ANDRE MAUROIS

"Émile Salomon Wilhelm Herzog dit André Maurois (1885-1967) est un maître de la biographie littéraire et de l'histoire anglo-saxonne"
Frédéric Fabre

26 juillet 1885 : Émile Salomon Wilhelm Herzog, naît dans une riche famille d'industriels juifs alsaciens français qui s'étaient installés en France après 1871 en raison de l'occupation allemande en Alsace-Lorraine.

1900 : Maurois a pour professeur au lycée de Rouen, le philosophe Alain à qui il sera redevable de son orientation esthétique.

1902-1914 : André Maurois dirige les usines textiles de son père

1909 : Il rencontre celle qui allait devenir sa première épouse, Jane-Wanda de Szymkiewicz, surnommée Jeanine (1892-1923). Fille d'un comte polonais, cette superbe jeune fille de 17 ans à la chevelure blonde, est libertine, capricieuse et dépensière.

Elle lui donnera trois enfants dont deux garçons dont la filiation serait suspecte et une fille, Michelle, qui deviendra elle-même écrivain et publiera, notamment, une très intéressante et émouvante trilogie fondée sur une multitude de courriers familiaux : "L'encre dans le sang",  "Les cendres brûlantes" et "Déchirez cette lettre". Cette trilogie retrace l'histoire du couple Caillavet et de leur fille Simone.

1914-1918 : Interprète militaire, il est officier de liaison pendant la Première Guerre mondiale auprès de l'armée anglaise. Les évènements de cette Guerre lui fournissent son pseudonyme "Maurois", nom d'un village du Nord de la France.

1918: Il est membre de la rédaction du journal Le Flambeau des Croix-de-feu.

Son observation du caractère et de l'humour britanniques sert de matière à son premier roman Les Silences du colonel Bramble, qui connaît un vif succès, tant en France que dans les pays anglo-saxons.

Son roman contient la traduction du célèbre poème de Rudyard Kipling If, traduction parfois attribuée à tort à Paul Éluard.

1919 : Il publie Ni ange ni bête, une fiction historique.

1922 : Il publie Les Discours du docteur O'Grady autre livre inspiré de la guerre 1914-1918. Il publie aussi Bernard Quesnay.

1923 : Il publie une biographie, Ariel ou la vie de Shelley.

Neurasthénique, sa femme décède à l'âge de 31 ans à la suite d'une fausse couche. Maurois en est fou amoureux et toute sa vie, il la recherche à travers les autres femmes.

1924 il fait la connaissance à Paris de Simone de Caillavet, qui deviendra sa seconde épouse. Cette jeune femme est la petite fille de Léontine Lippmann, épouse de Arman de Caillavet, égérie et maîtresse d'Anatole France et la fille de Gaston Arman de Caillavet, auteur de pièces à succès et de Jeanne Pouquet. Elle lui sera entièrement dévouée, étant à la fois son infirmière, sa mère, sa sœur, sa maîtresse, sa secrétaire, classant son œuvre.

Grande brune snob, elle est anorexique. Elle ira même jusqu'à inviter à Paris une ancienne maîtresse d'André pour lui prouver que celle-ci n'a plus aucun charme pour lui et fera rendre à cette dernière qui les vendra les 54 lettres et les 11 poèmes enflammés de son mari.

Elle écrira également deux ouvrages, dont "Fleurs latines" que préfacera son époux.

1926 : Il publie la hausse et la baisse, une version revisitée de Bernard Quesnay pour confronter les expériences opposées de deux industriels, les frères Quesnay. Alors que Bernard sacrifie toute vie personnelle à son travail, Antoine finit par quitter l'usine afin de préserver sa vie privée.

1927 : Il publie une biographie qui fait autorité sur Disraeli.

Nicolas Miolliotti : Portrait d'André Maurois

1928 : Il publie l'un de ses meilleurs romans sous le titre Climats.

1930 : Il publie une biographie sur Byron.

1931 : Il publie une biographie sur Tourgueniev.

1932 : Il publie le Cercle de famille.

1934 : Il publie L'instinct du Bonheur.

