RENÉ DESCARTES

"Cogito ergo sum" Je pense donc je suis.
Descartes

"Descartes (1596-1650) est un génie philosophe passionné de science et d'ésotérisme"
Frédéric Fabre

 

LA PHILOSOPHIE GRATUITE DE DESCARTES

31 mars 1596: René Descartes naît à La Hayes en Touraine, dans un petit village qui porta le nom depuis 1802 de La Hayes Descartes, puis en 1966 suite à la fusion avec Balesmes le nom de Descartes.  Son père, Joachim Descartes est conseiller au Parlement de Bretagne. Sa famille est issue d'une noblesse de robe puisque sa mère Jeanne Brochard est petite fille d'un magistrat de Poitiers. Sa famille est aisée car propriétaire de biens fonciers en Poitou dont il héritera en partie puisqu'il est le troisième enfant.

13 mai 1597: Sa mère meurt.

1597-1606: René est élevé à la Haye par sa grand mère maternelle et par une nourrice à qui il servira une pension toute sa vie et qu'il recommandera à ses héritiers puisqu'elle lui survivra.

1606-1614: Il entre au collège de jésuites de La Flèche dirigé par le Père Charlet, parent de la famille de sa mère. Il y rencontre le futur Père Mersenne de huit ans son cadet. Son ami deviendra son correspondant en titre de Paris quand il vivra en Hollande.

Descartes critiquera l'organisation des études de son temps mais pas le dévouement de ses professeurs. Descartes apprend les humanités classiques soit le latin, le grec et la rhétorique. Dans les dernières années, il apprend la philosophie scolastique soit la philosophie d'Aristote telle qu'elle a été adaptée à la foi chrétienne au XIIIe siècle par Saint Thomas d'Aquin. La méthode d'enseignement est vivante avec des discussions et des débats organisés entre les élèves. Mais la philosophie scolastique n'aboutit à aucune vérité indiscutable : "Il ne s'y trouve aucune chose dont on ne se dispute". Descartes préfère les mathématiques. Il l'a raconté dans le Discours de la Méthode: "je me plaisais surtout aux mathématiques à cause de la certitude et de l'évidence de leurs raisons".

Il écrira dans le Discours de la Méthode: «Au lieu de cette philosophie spéculative qu'on enseigne dans les écoles, on en peut trouver une pratique, par laquelle, connaissant la force et les actions du feu, de l'eau, de l'air, des astres, des cieux, et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connaissons les divers métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature.»

1616: Descartes est reçu Bachelier le 9 novembre et le 10 novembre, il est licencié en droit civil et en droit canon à l'université de Poitiers. Il mène une jeunesse avec beaucoup de joie de vivre. Il mène une vie mondaine et fait de l'équitation ainsi que de l'escrime. Il écrit d'ailleurs un premier traité sur l'escrime.

1618: Il se rend à Breda en Hollande pour suivre en qualité d'auditeur libre, son instruction militaire sous les ordres du protestant Maurice de Nassau, prince d'Orange. Il ne perçoit aucune solde, entretient son équipage à ses frais, dispose de temps libres dont il gardera toujours un excellent souvenir. Il rédige un petit traité sur la musique baroque nommé "abrégé de musique" et s'occupe surtout des mathématiques et de problèmes de physiques avec Isaac Beeckman. Ce physicien apothicaire a coutume de cerner des problèmes non résolus de mathématiques et de physique, avec son cercle d'amis et d'afficher les questions en souffrance sous forme de concours en des lieux de passage, proposant une récompense à celui qui ajouterait une voie vers une solution valable. Cette pratique sera reprise en Californie, au XXIe siècle par Google  ! Alors que maintes questions n'avaient trouvé aucun penseur et encore moins de réponse, un jeune cavalier français inconnu planche sur les problèmes des affichettes et rafle toutes les récompenses. Les solutions simples fascinent le cercle flamand et ainsi naît une amitié scientifique.

