BIOGRAPHIE GRATUITE DE FLAUBERT

 

"Gustave Flaubert (1821-1880) a porté le style littéraire du roman jusqu'au sublime"
Frédéric Fabre

LISEZ GRATUITEMENT LES ŒUVRES DE FLAUBERT

Le 12 décembre 1821: Gustave Flaubert naît à l'Hôtel Dieu, l'hôpital de Rouen. Son père, Achille-Cléophas Flaubert (1784-1846), est chirurgien en chef de cet hôpital. Sa mère, Justine-Caroline (1793-1872) née Fleuriot, est elle-même fille de médecin issu d'une famille normande d'armateurs. Gustave est le deuxième fils de la famille. Son frère aîné est né en 1813. La famille pourtant médecin a perdu avant sa naissance une fille et deux fils en bas âge.

Ses parents habitent un pavillon rattaché à l'hôpital. Le petit Gustave passe une enfance assez triste dans l'atmosphère austère de l'hôpital. Délaissé par rapport à son frère aîné, brillant élève, déjà considéré comme successeur de son père à l'âge de huit ans, Gustave se sent passif, instable et différent. Il se réfugie dans la littérature.

1824: Sa sœur Caroline naît. Elle survivra. Il adore cette sœur compagne de jeu notamment dans l'amphithéâtre de l'hôpital. Il écrit à Louise Colet, le 7 juillet 1853: « Quels étranges souvenirs j’ai en ce genre ! L’amphithéâtre de l’Hôtel-Dieu donnait sur notre jardin. Que de fois, avec ma sœur, n’avons-nous pas grimpé au treillage et, suspendus entre la vigne, regardé curieusement les cadavres étalés ! Le soleil donnait dessus : les mêmes mouches qui voltigeaient sur nous et sur les fleurs allaient s’abattre là, revenaient, bourdonnaient ! (...) Je vois encore mon père levant la tête de dessus sa dissection et nous disant de nous en aller. Autre cadavre aussi, lui. »

1825: Julie entre au service de la famille Flaubert, comme nourrice, puis comme domestique. Elle y restera jusqu'à la mort de Gustave, à qui elle survivra trois ans. Gustave Flaubert la dépeindra sous les traits de Félicité dans Un cœur simple.

1829: Il rencontre Ernest Chevalier avec qui il sera ami jusqu'à la mort.

1830: Il écrit ses premiers textes: Louis XIII, Eloge de Corneille puis une belle explication de la fameuse constipation: « La constipation est un resserrement du trou merdarum ». Ces pages sont publiées par Jean Bruneau, Les débuts littéraires de Gustave Flaubert, aux éditions Armand Colin en  1962, pages 39 à 41.

1832: En février Gustave entre au collège royal de Rouen, en qualité d'interne. Avec ses camarades de collège, il crée le personnage rabelaisien du Garçon, au travers duquel les adolescents se moquent des bourgeois de l'époque.

1833: Il voyage avec sa famille en Normandie, à Nogent-sur-Seine, à Versailles, Fontainebleau et à Paris.

1834: Chaque été, la famille Flaubert passe ses vacances à Trouville. Il ressent ses premiers émois pour une jeune femme brune: « Se baignait alors une dame, oh une jolie dame (...) le lendemain (...) nous avons appris (...) qu’elle était noyée oui noyée, cher Ernest, en moins d’un quart d’heure ». Ce sera son "fantôme de Trouville". Au collège royal de Rouen, Gustave rédige avec Ernest Chevalier, Art et Progrès,  un journal manuscrit contenant des nouvelles et une rubrique Théâtre.

1835: Le deuxième et dernier numéro d'Art et Progrès où Gustave publie un Voyage en enfer, paraît au collège royal de Rouen.  

1836: Lors de ses vacances à Trouville, Gustave rencontre Elisa Foucault, épouse de Maurice Schlésinger, directeur de la Gazette et revue musicale de Paris. Il a 15 ans, elle en a 26. C'est le début d'une longue passion impossible. Gustave Flaubert évoque cette rencontre déterminante dans les Mémoires d'un fou et les deux versions de l'Education sentimentale. Elisa Schlésinger incarne pour lui, la femme inaccessible qu'il ne cherchera pas à séduire mais qu'il idéalisera toute sa vie. Il travaille à une première œuvre: Bibliomanie.