1937 : Il publie Histoire de l'Angleterre qui fait autorité. Il publie aussi Edouard VII et son Temps.

1938 : Avec l'appui du maréchal Pétain, il est élu et reçu le 22 juin à l'académie française, au fauteuil 26 qu'occupait René Doumic.

Il publie une biographie sur Chateaubriand.

1939 : Il publie L’Empire français à la librairie Hachette avec les illustrations d'Auguste Leroux, un Album pour enfants présentant l'Empire Colonial Français.

1940-1945 : Exilé aux États-Unis , il admire Churchill et se méfie de Pétain. Pierre Assouline écrit dans son ouvrage Gaston Gallimard, que Maurois serait demeuré pendant la guerre actionnaire des éditions Bernard Grasset.

1943 : Il publie Histoire des Etats Unis.

1947 : Au cours d'un voyage de conférence en Amérique du Sud, sans son épouse, il s'enflamme à Lima, pour une belle jeunesse péruvienne de 30 ans, blonde voluptueuse aux yeux d'émeraude, qui lui sert de traductrice et qui est aussi son admiratrice, répondant au doux nom exotique de María de los Dolores Checa García y Rivera, qu'il rebaptise Marita. Cette liaison dure 20 jours agrémentés de 54 lettres et 11 poèmes.

1949 : Il publie À la recherche de Marcel Proust.

1950 : Il publie une étude et une biographie sur son maître, Alain.

1951 : Il publie Ce que je crois chez Grasset

1952 : Il publie Lélia ou la Vie de George Sand qui fait autorité.

Il publie aussi un essai sur Les Destins Exemplaires.

1954 : Il publie une biographie qui fait autorité, Olympio ou la vie de Victor Hugo. Il publie aussi Femmes de Paris.

1956 :  Marita est contrainte de restituer à la femme légitime d'André Maurois, les lettres et poèmes de son mari. Il publie Les Roses de Septembre.

1957 : Il publie une biographie qui fait autorité sur Les Trois Dumas.

1959 : Il publie Portrait d'un Ami qui s'appelait Moi.

1960 : Il publie chez Hachette Le Monde de Marcel Proust.

1961 : Il publie Adrienne ou la Vie de Madame de La Fayette.

1962 : Climats est réalisé au cinéma par Stellio Lorenzi et sort en salles le 11 avril.

1965 : Il publie une biographie qui fait autorité : Prométhée ou la vie de Balzac.

André Maurois est vice-président de la Balzac Societé of America fondée par William Hobart Royce.

Le 9 octobre 1967, il s'éteint à Neuilly-sur-Seine à l'âge de 82 ans

2003 : Dominique Bona publie une biographie sous le titre Il n'y a qu'un amour aux éditions Grasset.

CITATIONS

- Comment s'appelle, demandait un examinateur à une étudiante américaine, le type d'union où l'homme se contente d'une seule femme?

- La monotonie, répondit l'étudiante.

La souffrance est une route de vérité.

Le bonheur que l'on attend est plus beau que celui dont on jouit.

Quand le premier amour devient le seul amour, c'est une belle vie.

Certaines femmes ne demandent à une amie de tenir une confidence secrète que pour mieux répandre une nouvelle.

A la naissance de l'amour, les amants parlent de l'avenir. A son déclin, ils parlent du passé.

Les premiers mouvements du désir communiquent aux idées le charme naturel et puissant des caresses.

Que de femmes ont fourni de triomphales carrières dans le métier d'écouteuse, où d'ailleurs écouter n'est pas nécessaire ; il suffit d'en avoir l'air.

Nous épargnons à nos enfants de grandes souffrances, si nous n'oublions pas que leur sensibilité est plus aigüe que la nôtre et leur attention plus éveillée. Leçon pour la mère.

Je reviens au grand Alain: "La paresse consiste à délibérer sans fin, car, quand on réfléchit, tous les possibles sont équivalents... Il faut donc savoir se tromper, savoir tomber et ne pas s'en étonner."

Il est difficile de créer des idées et facile de créer des mots ; d'où le succès des philosophes.