Descartes qui refuse les honneurs de la vie sociale, déclare "je m'avance masqué". Il veut alors prendre alors le visage d'un jeune savant féru d'ésotérisme, déguisé en soldat pour ne pas assurer les obligations des réceptions sociales.

1619: Il se rend au Danemark et en Allemagne pour s'engager dans l'armée du Duc Maximilien de Bavière. Il ne participe pas à la Guerre de Trente ans. L'armée catholique à laquelle il appartient prend ses quartiers d'hiver sur les rives du Danube. Il est logé chez l'habitant et se consacre à ses réflexions. Il est attiré fortement par les Rose-Croix. Il émet un projet, le trésor mathématique de Polybe le Cosmopolite, dédié "aux érudits du monde entier, et spécialement aux F.R.C, très célèbres en G". FRC sont les initiales des Frères Rose-Croix et G l'initiale de Germanie.

Dans la nuit du 10 au 11 novembre, trois songes lui révèlent qu'il est destiné à unifier toutes les connaissances par une "science admirable" dont il sera l'inventeur. Descartes fait voeu de faire un pèlerinage à Notre Dame de Lorette.

Le Père Mersenne entre dans l'ordre des Minimes. Ce religieux féru de sciences et de philosophie fera de sa cellule du couvent de la place Royale à Paris un des hauts lieux de l'intelligence européenne. Son rôle d'animateur et d'intermédiaire est tout à fait original et essentiel. Pendant vingt ans, il correspondra avec toute l'Europe savante notamment Hobbes, Galilée et Descartes lui-même.

1620: Après la bataille de Montagne-Blanche à Prague, il abandonne alors la vie militaire et revient en France.

1621: Il passe par l'Allemagne et la Hollande. Pendant une traversée en bateau, il se défend victorieusement à coups d'épée contre des mariniers qui avaient projeté de le dépouiller et de le tuer.

1622: Il liquide l'héritage de sa mère. Il obtient 6000 livres de rente soit 20 fois la "portion congrue" soit 20 fois le salaire d'un curé de campagne. Il n'a donc nul besoin de travailler comme il l'indique dans le discours de la méthode: "Je ne me sentais point, grâce à dieu, de condition qui m'obligeât à faire un métier de la science, pour le soulagement de ma fortune." Il a la prudence de placer sa fortune auprès des banquiers de Hollande.

De 1623 à 1625: Il séjourne en Italie. Dès 1623, il fait son pèlerinage à Loreto en Italie à Notre Dame de Lorette, dans la maison transportée de Nazareth où le Christ aurait été conçu du Saint Esprit au sein de la vierge Marie.

1626: Il revient à Paris. Il s'occupe de mathématiques, d'astronomie et d'optique. Il travaille notamment avec le Père Mersenne qui le reçoit dans son couvent.

1628: Descartes se brouille avec Beeckman quand celui essaie de s'attribuer le génie de Descartes. Il écrit un petit ouvrage latin, "les Règles pour la direction de l'esprit". L'idée fondamentale est que l'unité de l'esprit humain doit permettre l'invention d'une Méthode universelle. Demeuré inachevé le livre sera publié en 1701.

1629: Il part définitivement pour la Hollande où il changera constamment d'adresse car sa philosophie est considérée comme révolutionnaire puisque s'opposant à la scolastique alors imposée. Le Révérend Père Mersenne reçoit le titre de "résident de Monsieur Descartes à Paris".

Le philosophe écrit à Guez de Balzac: "Je vous convie de choisir Amsterdam pour votre retraite et de le préférer, je ne vous dirai pas seulement à tous les Couvents des Capucins et des Chartreux où force honnêtes gens se retirent, mais aussi à toutes les plus belles demeures de France et d'Italie... En cette grande ville où je suis n'y ayant aucun homme excepté moi qui n'exerce la marchandise chacun y est tellement attentif à son profit que j'y pourrais demeurer toute ma vie sans être jamais vu de personne... Quel autre pays où l'on puisse jouir d'une liberté si entière, où l'on puisse dormir avec moins d'inquiétude, où il y ait toujours des armées sur pied exprès pour nous garder, où les empoisonnements, les trahisons, les calomnies soient moins connus?...Je ne sais comment vous pouvez tant d'aimer l'air d'Italie, avec lequel on respire si souvent la peste... et où l'obscurité de la nuit couvre des larcins et des meurtres."

