, Maupassant organise une société secrète de farceurs:  les Crépitiens où l’impétrant doit attester sa disponibilité sexuelle et sa résistance au supplice du pal. Le cabaret de préférence au bord de la seine est "La Grenouillère" où sue la bêtise, pue la canaillerie et la galanterie de bazar .Il y flotte une odeur d’amour et l’on s’y bat pour un oui ou pour un non. Guy, figure de chef,  a une virile beauté. Les femmes flairent ses qualités d’amant brutal et tendre. Il apprécie les belles garces des faubourgs avec leurs cervelles vides. Pas de sentiment là-dedans."Je voudrais avoir mille bras, mille lèvres, et mille..."Ses victimes deviennent les héroïnes de ses récits. Une prostituée lui transmet la syphilis."J’en suis fier, malheur, et je méprise par-dessus tous les bourgeois. Alléluia, j’ai la vérole, par conséquent je n’ai plus peur de l’attraper" Et il refuse de se soigner. Beuveries et coucheries reprennent de plus belle.

 Nouvelles des années 1875 à 1880

1877  Il sollicite et obtient de l’administration un congé de deux mois pour se soigner en Suisse. De retour à Paris, la vie de bureau l’excède. Le succès littéraire tarde à venir. Il refuse de s’associer à une école littéraire.

1878  Il commence à souffrir de troubles oculaires. La syphilis de Maupassant est aggravée par les excès de toutes sortes auxquels il se livre: travail acharné, mondanités trop nombreuses, dépenses physiques répétées, plaisirs charnels. Elle ne peut pas être soignée.  

fin 1878 Sur intervention de Flaubert, il est enfin nommé au ministère de l’Instruction publique rue de Grenelle. La contrepartie de cette appellation, c’est l’obligation de travailler jusqu’à six heures et demie du soir et même le dimanche matin jusqu’à midi.

14 février 1880 Guy est inculpé et accusé d’outrage à la moralité publique et religieuse et aux bonnes moeurs .Et tout cela à cause de "Au bord de l’eau" Il s’adresse à Flaubert pour une lettre d’appui en faveur de sa pièce et pour intéresser la presse en sa faveur. Flaubert médite un plan de bataille et le 21 février, Le Gaulois publie la lettre de Flaubert. Les poursuites sont abandonnées et une ordonnance de non-lieu est signée.

Avril 1880  Guy de Maupassant a 30 ans. Avec ses amis, les écrivains naturalistes sous la direction  d'Émile Zola, il décide de publier la nouvelle Boule de Suif consacré à l’évocation de la guerre de 70, dans un recueil "Les soirées de Médan" La nouvelle "Boule de Suif" est le premier succès de Maupassant. Elle lui permet d'abandonner sa carrière administrative pour se lancer dans le métier de journaliste et écrivain.

8 mai 1880  Mort subite de Gustave Flaubert. Un choc terrible pour Guy, le fils "adoptif ?" ou le "fils naturel ?".

Octobre 1880  Guy de Maupassant découvre la nature luxuriante et ensoleillée du midi de la France et de la Corse puisque sa mère habite dans le golfe d'Ajaccio.

Janvier 1881 de retour à Paris, il exploite à fond ses succès de journaliste. Il finit sa nouvelle sur les femmes de bordel "la maison tellier". Cette nouvelle est une révolte contre l’ordre établi. Guy fustige les gens bien-pensants qui condamnent en paroles ce qu’ils acceptent en actes. Cette nouvelle est en parfaite actualité de la  République de 1880.   Maupassant consolide sa réputation d’écrivain. Les nouvelles qu’il écrit à la suite traitent toutes de la misérable condition humaine .Les lecteurs se précipitent sur les éditions mais la critique reste partagée.

  NOUVELLES DE L'ANNEE 1881

 1882  LA RÉUSSITE

Le succès est inespéré. Guy ne parle que d’argent qu’il dépense aussi facilement qu’il le gagne. Il fait construire un chalet à Étretat, "La Guillette", où il aime à organiser des fêtes et des sorties avec ses voisins et des estivants. En 10 ans, il écrit 300 contes, 6 romans, plusieurs  récits de voyage, un volume de vers, de nombreuses chroniques soit 30 volumes pour son oeuvre complète.
Maupassant est d’abord le collaborateur du Gaulois, puis celui du Gil Blas et du Figaro. Mais il abandonne peu à peu le journalisme, le genre du conte et de la chronique pour se consacrer au roman.

