FRANCIS CARCO

"François Carcopino-Tusoli (1886-1958) dit Carco décrit le Paris populaire d'entre les deux guerres"
Frédéric Fabre

Le 7 juillet 1886, François Carcopino-Tusoli naît à Nouméa dans une famille d'origine corse. Son père travaille comme gardien au bagne. Chaque jour, il voit passer, sous les fenêtres de la maison familiale de la rue de la République, les bagnards enchainés en partance pour l'île de Nou. Il restera marqué toute sa vie par ces images.

1896: Son père est nommé à Paris. La famille réside alors à Châtillon-sur-Seine. Confronté à l'autoritarisme et à la violence paternelle, il se réfugie dans la poésie, où s'exprime sa révolte intérieure.

1902: Sa famille s’installe à Villefranche de Rouergue. Il fait de fréquents séjours chez sa grand-mère au 4 rue du Lycée à Nice. Là, il fait la connaissance d'Henri Matisse, puis de Colette.

1905-1907: Il réside ensuite à Rodez.

1907: Il réside à Agen où il est pion durant 4 mois avant de se faire «virer» par le proviseur, ayant été surpris laissant sans surveillance les élèves dont il avait la charge.

1908-1910: Il vit à Lyon et Grenoble, des villes dont il parcourt et observe les bas-fonds.

1910: En janvier, il "monte" à Paris pour faire carrière. Un bon de consommation en poche, qu'il a découpé dans une revue, il se rend au «Lapin Agile», où il rencontre notamment Pierre Mac Orlan et Roland Dorgelès. Après avoir poussé avec succès la goualante en chantant des chansons des Bats d'Af, à l'invitation du père Frédé, maître des lieux, il est immédiatement accueilli à la grande table où se réunissent les bohèmes de ce temps. Il devient alors l'ami d'Apollinaire, Max Jacob, Maurice Utrillo, Modigliani, Pascin, Pablo Picasso. Il assure également la critique artistique dans les revues "L'Homme libre" et de "Gil Blas".

1911: Il est l'un des fondateurs de "L'école fantaisiste" avec Paul-Jean Toulet, Tristan Derème et Jean Pellerin.

1912: Il publie son premier recueil, "La Bohême et mon cœur". Sentant qu'il risque sa perte dans ce Montmartre des plaisirs et du crime, il rejoint Nice où sa grand-mère lui «donne la croûte et fournit un ameublement soigné».

1913: Francis Carco rencontre Katherine Mansfield compagne de John Middelton Murry, journaliste londonien, «rebelle et pure jeune fille» originaire de Nouvelle-Zélande, qui a fui le domicile conjugal. Il entame avec elle une relation troublante, inaboutie, un «amour voué au désastre», comme il le disait lui-même, qui le marquera jusqu’à la fin de ses jours. Il s’installe avec elle dans son appartement du 13 Quai des Fleurs, à Paris.

1914: Il publie au Mercure de France "Jésus la Caille", histoire d’un proxénète homosexuel. Ce premier roman est applaudi par Paul Bourget. Mobilisé en août, il rejoint son corps d’aviation à Besançon. Il correspond avec Katherine Mansfield restée dans son appartement. Dans ses lettres, elle lui donne toute l'inspiration et les descriptions de Paris qu'il utilisera lorsqu'il publiera Les Innocents.

1916: Il publie Les Innocents.

1917: Il rencontre Colette dans les couloirs du journal L'Éclair : «J'ai rencontré une grrrande dame» écrira-t-il à son ami Léopold Marchand. Leur amitié durera jusqu'à la mort de Colette. Ils passeront des vacances ensemble en Bretagne. Il la conseillera pour ses achats de tableaux.

1922: Il publie "L'Homme traqué" distingué, grâce au soutien de Paul Bourget, par le Grand Prix de l'Académie Française. Surnommé "Le romancier des Apaches", il est parmi les plus forts tirages d'édition de l'entre-deux-guerres.

1932: A l'occasion de conférences qu'il donne à Alexandrie, en Égypte, il fait la connaissance d'Eliane Négrin, épouse du Prince du coton égyptien Nissim Aghion. Coup de foudre! Il n'hésite pas à «plaquer» sa première femme, au grand dam de ses amis de la Butte, pour accueillir à ses côtés Eliane qui laisse son mari, ses richesses et ses trois enfants en Égypte.