Il découvre les lois de la réfraction en optique. Il démontre qu'en considérant les indices de réfractions n1 et n2, l'angle d'incidence (θ1) ainsi que l'angle de réfraction (θ2), mesurés par rapport à la normale sont tels que n1 sinus (θ1) = n2 sinus (θ2).

Par conséquent, plus l'indice de réfraction n2 est grand, plus le rayon réfracté s'approche de la normale et vice versa. Lorsque l'indice de réfraction n2 est plus petit que n1 par exemple de l'eau à l'air comme sur la photo,  est dépassé une incidence dite «angle critique».

1633: En Novembre, Descartes doit publier un Traité sur le Monde mais apprenant que Galilée a été condamné en juin, il renonce à le publier.

1634: Beeckman se réconcilie avec Descartes et lui donne le livre de Galilée condamné l'année précédente.

1635: Le 19 juillet, Francine, la fille naturelle de Descartes et d'une servante d'un libraire, Hélène Jans, naît.

Timbre Poste de Cheffer de 1937, le premier a une erreur "Discours Sur la Méthode" et l'autre est sans erreur "Discours de la Methode".  

1637: En Juin, Le discours de la Méthode est publié en français à Leyde sans nom d'auteur. En droit intellectuel, Descartes ne touche que 200 exemplaires gratuits.  Le Discours de la Méthode est la préface de trois œuvres scientifiques: La Dioptrique, les Météores et la Géométrie. Les trois derniers titres suscitent de vives réactions des intellectuels dont Roberval et le père à Pascal. Ils ne voient pas la "perversité" de la philosophie de Descartes, inscrite dans Le Discours de la Méthode qui est seul resté célèbre.

Le Discours est une autobiographie intellectuelle mais sa quatrième partie est une métaphysique. Descartes y démontre que l'âme est indépendante du corps et que l'existence de Dieu se prouve a priori comme un théorème. La méthode est efficace et rassurante. Elle prouve l'existence de Dieu et la nature purement spirituelle de l'âme. Quand le temps sera venu, Descartes pourra avec cette méthode si rassurante, faire accepter la physique et l'héliocentrisme de Galilée.

Essentiellement rationaliste, elle est une découverte de la liberté, intimement liée à la joie de penser et de modéliser à partir de l'entité simple, de l'élément connu en usant d'un supposé bon sens partagé par tous. La démarche est libérée de la contrainte du livre et de la référence savante. Construite sur le doute et l'observation, la méthode apporte joie et liberté au penseur Descartes. Le "je pense donc je suis" qui en est l'âme est aussi sa définition personnelle de l'âme.

1640: L'année horrible: le 7 septembre, Francine meurt après de fortes fièvres. En octobre, son père Joachim, doyen du parlement de Bretagne meurt.

1641: Descartes publie à Paris et en latin des "Méditations métaphysiques". Ce livre comprend en outre six séries d'objections et de réponses.

Le 31 mars, Descartes s'installe à Leyde, dans le petit château d'Endegeest, agrémenté d'un beau jardin, de vergers et de prairies. Il y fait quelques expériences d'alchimie avec son ami Cornelis Van Hogelande mais il rejette la théorie des trois Substances de Parracelse soit Soufre, Sel et Mercure.

En Décembre, Voêt dit Voetius professeur à l'Université d'Utrecht accuse Descartes d'athéisme.

1642: Les "Méditations" sont publiés sous ce titre définitif à Amsterdam. Elles sont complétées d'une septième série d'objections et de réponses. Descartes compare la philosophie à « un arbre, dont les racines sont la métaphysique, le tronc la physique et les branches toutes les autres sciences, les principales étant la mécanique, la médecine et la morale».

Le 17 mars, l'Université d'Utrecht condamne la philosophie nouvelle sans citer Descartes.