 Qu'est ce qu'un roman ? Très simplement un récit d'événements fictifs

L'ANTISÉMITISME DE PHILIPPE PETAIN ET LE CAS ANDRE MAUROIS

L'avocat Serge Klarsfeld, fondateur de l'Association des Fils et Filles des Déportés juifs de France, a annoncé le dimanche 3 octobre 2010, la découverte du document original établissant un statut des juifs en octobre 1940.

Le texte inédit a été annoté par le Maréchal Pétain au crayon de bois. Ses commentaires suggèrent que le chef du régime de Vichy a considérablement durci le texte initial et élargi son impact à toute la population juive française de l'époque.

André Maurois, de son vrai nom Émile Salomon Wilhelm Herzog est reçu à l'académie française en 1938, sur le soutien de Philippe Pétain qui connaissait ses origines. Philippe Pétain aurait toujours protégé les juifs français selon l'argument de ses défenseurs. Il a donc naturellement soutenu la candidature d'André Maurois à l'académie française.

Le document retrouvé démontre que Philippe Pétain ne soutient en réalité que les juifs qui se sont illustrés dans les rangs alliés durant la grande guerre de 1914 -1918 comme André Maurois, ou de la campagne de 1939-1940, et aucun autre.

Alors que le projet initial prévoyait d'épargner «les descendants de Juifs nés français ou naturalisés avant 1860», le maréchal Pétain décide de rayer cette mention sur le principe de l'égalité de chacun devant la loi dans une situation comparable. En revanche, il laisse les mentions pour protéger les juifs soldats de la grande guerre.

A la main, il complète également le texte pour exclure totalement les Juifs, français et étrangers, de la justice et de l'enseignement. Il élargit à «tous les membres du corps enseignant» l'interdiction pour les Juifs d'exercer, alors que les rédacteurs du statut avaient prévu cette interdiction uniquement pour les recteurs, inspecteurs, proviseurs et directeurs d'établissements primaires et secondaires.

Le militaire affine aussi la liste des tribunaux et juridictions d'où sont exclus les Juifs et ajoute aux mandats qui leur sont interdits les sièges dans «toute assemblée issue de l'élection». Sous sa plume, les Juifs ne peuvent pas non plus exercer la fonction d'«inspecteur des colonies».

Le Maréchal Pétain rectifie également les numéros des paragraphes. L'article 3 devient le paragraphe 6 de l'article 2, les numéros des autres articles avançant ainsi d'un rang jusqu'au neuvième. Pour Maître Arno Klarsfeld, fils de Serge, ce souci du détail démontre que le Maréchal, alors âgé de 84 ans, «n'était pas gâteux» au moment de ses annotations.

La cinquième feuille du projet indique le lieu de sa rédaction et la fonction de ses rédacteurs: «fait à Vichy, par le maréchal de France, chef de l'Etat, le vice-président du Conseil» et huit autres ministres. Il n'y a ni date, ni noms, ni signatures.

Avant la découverte de ce document le 3 octobre 2010, les historiens ne pouvaient se référer qu'à un seul témoignage, celui de l'ancien ministre des Affaires étrangères de Vichy, Paul Baudouin. Dans un livre publié en 1946, il écrit que lors du conseil des ministres du 1er octobre 1940, le gouvernement avait étudié «pendant deux heures le statut des Israélites. C'est le Maréchal qui se montre le plus sévère. Il insiste en particulier pour que la justice et l'enseignement ne contiennent aucun Juif». «On pouvait mettre ce témoignage en doute. Mais maintenant, on a la preuve définitive que le statut des Juifs relève de la volonté personnelle du maréchal Pétain», assure Serge Klarsfeld.

LIENS EXTERNES

D'autres biographies d'André MAUROIS

La Cité Scolaire André Maurois de Deauville: http://maurois-deauville.etab.ac-caen.fr/

Le lycée André Maurois de Rouen : http://lycees.ac-rouen.fr/maurois/

Le lycée André Maurois d'Elbeuf : http://maurois-lyc.spip.ac-rouen.fr/

Le lycée André Maurois de Bischwiller : http://www.crdp-strasbourg.fr/maurois_bischwiller/

 

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