En France, à cette époque, il a le plus fort tirage après Émile Zola.
Il gagne bien sa vie, mais il a de gros frais: il donne de l’argent à sa mère, son frère, sa belle-sœur, sa nièce; il assume la charge financière de ses trois enfants, que, cependant, il ne reconnaîtra pas; il gâte ses maîtresses. Il fait des cures thermales et achète un grand voilier, le "Bel-Ami" pour voyager.
Peu à peu, grâce à la notoriété de son œuvre, il pénètre dans les salons aristocratiques et surtout dans ceux de la haute finance cosmopolite. A la fois séduisant et déplaisant, il choque souvent les hommes, se fait aimer des femmes et se sert d’eux comme modèle pour ses livres. Pourtant, un malaise le ronge. Il se sent seul, il pense devenir fou. La syphilis gagne chaque jour du terrain.

NOUVELLES DE L'ANNEE 1882

  • Un réveillon, Gil Blas, 5 janvier 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • Pétition d'un viveur malgré lui, Gil Blas, 12 janvier 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • Le gâteau, Gil Blas, 19 janvier 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • La bûche, Gil Blas, 26 janvier 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • Mots d'amourr, Gil Blas, 2 février 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • Souvenir, Gil Blas, 16 février 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • Marroca, Gil Blas, 2 mars 1882, sous le titre Marauca et signé Maufrigneuse
  • Le saut du berger, Gil Blas, 9 mars 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • Le lit, Gil Blas, 16 mars 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • Mademoiselle Fifi, Gil Blas, 23 mars 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • Vieux objets, Gil Blas, 29 mars 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • L'aveugle, Le Gaulois, 31 mars 1882
  • Magnétisme, Gil Blas, 5 avril 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • La roche aux guillemots, Le Gaulois, 14 avril 1882
  • Un fils, Gil Blas, 19 avril 1882, sous le titre Père inconnu et signé Maufrigneuse
  • Conflits pour rire, Gil Blas, 1er mai 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • En voyage, Gil Blas, 10 mai 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • Un bandit corse, Gil Blas, 25 mai 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • Rencontre, Le Gaulois, 26 mai 1882
  • La veillée, Gil Blas, 7 juin 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • Rêves, Le Gaulois, 8 juin 1882
  • Autres temps, Gil Blas, 14 juin 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • Histoire vraie, Le Gaulois, 18 juin 1882
  • Le voleur, Gil Blas, 21 juin 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • Clair de lune, Le Gaulois, 1er juillet 1882
  • Un coq chanta, Gil Blas, 5 juillet 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • L'enfant, Le Gaulois, 24 juillet 1882
  • Le verrou, Gil Blas, 25 juillet 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • Un drame vrai, Le Gaulois, 6 août 1882
  • Farce normande, Gil Blas, 8 août 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • Mon oncle Sosthène, Gil Blas, 12 août 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • Voyage de noce, Le Gaulois, 18 août 1882
  • Une passion, Gil Blas, 22 août 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • Fou ?, Gil Blas, 23 août 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • Correspondance, Gil Blas, 30 août 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • Une veuve, Le Gaulois, 1er septembre 1882
  • La rouille, Gil Blas, 14 septembre 1882, sous le titre M. de Coutelier et signé Maufrigneuse
  • La rempailleuse, Le Gaulois, 17 septembre 1882
  • Un parricide, Le Gaulois, 25 septembre 1882
  • Une ruse, Gil Blas, 25 septembre 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • Un vieux, Gil Blas, 26 septembre 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • Pierrot, Le Gaulois, 9 octobre 1882
  • Un normand, Gil Blas, 10 octobre 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • Le pardon, Le Gaulois, 16 octobre 1882
  • La relique, Gil Blas, 17 octobre 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • Clair de lune, Gil Blas, 19 octobre 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • La peur, Le Gaulois, 23 octobre 1882
  • Aux champs, Le Gaulois, 31 octobre 1882
  • Un million, Gil Blas, 2 novembre 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • Le testament, Gil Blas, 7 novembre 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • Le loup, Le Gaulois, 14 novembre 1882
  • Le baiser, Gil Blas, 14 novembre 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • Menuet, Le Gaulois, 20 novembre 1882
  • Ce cochon de Morin, Gil Blas, 21 novembre 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • Madame Baptiste, Gil Blas, 28 novembre 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • Ma femme, Gil Blas, 5 décembre 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • La bécasse, Le Gaulois, 5 décembre 1882. Ce texte précédait celui de La folle sous le titre commun La folle
  • La folle, Le Gaulois, 5 décembre 1882
  • Rouerie, Gil Blas, 12 décembre 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • La légende du Mont Saint Michel, Gil Blas, 19 décembre 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • Yveline Samoris, Le Gaulois, 20 décembre 1882
  • Conte de Noël, Le Gaulois, 25 décembre 1882
  • Nuit de Noël, Gil Blas, 26 décembre 1882, sous la signature de Maufrigneuse
  • Fin 1882 A l’invitation du Gaulois, Guy quitte la France pour l’Afrique du Nord. Il déplore l’injustice d’une colonisation à outrance. Bien sûr,sa tournée africaine est marquée de beaucoup de coucheries avec toutes sortes de prostituées. Blessé et écoeuré, il retourne en France, mais la salle de rédaction lui paraît tristement étouffante.