1643: En Mai, la philosophie de Descartes et à nouveau condamnée. Il commence une relation avec la princesse Elisabeth, fille de l'électeur palatin née en 1618 et réfugiée à La Haye depuis 1627. Leur correspondance se poursuivra jusqu'à la mort du philosophe.

1644: L'ambassadeur du roi de France intervient auprès des autorités de l'Université d'Utrecht. La polémique se calme quelque peu.

De Mai à Novembre, Descartes voyage en France. Il y rencontre l'Ambassadeur de France auprès de la Cour suédoise, Chanut qui le met en rapport avec la reine Christine.

Le 10 juillet, paraissent en latin et à Amsterdam, les Principes de la Philosophies dédiés à Elisabeth. 

1645: Le 12 juin, l'Université d'Utrecht fait défense de publier un livre pour ou contre Descartes.

1646: Durant le début de l'année, pour répondre à une demande de la Princesse Elisabeth, il commence à rédiger le Traité des Passions de l'Âme.     

1647: Il est inscrit pour une pension royale de 3000 livres mais il ne la touchera pas.

Le duc de Luynes et Clerselier traduisent en français les Méditations et les sept séries d'objections et de réponses. Cette édition est revue par Descartes lui même qui la complète. Par conséquent, elle est considérée comme l'édition définitive des Méditations.

L'abbé Picot fait paraître la traduction en français des Principes Philosophiques de Descartes. Celui ci y ajoute de nombreuses mises au point et une "Lettre de l'auteur à celui qui a traduit le livre, laquelle peut servir de préface" dans laquelle il déclare que son projet s'inscrit dans une conception morale de la recherche de la vérité :

«C'est proprement avoir les yeux fermés, sans tâcher jamais de les ouvrir, que de vivre sans philosopher ; et le plaisir de voir toutes les choses que notre vue découvre n'est point comparable à la satisfaction que donne la connaissance de celles qu'on trouve par la philosophie ; et, enfin, cette étude est plus nécessaire pour régler nos mœurs et nous conduire en cette vie, que n'est l'usage de nos yeux pour guider nos pas. Les bêtes brutes, qui n'ont que leur corps à conserver, s'occupent continuellement à chercher de quoi le nourrir ; mais les hommes, dont la principale partie est l'esprit, devraient employer leurs principaux soins à la recherche de la sagesse, qui en est la vraie nourriture ; et je m'assure aussi qu'il y en a plusieurs qui n'y manqueraient pas, s'ils avaient espérance d'y réussir, et qu'ils sussent combien ils en sont capables. Il n'y a point d'âme tant soit peu noble qui demeure si fort attachée aux objets des sens qu'elle ne s'en détourne quelquefois pour souhaiter quelque autre plus grand bien, nonobstant qu'elle ignore souvent en quoi il consiste. Ceux que la fortune favorise le plus, qui ont abondance de santé, d'honneurs, de richesses, ne sont pas plus exempts de ce désir que les autres ; au contraire, je me persuade que ce sont eux qui soupirent avec le plus d'ardeur après un autre bien, plus souverain que tous ceux qu'ils possèdent. Or, ce souverain bien considéré par la raison naturelle sans la lumière de la foi, n'est autre chose que la connaissance de la vérité par ses premières causes, c'est-à-dire la sagesse, dont la philosophie est l'étude. Et, parce que toutes ces choses sont entièrement vraies, elles ne seraient pas difficiles à persuader si elles étaient bien déduites.».

En Avril, à Leyde, un de ses disciples, Henri Le Roy dit Regius l'accuse de pélagianisme. L'Ambassadeur du Roi de France intervient auprès du prince d'Orange pour minimiser la nouvelle polémique.

De Juin à Novembre, Descartes devient l'ami d'Hobbes, Gassendi et Pascal à qui, il lui inspire les expériences du Puy-de-Dôme sur la pression atmosphérique.

En Août, l'Université de Leyde interdit d'évoquer Descartes aussi bien de manière favorable que défavorable.

1648: De Mai à Août, le voyage de Descartes en France est écourté par les premiers troubles de la Fronde. Descartes prépare le Traité de l'Homme.