1837: Gustave Flaubert rencontre Alfred Le Poittevin qui deviendra l'un de ses grands amis. Sa vocation littéraire se précise. Il publie ses premières œuvres dans le Colibri, une revue littéraire de Rouen dont Bibliomanie et Une leçon d'histoire naturelle.

1838: Gustave Flaubert entre en classe de rhétorique. Il devient externe du lycée de Rouen. Il rédige un drame historique romantique Loys XI et des textes autobiographiques dédiés à Alfred Le Poittevin: Agonies, pensées sceptiques et Mémoires d'un fou prémisse de l'Education sentimental.

1839: Gustave Flaubert entre en classe de philosophie en octobre et en est exclu en décembre pour avoir, avec d’autres, organisé un chahut et refusé de faire un pensum. Il écrit Smarh entre Rêve d’Enfer et La Tentation pour opposer Satan et Yuk, le dieu du grotesque.

1840: Le 23 août, il est reçu au baccalauréat en candidat libre. il part en voyage dans les Pyrénées et en Corse. De passage à Marseille, le jeune homme de vingt ans, qui selon les frères Goncourt, a «simplement perdu son pucelage avec la femme de chambre de sa mère» a une relation intime avec la tenancière de l’hôtel, Eulalie Foucaud de Langlade. Flaubert ne repassera jamais par là sans faire le pèlerinage : « À Marseille je n’ai pas retrouvé cette excellente tétonnière qui m’y a fait goûter de si doux quarts d’heure » écrit il à Alfred Le Poittevin, le 15 avril 1845. Il évoque encore cette idylle dans Souvenirs, notes et pensées intimes ainsi que dans Novembre.

1841: Son père l'oblige à faire son droit à Paris. Il s'inscrit à la Faculté de Droit de Paris. Il n'y rentrera qu'en décembre.

1842: "Je me fous pas mal du Droit, pourvu que j'ai celui de fumer ma pipe et de regarder les nuages rouler au ciel, couché sur le dos en fermant à demi les yeux. C'est tout ce que je veux". Il poursuit ses études sans enthousiasme. Il sera toutefois reçu en seconde année. Il rédige Novembre.

Par tirage au sort, il est exempté du service militaire. Il a alors le temps de se lier d'amitié avec la famille Schlésinger et s'approcher de la belle Elisa.

1843: Il commence la rédaction de la première version de l'Education sentimentale. Il rencontre Maxime Du Camp, homme de lettres mondain. Il mène une vie agitée. Il fréquente l'atelier du sculpteur Pradier, atelier où il fera la connaissance de Victor Hugo. Il échoue à son examen de deuxième année de Droit par manque de travail. Il peut faire des aller retour Paris Rouen grâce à la ligne de chemin de fer qui vient d'être construite.

1844: En Janvier, sur la route de Pont l’Évêque, au fond d’un cabriolet qu’il conduit, il est victime d'une crise épileptique, la première d'une longue série. " Je me suis senti tout à coup emporté par un torrent de flammes." Cette grave crise oblige sa famille à accepter qu'il arrête ses études.

La famille Flaubert achète, en avril, une grande maison, au bord de la Seine, à Croisset, près de Rouen. Gustave y passera sa longue convalescence puis la majeure partie de sa vie.

1845: Sa sœur Caroline épouse Emile Hamard. Gustave Flaubert les accompagne lors de leur voyage de noces en Italie. A Gênes, il admire un tableau de Bruegel, la Tentation de Saint- Antoine, qui lui inspirera le récit éponyme. Il vit dans un grand état de chasteté.

1846: Il subit un début d'année horrible. Le 15 Janvier, son père, le Docteur Flaubert meurt.

En Mars, Sa sœur Caroline, meurt deux mois après avoir mis au monde une petite fille, prénommée elle aussi Caroline.

En Avril, il s'installe au Croiset avec sa mère et sa nièce, la petite Caroline. Au physique imposant de plus en plus massif Gustave Flaubert est cependant un jeune homme sportif. Il pratique la natation, l'escrime, l'équitation et la chasse.

En Mai, son ami Alfred Le Poittevin se marie et s'embourgeoise. Il a une nouvelle amitié avec Louis Bouilhet. Ils écrivent ensemble avec Maxime  Du Camp une comédie en vers.