1933: Il publie "L'ombre".

1935: Il publie "Brumes". Il divorce le 6 novembre de Germaine Jarrel.

1936: Le 11 février, Carco se marie avec Eliane Négrin. Très gentleman, Nissim leur adresse un télégramme de félicitations.

1937: Il devient membre de l'Académie Goncourt.

1939: Il emménage et réside successivement à Cormeilles en Vexin où il rachète le Château Vert, domaine de Octave Mirbeau, avant de s'exiler à Nice puis en Suisse pour protéger Eliane qui est d'origine juive. Il y retrouve son ami le peintre Maurice Barraud qui a illustré, en 1919 "Au coin des Rues", et se lie d'amitié avec Jean Graven, Valaisan poète à ses heures et dans la vie publique éminent criminologue qui représentera la Suisse au procès de Nuremberg puis inventera, à la conférence de Rome qui suivra la seconde guerre mondiale, le terme de "crimes contre l'humanité".

1945: Il s'installe à nouveau au Château Vert.

1949:  Carco déménage au 18 quai de Béthune, dans l'île Saint-Louis, à Paris. Il y reste jusqu'à sa mort.

Le 28 juin 1958 à 20 heures des suites de la maladie de Parkinson, il meurt à Paris en écoutant "L'Ajaccienne" jouée par la Garde républicaine qui passait sous ses fenêtres. Il est inhumé au cimetière parisien de Bagneux. Son frère, Jean Marèze qui s’est suicidé en 1942, et sa seconde femme, Eliane, décédée en 1970, reposent à ses côtés.

SA BIBLIOGRAPHIE

Académie Goncourt vue par Bernard Buffet : Carco est assis à droite

  • Instincts, 1911
  • La Bohème et mon cœur, 1912
  • Chansons aigres douces, 1913
  • Au vent crispé du matin, 1913
  • Jésus la Caille, 1914
  • Bob et Bobette s'amusent, 1919
  • Petits airs, 1920
  • L'Homme traqué 1922 (Grand prix du roman de l'Académie française)
  • Rien qu'une femme, 1924
  • Le Roman de François Villon, 1926
  • De Montmartre au Quartier latin, 1926
  • Les innocents, 1927
  • La Rue, 1930
  • Suite espagnole, 1931
  • Palace Egypte, 1933
  • Mémoires d'une autre vie, 1934
  • Brumes, 1935
  • La Route du bagne, 1936
  • La Rose au balcon, 1936
  • Petite suite sentimentale, 1936
  • Blümelein 35, 1937
  • À l'amitié, 1937
  • Montmartre à vingt ans, 1938
  • L'Homme de minuit, 1938
  • Poésies, recueil de poèmes dans lequel figurent de célèbres poèmes comme A Eliane. 1939
  • Nostalgie de Paris, 1941
  • L'Ombre, 1941
  • L'ami des Peintres, 1944
  • Morte fontaine, 1946
  • Poèmes en prose, 1948
  • La Romance de Paris, 1949
  • SES CHANSONS

    Francis Carco a écrit des chansons, dont Le doux caboulot, mis en musique par Jacques Larmanjat, chanté par Marie Dubas (1931) et Suzy Solidor (1935), L'orgue des amoureux, musique de Varel & Bailly, chanté par Édith Piaf (1949), ou encore Chanson tendre, musique de J. Larmanjat, chanté par Fréhel, en 1935. Carco chanta lui-même cette dernière chanson au Lapin Agile, en 1952.

    SES CITATIONS

    Je me promets de foutre, en pleine gueule des bourgeois, des romans musclés et pourris dont ils se lécheront les babines

    Le cœur n'a jamais de rides. Il n'a que des cicatrices.

    Tout art s'adresse aux sens, d'abord, plus qu'à l'esprit.

    LIENS EXTERNES

    Les chansons de Francis Carco: http://www.musicme.com/Francis-Carco/

    Le collège Francis Carco à Villefranche de Rouergue: http://francis-carco.entmip.fr/

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