En Septembre, l'Université de Leyde nomme un cartésien à une chaire vacante. Le père Mersenne meurt.

1649: En Février, Christine reine de Suède invite Descartes à venir vivre à Stockholm. Après quelques hésitations, il part en septembre.

En Octobre, Descartes arrive au Palais en Suède. Pendant un mois la reine l'oublie.

En Novembre, Les Passions de l'Âme, sont publiées à Paris en Français. La reine Christine lui commande une pastorale.

Le 19 décembre, la "fable bocagère"  en vers français "pour célébrer à la fois le vingt-troisième anniversaire de Christine et la fin de la Guerre de Trente Ans", est joué et dansé au château royal de Stockholm. Perdu, le livret du "Ballet de la Naissance de la Paix" sera retrouvé au début du vingtième siècle siècle et publié à nouveau en 1920 dans la Revue de Genève.

1650: En Janvier, la royale disciple demande à Descartes une leçon de philosophie quotidienne à cinq heures du matin "comme le temps le plus tranquille et le plus libre de la journée". Descartes prend froid mais il refuse les drogues des charlatans et les saignées systématiques.

Le 11 février, Descartes meurt à Stockholm d'une pneumonie. Ses papiers sont recueillis par Clerselier.

1657: Clerselier publie le premier tome des lettres de Descartes.

1659: Clerselier publie le  deuxième tome des lettres de Descartes.

1662: Le Pape met toutes les œuvres de Descartes à l'index. Aucun catholique ne peut les lire.

1667: Clerselier publie le troisième tome des lettres de Descartes. Le cercueil du philosophe est ramené en France mais Louis XIV interdit au chancelier de l'université de prononcer l'éloge public du défunt.

1691: La vie de Monsieur Des Cartes en deux tome in quarto est publiée par le Père Adrien Baillet.

1693: Le Père Adrien Baillet publie un abrégé en un volume in 12 sur La vie de Monsieur Des Cartes.

1792: Un décret de la Convention prévoit le transfert des cendres de Descartes au Panthéon avec les honneurs dus aux grands hommes mais il n'est pas appliqué.

1819: Sa tombe est transférée dans une chapelle abbatiale de l'église Saint-Germain-des-Prés, à Paris entre Jean Mabillon et Bernard de Montfaucon.

LE CRÂNE DE DESCARTES

François Fillon, premier ministre du premier gouvernement du Président de la République Sarkozy, a envisagé le transfert du crâne de René Descartes, dans la Sarthe, à la Bibliothèque militaire du Prytanée de La Flèche. Ce lieu où le philosophe suivit les cours des jésuites au collège, abrite déjà une partie de la bibliothèque personnelle de Descartes.

La Flèche est située dans la troisième circonscription de la Sarthe alors que François Fillon est élu dans la quatrième circonscription. Pourtant, le chef du Gouvernement a renoncé à ce projet:

«Il sera malheureusement impossible de donner suite à un dépôt de longue durée dans une institution qui ne serait pas un autre Musée de France (-) La raison de droit s'imposant à moi, j'ai le regret de vous faire savoir qu'il ne sera pas possible de procéder à ce transfert dans l'immédiat»

Le crâne de Descartes restera exposé au Musée de l'Homme au côté de celui d'un australopithèque et d'un moulage du crâne du footballeur Lilian Thuram. Le choix des deux autres crânes a t-il pour but de démontrer le génie du Philosophe ?

Monsieur Fillon semble apporter une réponse  positive à cette question puisqu'il souhaite que l'ossement soit mieux mis en valeur, «étant donné l'intérêt scientifique et muséologique de cette pièce». Le Muséum national d'histoire naturelle, dont dépend le Musée de l'Homme, aurait «confirmé ses intentions dans ce sens».

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CITATIONS DE DESCARTES

C'est proprement ne valoir rien que de n'être utile à personne.

Il n'y a rien qui soit entièrement en notre pouvoir sinon nos pensées.

L'erreur, c'est seulement un défaut.