En Juin, il rencontre dans l'atelier du sculpteur Pradier, Louise Colet une femme de lettres en vogue de onze ans plus âgée que lui. Ils auront une liaison orageuse jusqu'en 1848, puis à nouveau de 1851 à 1855. Leur premier rendez vous galant a lieu les 9 et 10 septembre, à l'Hôtel du Grand Cerf à Mantes. Il ne veut pas la recevoir au Croisset. Il lui écrit le 14 septembre «Ne viens jamais ici, il nous serait impossible topographiquement parlant de nous réunir»

1847: Pendant l’hiver, en guise de récréation, Bouilhet et lui font des scénarios de drames ou d'opéras comiques.

De mai à juillet, il voyage à pied en Anjou, Bretagne et Normandie avec Maxime Du Camp. Ils en rapporteront Par les champs et par les grèves : Flaubert écrit les chapitres impairs, Du Camp les chapitres pairs. Ils renonceront à publier ce journal de leur randonnée. Flaubert commence à travailler à la rédaction de La tentation de Saint Antoine.

1848: Le 24 février, il est à Paris avec Bouilhet et Du Camp. Ils vont voir l'émeute qui sera décrite dans L'Education sentimentale.

En Mars, il rompt une première fois avec Louise Colet.

Le 3 avril, Alfred Le Poittevin meurt. Flaubert se rapproche alors de sa sœur Laure Le Poittevin. Bien que mariée, elle ne s'entend pas avec son mari Gustave de Maupassant. Ils ont une liaison intime passionnelle mais secrète.

En juin, Du Camp alors garde national est blessé. Il sera décoré en fin d'année.

1849: Le premier septembre, Flaubert achève la rédaction de La tentation de Saint Antoine. Il en fait la lecture à Bouilhet et Du Camp qui jugent "qu'il faut jeter cela au feu et n'en jamais reparler".

Le 29 octobre, pour tenter d'oublier Laure qui a quelques scrupules, il part pour l'Orient avec Du Camp. Ils commencent par l'Egypte et le Caire.

1850: Il voyage en Égypte, en Palestine, à Rhodes, en Asie mineure et à Constantinople. Pendant que Maxime se livre à ses «rages photographiques», Flaubert se vautre dans les formes et les couleurs, tente de décrire ce qui défie toute représentation littéraire. Il pense aux œuvres à venir dont le  Dictionnaire des idées reçues et sa préface.

Le 6 mars, il passe des nuits avec la courtisane Kuchuck-Hânem. Il danse et oublie d'être chaste: « Quant aux coups, ils ont été bons. Le troisième surtout a été féroce, et le dernier sentimental » écrit il à Louis Bouilhet le 13 mars. Plus tard, il attrape la vérole à Beyrouth.

Le 14 novembre, il écrit à sa mère: «Il se prépare en moi quelque chose de nouveau, une seconde manière peut-être ? mais d’ici à quelque temps il faut que j’accouche. Il me tarde de connaître ma mesure».

Le 5 août, son futur "disciple littéraire", Guy de Maupassant, fils de Laure et certainement de lui-même, naît.

1851: Il voyage en Grèce puis rentre par l'Italie, Brindisi, Naples, Rome, Florence, Venise et Milan. Il est au Croiset en juin.

En juillet, il renoue avec Louise Colet.

Le 19 Septembre, il commence Madame Bovary. Il y travaillera jusqu'en mai 1856 soit 56 mois de travail acharné.

Le 2 décembre, il assiste au coup d'état à Paris.

1852: En juillet, il achève la première partie de Madame Bovary. Les rencontres avec Louise Colet à Mantes et à Paris, sont subordonnées aux échéances de l’écriture soit une fois par trimestre. Depuis la naissance de Guy de Maupassant, il est très préoccupé par les risques de la paternité: «L’idée de donner le jour à quelqu’un me fait horreur. Je me maudirais si j’étais père». Ses relations avec Du Camp se refroidissent.  Codirecteur de la Revue de Paris, son ami lui conseille de s'élever un peu. Ce n'est pas le caractère de Flaubert qui répond le 26 juin : «Arriver ? — à quoi ? (...) Etre connu n’est pas ma principale affaire. (...) Je vise à mieux, à me plaire (...) Que je crève comme un chien plutôt que de hâter d’une seconde ma phrase qui n’est pas mûre».

1853: Flaubert devient chauve. Il en est fort ennuyé. Il travaille à la deuxième partie de la Bovary. Il abandonne définitivement la tentation autobiographique. Il n’écrira pas ses Mémoires.