    1883  Publication de son premier roman "Une vie":

    Tous ses thèmes qui lui sont chers y sont exploités: l’impossibilité d’un accord profond entre l’homme et la femme dans le mariage, une répugnance quasi physique pour la maternité, l’amour viscéral de la Normandie, la fascination de l’eau, le problème de la bâtardise, le pessimisme de l’impossible bonheur. Le texte procède à la déconstruction de quelques lieux communs; le mythe du héros positif s’effondre, tandis que s’élabore l’écriture du vide .Le roman se fonde sur le décalage constant entre la réalité décevante et les espoirs de bonheur.

    LISEZ LE RÉSUMÉ D'UNE VIE

    Sa maladie lui cause de plus en plus de problèmes et il a souvent recours à l’éther. Il s’engage à des enquêtes métaphysiques. L’éther subtilise son intuition et il cherche à détecter derrière le décor des choses quotidiennes quelques réalités dérobées."Je vous assure,du reste,que bien des choses qui nous entourent nous échappent.. notre apathie nous porte à voir partout l’impossible, l’invraisemblable". Parfois il croit rencontrer des êtres sans nom, de voir sur les fauteuils de petits bonhommes rouges. Il estime que l’éther le transforme en un puissant démiurge qui disperse dans l’aura du monde semi- psychique de nombreux doubles de lui-même. Parfois le cordon qui attache Maupassant à son double se rompt. Quand l’un quitte son logis,l’autre s’y installe et parodie les gestes de l’écrivain."En rentrant chez moi, je vois mon double. J’ouvre la porte et je vois mon double assis sur mon fauteuil. Guy éprouve de l’anxiété. Il tente de prendre son double au piège en se servant du miroir pour capturer les images de l’invisible: "C’est curieux, je vois mon double." Il commence à douter tragiquement de son identité. "Je crois, parfois, perdre la notion du moi... tout s’embrouille dans mon esprit et je trouve bizarre de voir cette tête que je ne reconnais plus". Or, dans de nombreux contes fantastiques, Maupassant traite les deux thèmes connexes du double et de l’être invisible, détachés dans le monde pour y préparer l’éviction de l’humain. Les êtres insolites ont une constitution anthropomorphe.

    NOUVELLES DE L'ANNEE 1883

    1884  Maupassant s’intéresse aux cas de folie et à l’hypnotisme et suit les cours du Professeur Charcot à la Salpêtrière jusqu’en 1886. Charcot a alors pour élève, un docteur autrichien qui deviendra célèbre: Sigmund Freud.