Je me fie quasi jamais aux premières pensées qui me viennent.

Il y a beaucoup plus de sûreté et plus d'honneur en la résistance qu'en la fuite.

Ainsi les plus généreux ont coutume d'être les plus humbles.

Ce n'est pas assez d'avoir l'esprit bon, mais le principal est de l'appliquer bien.

Le bon sens est la chose au monde la mieux partagée : car chacun pense en être bien pourvu.

Lorsqu'on emploie trop de temps à voyager, on devient enfin étranger en son pays.

Je prends beaucoup plus de plaisir à m'instruire moi-même que non pas à mettre par écrit le peu que je sais.

La parole a beaucoup plus de force pour persuader que l'écriture.

L'intelligence, c'est la chose la mieux répartie chez les hommes parce que, quoiqu'il en soit pourvu, il a toujours l'impression d'en avoir assez, vu que c'est avec ça qu'il juge.

La raison est la seule chose qui nous rend hommes.

Les hommes que les passions peuvent le plus émouvoir sont capables de goûter le plus de douceur en cette vie.

Les plus grandes âmes sont capables des plus grands vices aussi bien que des plus grandes vertus.

Les passions sont toutes bonnes de leur nature et nous n'avons rien à éviter que leurs mauvais usages ou leurs excès

Pour examiner la vérité, il est besoin, une fois dans sa vie, de mettre toutes choses en doute autant qu'il se peut.

Passion est passivité de l'âme et activité du corps.

On ne peut se passer d'une méthode pour se mettre en quête de la vérité des choses.

Aimer c'est donner raison à l'être aimé qui a tort

Souvent une fausse joie vaut mieux qu'une tristesse dont la cause est vraie.

Il n'y a personne qui ne désire se rendre heureux ; mais plusieurs n'en savent pas le moyen.

La lecture de tous les bons livres est comme une conversation avec les plus honnêtes gens des siècles passés.

Pour atteindre la vérité, il faut une fois dans la vie se défaire de toutes les opinions qu'on a reçues, et reconstruire de nouveau tout le système de ses connaissances.

Toute science est une connaissance certaine et évidente.

Je ne suis pas de ceux qui estiment que les larmes et la tristesse n'appartiennent qu'aux femmes, et que, pour paraître homme de coeur, on se doive contraindre à montrer toujours un visage tranquille.

La cause la plus ordinaire de la fièvre lente est la tristesse.

La honte, au contraire, est une espèce de tristesse fondée aussi sur l'amour de soi-même, et qui vient de l'opinion ou de la crainte qu'on a d'être blâmé.

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DESCARTES EST IL BIEN MORT D'UNE PNEUMONIE ?

La version « officielle » que nous rapportons ici sur la mort de Descartes est que la reine Christine, qui avait attiré le philosophe à sa cour, obligeait Descartes à lui donner des leçons dès 5 heures du matin dans une pièce très mal chauffée. Il en serait mort.

Pourtant, il y eut aussi des soupçons d'empoisonnement, vite étouffés. Dans « La Mort mystérieuse de René Descartes » soit « Der rätselhafte Tod des René Descartes », non traduit en français,  édité chez Alibri,  l'auteur allemand Theodor Ebert soutient, documents à l'appui, la thèse de l'assassinat.

Voici l'interview que l'auteur accorde à http://www.rue89.com

Quelle est la version officielle de la mort de Descartes ?

Officiellement, Descartes est mort d'une pneumonie. C'est la version rapportée par Pierre Chanut, ambassadeur de France à Stockholm, dans sa lettre à la princesse Elisabeth de Bohème du 19 février 1650, et répétée depuis dans presque tous les livres qui donnent un récit de la mort du philosophe.

Pourquoi pensez-vous que cette version est erronée ?

La version officielle ne s'accorde pas bien avec les symptômes constatés dans les rapports sur la maladie, surtout avec ce que nous trouvons dans la longue lettre (en latin) du médecin Van Wullen et dans la lettre (en néerlandais) de Henri Schluter, le valet de Descartes.