Le 15 juillet: Il envoie une belle lettre hugolienne à Victor Hugo, dont il est, avec Louise Colet, la boîte aux lettres clandestine : «Monsieur, vous avez été dans ma vie une obsession charmante, un long amour».

1854: En octobre, Flaubert se lie avec l'actrice Béatrix Person et rompt pour la deuxième foi, avec Louise Colet.

1855: Flaubert s'installe à Paris, 42 boulevard du Temple. Il se partagera désormais entre Croisset et Paris. Il fréquente les salons parisiens les plus influents du Second Empire, comme celui de Madame de Loynes dont il est très amoureux. Le 6 mars, il envoie sa dernière lettre à Louise Colet.

1856: En avril, il termine Madame Bovary. Le roman paraît en feuilleton dans la Revue de Paris de Du Camp. Flaubert découvre, après coup, que certains passages ont été coupés, notamment la scène du fiacre. Il proteste publiquement. La seconde version de la Tentation de Saint Antoine, parait en fragments dans l'Artiste.

1857: Madame Bovary sort en librairie. Le procès pour "atteinte aux bonnes mœurs et à la religion" a lieu le 29 janvier. L’avocat impérial Pinard, incrimine la «couleur sensuelle» du roman et la «beauté de provocation» d’Emma. Maître Sénard, ami de la famille Flaubert, plaide la moralité et l’utilité de montrer le vice pour ne pas être tenté. Cette défense est à l'époque classique contre les reproches "d'atteinte aux bonnes mœurs et à la religion".

Le 7 février, Flaubert est acquitté en partie grâce à des appuis en «haut lieu», mais blâmé par les termes du jugement, qui lui rappelle que «la mission de la littérature doit être d’orner et de récréer l’esprit en élevant l’intelligence et en épurant les mœurs».

En avril, le roman obtient un important succès de scandale.

En juin, quinze mille exemplaires sont vendus. Ce qui agace Flaubert: tout ce tapage est étranger à l’Art.

En septembre Flaubert se lance dans la rédaction de Salammbô.

1858: Le 16 avril, il interrompt l'écriture de Salammbô et s'embarque à Marseille pour visiter les ruines de Carthage. Il séjourne en Tunisie jusque juin. De retour à Paris, il commence à fréquenter les milieux littéraires dont les frères Goncourt, Sainte-Beuve, Baudelaire, Feydeau et Gautier. Un fragment de Par les champs et par les grèves qui sera reprise dans Bouvard et Pécuchet, alors intitulé « Les pierres de Carnac et l’archéologie celtique » paraît pour se moquer de la science officielle.

1859: Il continue à rédiger Salammbô mais il fait une dépression de juillet à novembre.

1860: Flaubert passe l'hiver au Croiset et continue à écrire Salammbô. Il se réconcilie avec Du Camp.

1861: Il s'enferme au Croiset pour finir son roman.

1862:  Le 24 avril, Salammbô est terminé. Le 24 novembre, Salammbô est publié. Enorme succès, 1000 exemplaires sont vendus par jour. Le roman lance la mode de Carthage. Flaubert a vendu pour 10 ans les droits d'exploitation de ce roman et de Madame Bovary contre 10 000 francs à Michel Levy. Le "solitaire de Croisset" passe l'hiver à Paris et mène une vie mondaine avec notamment des diners littéraires chez Magny créés par Sainte-Beuve. Il y retrouve notamment, Les Goncourt, Sainte-Beuve et Théophile Gautier. Lors de l'un de ces dîners, il rencontre George Sand avec qui il ressent une profonde amitié.

Le 23 décembre, il répond aux critiques de Sainte-Beuve sur les prétendues invraisemblances archéologiques.

1863: Il rencontre Tourgueniev, Taine et la cousine de Napoléon III, la Princesse Mathilde chez qui, il est invité. En juin et juillet, il séjourne à Vichy. En août, il travaille sur une féérie, le Château des Cœurs avec Bouilhet et Osmoy. Il s'installe à Paris en novembre pour l'hiver.

1864: Il commence L'Education sentimentale et prépare le plan avec son ami Bouilhet. Il y travaillera jusqu'en 1869.

Du 12 au 16 novembre, il est invité au palais de Compiègne chez l'Empereur Napoléon III.