    Cour de Charcot à la Salpêtrière

     NOUVELLES DE L'ANNEE 1884

     

    1885  Il voyage en Italie.

    NOUVELLES DE L'ANNEE 1885

    1886 PUBLICATION DU ROMAN BEL - AMI

    Un jeune homme doué de cynisme et d'une beauté extérieure rehaussée par sa moustache séduit les femmes des bourgeois pour être "introduit" dans la "bonne société" et réussir sa vie professionnelle.

    LISEZ LE RÉSUMÉ DE BEL AMI

    NOUVELLES DE L'ANNEE 1886

    1887  En juillet, il fait un voyage en ballon de Paris en Hollande – le ballon se nomme le Horla. En octobre, il se rend en Algérie et en Tunisie. Son frère Hervé est interné pour troubles mentaux.

    Manet: Le Bar des folies Bergères

    NOUVELLES DE L'ANNEE 1887

    1887 Publication de son troisième roman "Mont Oriol"

    Nouvelles de l'année 1888

      1888 quatrième roman, "Pierre et Jean"

    Août 1889  Hervé subit un second internement à l’hôpital psychiatrique de Bron. Le 13 novembre, il meurt.

    Publication du roman "Fort comme la mort"

    Nouvelles de l'année 1889

    1890  La santé de Maupassant se détériore.

    Nouvelles de l'année 1890

    Publication de son dernier roman achevé "Notre coeur"

    1891  Maupassant songe à écrire deux romans, ils resteront inachevés. Il souffre des yeux, des dents, de la tête, de l’estomac. Il se sent devenir fou. Il n’est plus maître de ses mots. Il espère encore trouver un soulagement dans les villes d’eaux, puis sur la Côte d’Azur, près de sa mère qui habite Nice.

    Nouvelles de l'année 1891

    A ces hantises classiques, Maupassant ajoute ses obsessions personnelles. Les migraines et son attention à cet état de sa tête ont une importance privilégiée pour lui. Il se peigne pour guérir parce que ses cheveux lui font mal. Ses maîtresses ont souvent le devoir de procéder à la cérémonie du peignage galant, ce qui lui donne une joie sensuelle et savoureuse: "on sent bien qu’on tient une chatte perfide, sournoise, amoureuse ennemie, qui mordra quand elle sera lasse de baisers." A mesure que sa maladie progresse, il se traite lui-même comme un personnage d’outre monde.

    1er janvier 1892  Guy de Maupassant a 41 ans. En revenant de chez sa mère, il tente de se suicider. Son valet le désarme. Il entre à la maison de santé du Docteur Blanche, à Passy.

    8 juillet 1893  Guy de Maupassant meurt. Il est inhumé au cimetière MONTPARNASSE à Paris. Émile Zola prononce l'oraison funèbre.

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    Citations de Guy de Maupassant

    Lorsque j'ai bien dîné, je me sens tout morose,
       Et fort embarrassé d'écrire quelque chose.

    "Le surnaturel baisse comme un lac qu'un canal épuise ; la science à tout moment recule les limites du merveilleux."
    ( La peur)

    "Et cette terreur confuse du surnaturel qui hante l'homme depuis la naissance du monde est légitime puisque le surnaturel n'est autre chose que ce qui nous demeure voilé!"
    ( Nouvelles fantastiques 2, Lettre d'un fou)

    "Toutes les idées, toutes les phrases, toutes les discussions, toutes les croyances sont des rengaines."
    (Correspondance - Lettre à Marie Bashkirtseff - Mars 1884)

    "Toutes les religions sont stupides avec leur morale puérile et leurs promesses égoïstes, monstrueusement bêtes. La mort, seule est certaine."
    ( Bel-Ami / 1885)

    "Ce que c'est que l'habitude de se servir de la religion comme on se sert d'un en-tous-cas. S'il fait beau, c'est une canne ; s'il fait soleil, c'est une ombrelle ; s'il pleut, c'est un parapluie, et, si on ne sort pas, on le laisse dans l'antichambre. Elles sont des centaines comme ça qui se fiche du bon Dieu comme d'une guigne, mais qui ne veulent pas qu'on en dise du mal et qui le prennent à l'occasion pour entremetteur."
    (Bel-Ami / 1885)
    "Une vie ! Quelques jours, et puis plus rien !"
    ( Bel-Ami / 1885)