Van Wullen raconte qu'en examinant l'urine de Descartes, il a vu que le philosophe était atteint de quelque chose de très grave (il emploie le mot grec « deinon ») et en a conclu à une mort imminente. Cela veut sans doute dire qu'il y avait du sang dans l'urine.

Or, ce n'est pas là un symptôme de pneumonie. C'est en revanche un symptôme d'empoisonnement, notamment à l'arsenic.

Van Wullen rapporte en outre que Descartes s'est fait préparer un émétique et qu'il l'a bu afin de provoquer un vomissement. Quelle conclusion en tirer, sinon que le philosophe, qui connaissait bien la médecine de son temps, croyait avoir été empoisonné ?

Par la suite, la reine Christine de Suède a obligé Van Wullen à ne pas divulguer sa lettre. Cela montre qu'elle aussi s'était aperçue que, dans cette lettre, il n'était pas question d'une pneumonie. Bien sûr, Van Wullen dit que Descartes est mort d'une pleurésie (« peripneumonia »), donc d'une maladie des poumons.

Mais il est évident qu'il n'aurait pas pu parler ouvertement d'un empoisonnement (pas plus que Chanut) : cela aurait été un scandale absolu, et en ce temps-là il n'y avait aucun moyen scientifique de démontrer qu'une mort avait été causée par l'arsenic.

Etes-vous le premier à émettre l'hypothèse d'un assassinat ?

L'hypothèse d'un assassinat a déjà été émise par Eike Pies dans son livre « Der Mordfall Descartes » (« L'Affaire Descartes »), paru en 1996. Malheureusement, Pies a fondé sa thèse sur un seul document -la lettre de Van Wullen. Il a ignoré les autres textes qui relatent la maladie et la mort de Descartes (surtout la lettre de Schluter et les lettres de Chanut à Elisabeth). Il ne connait aucun des documents qui existent sur François Viogué à qui il veut attribuer le meurtre.

De plus, il a commis une vraie bévue en se vantant de la découverte de la lettre en question, alors que ce document avait été publié dans l'édition des « Œuvres de Descartes » par Adam et Tannéry qu'il cite pourtant dans la bibliographie de son livre.

Qui était ce François Viogué, à qui vous attribuez le meurtre du philosophe ?

Viogué était aumônier à l'ambassade de France à Stockholm depuis plusieurs années et en même temps missionnaire pour les pays du Nord de la congrégation pontificale de Propaganda Fide. Il a très probablement commis ce meurtre au moyen d'une hostie empoisonnée à l'arsenic le 2 février 1650, jour de la fête de la purification de la Vierge.

Adrien Baillet, à qui nous devons une grande biographie de Descartes (publiée en 1691), rapporte que le philosophe a reçu la communion de la main de Viogué ce jour-là. Il cite, pour étayer cette affirmation, un rapport d'un membre de l'ambassade français (rapport aujourd'hui perdu).

De plus, il est probable que Descartes a reçu une deuxième hostie empoisonnée le 8 février, si l'on en croit Catherine Descartes, nièce du philosophe, qui rapporte en 1693, les propos d'une personne qui était à Stockholm en 1650.



Quelles auraient été les motivations de Viogué ?

Viogué connaissait les tendances catholisantes de la reine Christine. Il en avait informé ses supérieurs à Rome dès juin 1648.

Il est très probable qu'il a vu en Descartes un obstacle à la conversion de la reine à la foi catholique (Christine, pourtant élevée dans le protestantisme et reine d'un pays protestant, se convertira au catholicisme après son abdication en 1654).

Viogué est convaincu que la métaphysique de Descartes est incompatible avec la théologie catholique de la transsubstantiation soit de la présence physique du corps du Christ dans l'hostie, et que sa métaphysique s'accorde beaucoup mieux avec l « hérésie » calviniste.

C'est ce qui ressort clairement de ses lettres à Claude Clerselier de 1654 (lettres publiées pour la première fois en français et en traduction allemande dans mon livre).

Fait significatif, Viogué n'a pas voulu donner à Descartes (après tout son pénitent ! ) l'extrême onction.