1865: Il fait plusieurs voyages dont Londres et Baden-Baden en juillet pour rejoindre Maxime Du Camp.

1866: Durant l'été, il retrouve secrètement à Londres, Juliet Herbert, l'ancienne gouvernante des Flaubert. L'ancienne maîtresse de son oncle accepte les hommages du neveu. Il devient chevalier de la Légion d'honneur. Georges Sand le rejoint au Croisset d'août à novembre. Il continue l'Education Sentimentale rongé par le doute. Dans sa quête de pureté, il a beaucoup de difficultés pour élever son style jusqu'au sublime.

1867: Pour l'Education Sentimentale, il visite des faïenceries dont celle de Creil. Il peine à écrire et s'inquiète. En mars, il revoit  Madame Elisa Schlésinger.

Le 10 juin, il est invité à la réception donnée par l'empereur aux Tuileries, en l'honneur du tsar Alexandre II.

1868: Le 14 mars, il écrit à Jules Duplan: «J’ai lâché complètement le dîner Magny, où l’on a intercalé des binettes odieuses. Mais tous les mercredis je dîne chez la Princesse [Mathilde à Saint Gratien], avec les Bichons [les Goncourt] et Théo [Gautier]».

En mai, il reçoit à Croisset, George Sand et en mai le grand écrivain russe, Tourgueniev.

1869: En fin mars, l'Education Sentimentale est sur le point d'être terminée. Il part pour Paris et loue un appartement au 4 rue Murillo.

Le 16 mai: Il écrit à Jules Duplan: «Dimanche matin, 5 heures moins 4 minutes. FINI ! mon vieux ! Oui, mon bouquin est fini ! (...) Je suis à ma table, depuis hier, 8 heures du matin. La tête me pète. N’importe ! J’ai un fier poids de moins sur l’estomac.»

En juin, Flaubert retourne à Croisset pour remanier La tentation de Saint Antoine.

Le 18 Juillet, son ami Louis Bouilhet  meurt, Flaubert en est bouleversé: "La moitié de mon cerveau est resté à jamais au Cimetière monumental (de Rouen)".

Le 13 octobre, Sainte-Beuve meurt. "J’avais fait L’Éducation sentimentale, en partie pour Sainte-Beuve. Il sera mort sans en connaître une ligne !"

Le 17 novembre, L'Education sentimentale paraît. La critique de l'époque, débarrassée de Sainte-Beuve accueille très mal le roman. Seuls Théodore de Banville, Emile Zola et George Sand prennent la défense de Flaubert. Le livre se vend très mal. En 1873, soit quatre ans après sa parution, le tirage initial de 3000 exemplaires n'est toujours pas écoulé.

A Noël, Flaubert passe les fêtes à Nohant, chez George Sand pour se faire remonter le moral.

1870: En hommage à son ami Bouilhet, dont il est l'exécuteur testamentaire, Flaubert commence à retravailler sa pièce Le Sexe faible, et écrit une préface datée du 20 juin, aux Dernières chansons de son ami.

En septembre, Croisset est occupé par les Prussiens. Flaubert et sa mère se réfugient à Rouen, chez sa nièce Caroline qui a épousé Monsieur Commanville. Il est infirmier puis entre dans la Garde National.

1871: Le 28 janvier, pour protester contre l'armistice, il retire le ruban de la légion d'honneur.

En mars, avec Alexandre Dumas fils, il rend visite à la Princesse Mathilde réfugiée à Bruxelles. Puis seul, il rend une visite plus intime à Juliet Herbert à Londres.

En avril, Flaubert se réinstalle à Croisset et retravaille La tentation de Saint Antoine. Il avait enterré ses notes dans une boite dans le jardin.

En juin, il visite Paris après les destructions causées par les Versaillais en lutte contre la Commune.

En août, il se rend chez la princesse Mathilde rentrée d'exil à Saint Gratien.

En novembre, il reçoit la tendre visite d'Elisa Schlésinger, veuve depuis mai. Mais il ressent des émois pour une jeune veuve,  Léonie Brainne qui sera la copine de ses dernières années de sa vie.

1872: Il fait publié Les Dernières chansons de Bouilhet, avec une préface qu'il rédige. À propos des frais d’impressions de ce recueil, Flaubert se «fâche à mort» avec son éditeur Michel Lévy. Charpentier prendra la suite. Il écrit une cinglante Lettre à la municipalité de Rouen pour son refus d'ériger une statue en l'honneur de son ami.