    "Notre grand tourment dans l'existence vient de ce que nous sommes éternellement seuls, et tous nos efforts, tous nos actes ne tendent qu'à fuir cette solitude."
    ( La Solitude)

    "Le tremblement de terre écrasant sous des maisons croulantes un peuple entier; le fleuve débordé qui roule les paysans noyés avec les cadavres des bœufs et les poutres arrachées aux toits, ou l'armée glorieuse massacrant ceux qui se défendent, emmenant les autres prisonniers, pillant au nom du Sabre et remerciant un Dieu au son du canon, sont autant de fléaux effrayants qui déconcertent toute croyance à la justice éternelle, toute la confiance qu'on nous enseigne en la protection du ciel et en la raison de l'homme."
    ( Boule de Suif)

    "Toutes leurs conceptions de Dieu, du dieu maladroit qui rate et recommence les premiers êtres, qui écoute nos confidences et les note, du dieu gendarme, jésuite, avocat, jardinier, en cuirasse, en robe ou en sabots, puis, les négations de Dieu basées sur la logique terrestre, les arguments pour et contre, l'histoire des croyances sacrées, des schismes, des hérésies, des philosophies, les affirmations comme les doutes, toute la puérilité des principes, la violence féroce et sanglante des faiseurs d'hypothèses, le chaos des contestations, tout le misérable effort de ce malheureux être impuissant à concevoir, à deviner, à savoir et si prompt à croire, prouvent qu'il a été jeté sur ce monde si petit, uniquement pour boire, manger, faire des enfants et des chansonnettes et s'entre-tuer par passe-temps."
    (Sur l'eau, 1888)

    "Confessionnal : petite cabane de bois, sorte de boîte à ordures où les croyants vident leurs péchés."
    (Pierre et Jean / 1888)

    "Dieu n'a créé que des êtres grossiers, pleins de germes des maladies qui, après quelques années d'épanouissement bestial, vieillissent dans les infirmités, avec toutes les laideurs et toutes les impuissances de la décrépitude humaine..... le Créateur sournois et cynique a voulu interdire à l'homme de jamais anoblir, embellir et idéaliser sa rencontre avec la femme... Je conçois Dieu comme un monstrueux organe créateur inconnu... nous lui devons d'être mal en ce monde qui n'est pas fait pour nous....éternels et misérables exilés sur cette terre."
    ( L'Inutile Beauté)

    "Depuis que l'homme pense, depuis qu'il sait dire et écrire sa pensée, il se sent frôlé par un mystère impénétrable pour ses sens grossiers et imparfaits, et il tâche de suppléer, par l'effort de son intelligence, à l'impuissance de ses organes. Quand cette intelligence demeurait encore à l'état rudimentaire, cette hantise des phénomènes invisibles a pris des formes banalement effrayantes. De là sont nées les croyances populaires au surnaturel, les légendes des esprits rôdeurs, des fées, des gnomes, des revenants, je dirai même la légende de Dieu, car nos conceptions de l'ouvrier-créateur, de quelque religion qu'elles nous viennent, sont bien les inventions les plus médiocres, les plus stupides, les plus inacceptables sorties du cerveau apeuré des créatures. Rien de plus vrai que cette parole de Voltaire : "Dieu a fait l'homme à son image, mais l'homme le lui a bien rendu.""
    ( Contes et nouvelles, La Horla)

    "Le père Amable avait peur du curé par appréhension de la mort qu'il sentait approcher. Il ne redoutait pas beaucoup le bon Dieu, ni le diable, ni l'enfer, ni le purgatoire, dont il n'avait aucune idée, mais il redoutait le prêtre, qui lui représentait l'enterrement, comme on pourrait redouter les médecins par horreur des maladies."
    ( Le père Amable)