Viogué a-t-il agi seul ? N'était-il pas l'instrument d'une plus vaste machination, impliquant les plus hauts responsables de l'Eglise catholique ?

Je suis convaincu que Viogué a agi seul et surtout que ses supérieurs à Rome n'ont rien à voir avec son forfait. Viogué a vécu en Suède pendant tout le temps des négociations qui ont amené Descartes à Stockholm.

Et, durant cette période, aucun cardinal ne s'est rendu à Stockholm (la Suède protestante était territoire ennemi pour Rome). Viogué n'a donc pas eu l'occasion de s'entretenir de vive voix de son projet avec un prélat.

Discuter un tel plan avec ses supérieurs à Rome par correspondance aurait été trop dangereux (même avec le système d'écriture chiffrée dont disposait le Vatican). Il n'est même pas sûr que les cardinaux de Rome aient pris très au sérieux l'information fournie en juin 1648 par Viogué au sujet de la sympathie éprouvée par Christine pour la religion catholique. Peut-être, après tout, ce jeune moine ne voulait-il que faire son fanfaron.

Pourquoi cette thèse de l'assassinat ne s'est-elle pas imposée ?

Pour plusieurs raisons. Lorsqu'elle a été exposée pour la première fois dans le livre de Pies, à cause de fautes commises par l'auteur et de son ignorance de documents importants, elle n'a pas été prise au sérieux. En outre, pour les spécialistes français de Descartes, souvent des catholiques, l'idée qu'il ait été assassiné par un prêtre de l'Eglise n'a pas un grand charme.

C'est probablement pour cela que Jean-Luc Marion, professeur à la Sorbonne, déclare dans Le Point que « la question, purement anecdotique, n'a aucun intérêt ».

A tout cela s'ajoute que des documents importants pour l'éclaircissement de ce problème n'ont pas été publiés dans l'édition des Œuvres de Descartes par Adam et Tannery (rééditée par Costabel et al.). C'est le cas des deux textes écrits par Viogué au sujet de Descartes et publiés dans la biographie de Baillet (1691) ou de la lettre d'Isaac Vossius à Saumaise du 16 février 1650 (publiée en latin et en traduction allemande dans mon livre).

D'autres textes n'avaient, quant à eux, jamais été publiés auparavant, comme les lettres de Viogué à Clerselier. Enfin, la lettre de Van Wullen n'a jamais été analysée sous l'angle médical, sauf par Pies, et la lettre de Schluter jamais analysée du tout par qui que ce soit. Il reste à espérer qu'à l'avenir les spécialistes français de ce grand philosophe prendront plus au sérieux les documents concernant sa maladie et sa mort.

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LIENS EXTERNES

La ville de Descartes: http://www.ville-descartes.fr/
Il est possible visiter sa maison natale située au 29 rue Descartes

L'Université Paris Descartes: http://www.univ-paris5.fr/

La Maison Descartes, l'institution français des Pays Bas:  http://www.maisondescartes.com

Etude du Discours de la Méthode: http://descartes.free.fr/

Analyse de Descartes: http://www.itereva.pf/disciplines/philo/auteurs/Descartes/Descartes.htm

Lycée Descartes d'Antony: http://www.lyc-descartes-antony.ac-versailles.fr/

Lycée Descartes à Montigny le Bretonneux: http://www.lyc-descartes-montigny.ac-versailles.fr/

Lycée Descartes à Tours: http://www.lyc-descartes.fr/

Lycée Descartes à Rennes: http://www.lycee-descartes.fr/

Lycée Descartes à Saint Genis Laval: http://www2.ac-lyon.fr/etab/lycees/lyc-69/descartes/

Lycée Descartes Maupassant de Fécamp: http://lycees.ac-rouen.fr/maupassant/

Lycée Descartes à Rabat au Maroc: http://www.lycee-descartes.ac.ma/

Lycée Descartes à Alger en Algérie: http://www.descartesalger.com/

Lycée Descartes à Phnom Penh au Cambodge: http://www.descartes-cambodge.com/

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