Le 6 avril: Sa mère meurt. Croisset revient à sa nièce Caroline mais Flaubert y conserve un appartement.

Le 1er juillet, il achève la troisième version de La tentation de Saint Antoine, qui sera publiée en 1874.

En octobre, Théophile Gautier meurt. Après un séjour à Luchon, il commence la rédaction de Bouvard et Pécuchet.

1873: Flaubert Séjourne à Nohant, chez George Sand, avec Tourgueniev. Il rédige une "grande comédie politique", Le candidat qui n'aura que quatre représentations début 1874.

En mai, il signe un contrat avec Lemerre pour une nouvelle édition de Madame Bovary.

Le 20 juin, il obtient un accord de Charpentier pour une nouvelle édition de Madame Bovary et Salammbô.

En octobre, son ami Georges Feydau meurt.

En décembre, il cède à Charpentier les droits de la Tentation de Saint Antoine.

1874: Le 31 mars, La publication de la tentation de Saint Antoine subit l'incompréhension de la critique. Il ne comprend pas les raisons.

Le 1er mai, il écrit à George Sand: "Les injures s'accumulent ! C'est un concerto, une symphonie, où tous s'acharnent dans leurs instruments… ce qui m'étonne, c'est qu'il y a sous plusieurs de ces critiques, une haine contre moi, contre mon individu, un parti pris de dénigrement, dont je cherche la cause."

Le 2 juillet, il écrit à Tourgueniev : «Le grand succès m’a quitté depuis Salammbô. Ce qui me reste sur le cœur, c’est l’échec de L’Éducation sentimentale. Qu’on n’ait pas compris ce livre-là, voilà ce qui m’étonne»

Il voyage en Normandie et dans la Beauce, où il trouve le décor de Bouvard et Pécuchet: "Je placerai Bouvard et Pécuchet entre la vallée de l'Orne et la vallée d'Auge, sur un plateau stupide, entre Caen et Falaise."  écrit il à sa nièce Caroline, le 24 juin.

En juillet, il séjourne en Suisse, sur ordre de son médecin pour se refaire une santé et un bon moral.

1875: Son neveu Commanville, époux de sa nièce Caroline, à qui il avait confié sa fortune est ruiné. Pour éviter sa propre faillite, Flaubert vend une de ses fermes et quitte son appartement parisien. Démoralisé, il abandonne la rédaction de Bouvard et Pécuchet au chapitre III. Il pense alors que cet abandon est définitif.

En septembre, il séjourne à Concarneau chez son ami Fouchet, sans papier ni plume par mesure de précaution. Pourtant, il commence un conte moyenâgeux, La Légende de Saint Julien l'Hospitalier qu'il terminera en cinq mois.

1876: En janvier, il débute la rédaction d'un conte moderne, Un Cœur Simple. Louise Colet meurt en mars, George Sand meurt en Juin. Il assiste à ses obsèques à Nohant.

En août, il finit un Cœur Simple.

En novembre, il commence un conte antique, Hérodias.

1877: En février, il termine la rédaction d'Hérodias.

En avril, il publie alors Les trois contes. Ils sont bien accueillis par la critique. "Trois chefs d'œuvre absolus et parfaits" écrit Théodore de Banville. Il reprend alors Bouvard et Pécuchet.

1878: De janvier à mai, il est à Paris. En juin, il est à Croisset. Sans argent et avec une santé délabrée, il arrive à continuer la rédaction de Bouvard et Pécuchet.

1879:  En janvier, Flaubert se fracture le péroné en glissant sur une plaque de verglas. Il est alité durant trois mois. Les difficultés financières continuent.

Le 1er juillet, il obtient de Jules Ferry, un poste de conservateur et une pension de 3000 Francs mais le poste convoité de conservateur de la bibliothèque Mazarine lui échappe.

En septembre, il se rend à Saint Gratien pour la dernière fois puis rentre définitivement à Croisset.

En octobre, Salammbô paraît dans la collection elzévirienne chez Lemerre.

En novembre, L'Education Sentimentale paraît chez Charpentier.   

1880: Il commence le chapitre X de Bouvard et Pécuchet. Il se sent épuisé, dégoûté de tout, harcelé par les nouvelles traites à payer.

En février, il reçoit et corrige Boule de Suif de Maupassant. Alors poursuivi pour un poème licencieux, Flaubert lui envoie une lettre publique pour le défendre.