    "Dans l'esprit du paysan, tout l'effort de la religion consistait à desserrer les bourses, à vider les poches des hommes pour emplir le coffre du ciel. C'était une sorte d'immense maison de commerce dont les curés étaient les commis, commis sournois, rusés, dégourdis comme personne, qui faisaient les affaires du bon Dieu au détriment des campagnards. Il savait fort bien que les prêtres rendaient des services, de grands services aux plus pauvres, aux malades, aux mourants, assistaient, consolaient, conseillaient, soutenaient, mais tout cela moyennant finances, en échange de pièces blanches, de bel argent luisant dont on payait les sacrements et les messes, les conseils et la protection, le pardon des péchés et les indulgences, le purgatoire et le paradis, suivant les rentes et la générosité du pécheur."
    ( Le père Amable)

    "Eternel meurtrier [Dieu], qui semble ne goûter le plaisir de produire que pour savourer insatiablement sa passion acharnée de tuer de nouveau, de recommencer ses exterminations à mesure qu'il crée des êtres."
    (L'Angelus)

    "J'eus une révolte, mais une révolte furieuse ; et puis tout à coup j'ouvris les yeux comme lorsque l'on s'éveille ; et je compris que Dieu est méchant. Pourquoi avait-il tué mes enfants ? J'ouvris les yeux, et je vis qu'il aime tuer. Il n'aime que ça, monsieur. Il ne fait vivre que pour détruire ! Dieu, monsieur, c'est un massacreur. Il lui faut tous les jours des morts. Il en fait de toutes les façons pour mieux s'amuser. Il a inventé les maladies, les accidents, pour se divertir tout doucement le long des mois et des années ; et puis, quand il s'ennuie, il y a les épidémies, la peste, le choléra, les angines, la petite vérole ; est-ce que je sais tout ce qu'a imaginé ce monstre ? Ça ne lui suffisait pas encore, ça se ressemble, tous ces maux-là ! et il se paye des guerres de temps en temps, pour voir deux cent mille soldats par terre, écrasés dans le sang et dans la boue, crevés, les bras et les jambes arrachés, les têtes cassées par des boulets comme des oeufs qui tombent sur une route.
    Ce n'est pas tout. Il a fait les hommes qui s'entre-mangent. Et puis, comme les hommes deviennent meilleurs que lui, il a fait les bêtes pour voir les hommes les chasser, les égorger et s'en nourrir. Ça n'est pas tout. Il a fait les tout petits animaux qui vivent un jour, les mouches qui crèvent par milliards en une heure, les fourmis qu'on écrase, et d'autres, tant, tant que nous ne pouvons les imaginer. Et tout ça s'entre-tue, s'entre-chasse, s'entre-dévore, et meurt sans cesse. Et le bon Dieu regarde et il s'amuse, car il voit tout, lui, les plus grands comme les plus petits, ceux qui sont dans les gouttes d'eau et ceux des autres étoiles. Il les regarde et il s'amuse. - Canaille, va !"
    ( Moiron)

    "La vie si courte, si longue, devient parfois insupportable. Elle se déroule, toujours pareil, avec la mort au bout. On ne peut ni l'arrêter, ni la changer, ni la comprendre. Et souvent une révolte indignée nous saisie devant l'impuissance de notre effort. Quoi que nous fassions, nous mourrons ! Quoi que nous croyions, quoi que nous pensions, quoi que vous tentions, nous mourrons."
    ( Au soleil)

    "Tout petit, les rites de la religion, la forme des cérémonies me blessaient. Je n'en voyais que le ridicule."
    (propos à son ami Hugues Leroux)

    LIENS EXTERNES

    D'autres Biographies de Guy DE MAUPASSANT

    Visitez les musées de Maupassant :

    Le Musée Fournaise de Chatou: http://www.musee-fournaise.com/fournaise/fr/mf010301.asp

    Le Château de Miromesnil: http://www.chateaumiromesnil.com/

    LES LIVRES GRATUITS DE GUY DE MAUPASSANT

    Des Lycées portent le nom de Maupassant pour lui rendre hommage:

    Le Lycée Descartes Maupassant de Fécamp: http://lycees.ac-rouen.fr/maupassant/

    Le Lycée Maupassant de Colombes : http://www.lyc-maupassant-colombes.ac-versailles.fr/

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