Le 26 février, son ami Maxime Du Camp est élu à l'Académie Française.

En avril, Maupassant lui dédie son livre Des Vers.

Le 8 mai, il meurt subitement au milieu de ses manuscrits, foudroyé par une hémorragie cérébrale.

Le 11 Mai, en présence notamment de Zola, Goncourt, Daudet, Banville, Maupassant, Flaubert est inhumé au Cimetière monumental de Rouen, comme son ami Bouilhet mais sans ses manuscrits comme il le désirait. Il aura vécu vingt et un mille trois cent trente sept jours, et noirci autant de feuilles de papier!

Le 15 décembre, La Nouvelle Revue commence la publication de Bouvard et Pécuchet.

1890: Le monument à Flaubert à l'Hôtel Dieu de Rouen est inauguré.

IMPRIMEZ LE TEXTE

RETOURNEZ VERS LES ŒUVRES DE FLAUBERT

Passez votre souris sur la photo pour accéder à son profil :

CITATIONS DE FLAUBERT

"Républicains : Les républicains ne sont pas tous voleurs, mais les voleurs sont tous républicains."

"Ah ! Quelle nécropole que le cœur humain ! Pourquoi aller aux cimetières ? Ouvrons nos souvenirs, que de tombeaux !"

"Elle était triste, si triste, qu’à la voir sur le seuil de sa maison, elle vous faisait l’effet d’un drap d’enterrement tendu devant sa porte."

"La mort n’a peut-être pas plus de secrets à nous révéler que la vie."

"La courtisane est un mythe. Jamais une femme n’a inventé la débauche."

"Le charme de la nouveauté, peu à peu tombant comme un vêtement, laissait voir à nu l’éternelle monotonie de la passion, qui a toujours les mêmes formes et le même langage"

"Le comble de l’orgueil, c’est de se mépriser soi-même."

"L’avenir nous tourmente, le passé nous retient, c’est pour ça que le présent nous échappe."

"Madame Bovary, c'est moi."

"Rien n'est humiliant comme de voir les sots réussir dans les entreprises où l'on échoue."

"Prenez garde à la tristesse, c'est un vice."

"Le mot ne manque jamais quand on possède l’idée."

"Quand le peuple ne croira plus à l'Immaculée conception, il croira aux tables tournantes."

"L'art n'est pas un mensonge."

"Avocats : ont le jugement faussé à force de plaider le pour et le contre"

"La vérité n'est pas faite pour consoler comme une tartine de confitures qu'on donne aux enfants qui pleurent. Il faut la rechercher, voilà tout, et écarter de soi ce qui n'est pas elle."

"Prêtres : couchent avec leurs bonnes, et en ont des enfants qu'ils appellent leurs neveux."

"Mathématiques : dessèchent le cœur"

"Il faut écrire pour soi, avant tout, c'est la seule chance de faire beau."

"Le mot ne manque jamais quand on possède l'idée"

"Génie : inutile de l'admirer c'est une névrose !"

"Calvitie : toujours précoce - et causée par des excès de jeunesse ou la conception de grandes pensées"

"Fonds secrets. - Sommes incalculables avec lesquelles les ministres achètent les consciences"

"Rien n'est sérieux en ce bas monde que le rire."

Passez votre souris sur la photo pour accéder à son profil :

LIENS EXTERNES

LE SITE D'UN FAN: http://pagesperso-orange.fr/jb.guinot/pages/plan.html

L'UNIVERSITE DE ROUEN: http://flaubert.univ-rouen.fr/

LE FILM EDUCATION SENTIMENTALE: http://mariejosenat.ifrance.com/61education.htm

LE FEUILLETON TELE DE 1971: http://filmorouvel.chez.com/71Education.htm

LE LYCEE FLAUBERT DE ROUEN PORTE SON NOM : http://lycees.ac-rouen.fr/flaubert/accueil.htm

L'auteur de Salammbô a droit a son lycée en Tunisie depuis la nouvelle nomination de 1998

LE LYCEE FLAUBERT DE LA MARSA EN TUNISIE: http://www.lyceeflaubert-lamarsa.com/

D'Autres Biographies de Gustave FLAUBERT

RETOURNEZ VERS FLAUBERT

 

 contactez nous par téléphone ou par e mail:

  webmaster@fbls.info