PREMIER XXe SIÈCLE
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Le premier XXe siècle est marqué par l'horreur de la première guerre mondiale. La littérature est d'abord un témoignage des tranchées:

René Benjamin (1885-1948) avec Gaspard (1915)

Henri Barbusse (1873-1935) avec le feu (1916)

Georges Duhamel (1884-1966) avec la vie des martyrs (1917)

Roland Dorgelès (1885-1973) avec les croix de bois (1919)

Plus tard Genevoix et Jules Romain laisseront leur témoignage.

Le tirage grimpe de plusieurs milliers au million d'exemplaires, la guerre et le besoin de savoir ce qui s'y passe ont pour conséquence que le livre devient un produit de grande consommation. La guerre favorise la fortune des éditeurs et l'industrialisation de l'édition.

Puis toute une génération s'aperçoit que la guerre a causé des souffrances inutiles et n'a servi à rien. L'absurde des conditions de vie est alors dénoncé. La première opposition à la guerre est le mouvement surréaliste.

Le surréalisme

Le surréalisme est l'enfant naturel des recherches de  Freud ou de Bergson. Le surréalisme affirme la liberté totale de la forme et recherche le "monde intérieur" de chacun. Les moyens sont l'écriture automatique ou l'interprétation des rêves, seuls outils capables d'atteindre la réalité cachée par la matière.

Un père

Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)

Un chef

André Breton (1896 -1966) qui écrit deux manifestes du surréalisme, le premier en 1924 et le second en 1929.

Un cercle de poètes

Louis Aragon (1897-1982)

Robert Desnos (1900-1944)

Paul Eluard (1895-1952)

Benjamin Péret (1899 - 1959)

Philippe Soupault (1897 -1990)

Des romanciers

Jean Cocteau (1889-1963)

Raymond Radiguet (1903-1923) qui explique dans le diable au corps (1923) comment il a  joui de la femme d'un soldat parti se battre dans les tranchées.

Un courant filial

le dadaïsme créé par Tristan Tzara (1896 -1963) qui veut détruire les règles du langage et répondre à l'incohérence par l'absurde

En marge du surréalisme, un poète franco- sud américain

Jules Supervielle (1884 - 1960)

Des poètes chrétiens

D'autres se réfugient dans la foi chrétienne:

Paul Claudel (1868-1955) continue sa carrière

Max Jacob (1876-1944) qui se retire parmi les moines à Saint Benoît sur Loire en 1924 avant de s'y faire enlever par la police allemande pour mourir au camp de Drancy.

Pierre Reverdy (1889-1960) qui devient moine à l'abbaye de Solesmes en 1926.

 

Le roman fleuve

Il démontre que la famille seule cellule sociale digne d'être protégée est assez forte pour résister aux drames de la vie même si les individus tombent. Zola avait commencé à sentir ce fait avec sa série des Rougon - Macquart

A partir de 1904 Romain Rolland (1866-1944) crée le premier roman fleuve avec Jean Christophe jusque 1912. Après la guerre, il devient pacifiste.

Après la guerre l'augmentation des tirages favorise le roman fleuve:

Georges Duhamel crée le cycle de Salavin en six volumes (1920 - 1932)

Jules Romain (1885 -1972) crée les hommes de bonne volonté en vingt sept volumes (1932 -1946)

Roger Martin du Gard (1881-1958) crée le cycle des Thibault (1920-1940)

Le roman comique

Louis Pergaud (1882 1914) avait commencé à décrire l'absurde de la vie villageoise avec "la guerre des boutons" (1912)

Gabriel Chevallier (1895 -1969) continue avec la série de Clochemerle à partir de 1934.

Le théâtre comique

Le théâtre dénonce aussi par l'humour l'absurde des conditions de vie que s'impose l'être humain

Marcel Achard (1899 - 1974)

Marcel Aymé (1902 -1967)

Edouard Bourdet (1887 - 1945) écrit des pièces satiriques dont la prisonnière (1926) et le sexe faible (1929)

Sacha Guitry (1885-1957)

Marcel Pagnol (1895 -1974)

Armand Salacrou (1899 - 1989)

Le roman populiste

Fils du naturalisme,  il décrit l'absurde des mœurs de l'époque et comment certains tentent de sortir des carcans sociaux:

Eugène Dabit (1898-1936) avec Hôtel du Nord porté à l'écran par Marcel Carmé en 1938, avec Arletty et Louis Jouvet. À l'hôtel du Nord, situé le long du Canal Saint-Martin à Paris, patrons et clients sont réunis à table pour fêter une communion. Entrent Pierre et Renée, deux jeunes amoureux tristes, qui viennent y louer une chambre pour se suicider. M. Edmond, lui, a fui son milieu et habite avec Madame Raymonde une chambre mitoyenne.

Francis Carco (1886-1958) décrit le Paris populaire d'entre les deux guerres.

Léon Frapié (1863-1949) avec "la Maternelle" qui reçoit le prix Goncourt en 1904. Il y décrit les mœurs des enfants pauvres à l'école.

Victor Marguerite (1866 -1942) frère de Paul qui avait signé le manifeste des cinq  avec notamment la femme ne chemin (1921) la Garçonne (1922) ton corps est à toi (1927) la patrie humaine (1931)

Le roman d'aventure

Les voyages et l'aventure permettent de sortir de l'absurde de la vie occidentale.

Pierre Loti (1850-1923)

Pierre Benoit (1886-1962) avec l'Atlantide (1919)

Blaise Cendrar (1887-1961)

Roland Dorgelès (1885-1973)

Joseph Kessel (1898- 1979)

Henry de Monfreid (1879-1974)

Pierre Mac Orland (1882-1970)

Les frères Rosny dont l'aîné Jean Henry (1856 -1940)  avec "la guerre du feu" (1911) et le jeune Séraphin Justin (1859 -1948)

Le roman policier

Georges Simenon (1903 -1989) crée le personnage du commissaire Maigret pour enquêter dans des milieux sociaux qui broie la liberté et la personnalité des individus.

Les écrivains à sensibilité féminine

dénoncent avec Victor Marguerite, les conditions sociales subies par les femmes:

Marguerite Audoux (1863 - 1937) avec Marie claire  (1910) et l'atelier de Marie claire (1920)

Colette (1873 -1954)

Les écrivains au multiples talents

Ils ne peuvent être classés dans aucune école car ils réclament la liberté de création:

Georges Duhamel (1884 -1966)

Maurice Genevoix (1890 - 1980)

André Gide (1869 - 1951)

Jean Giraudoux (1882 - 1944)

Julien Green (1900-1998)

Valéry Larbaux (1881 - 1957)

Jules Romain (1885 -1972)

Saint Exupéry (1900-1944)

Malraux André (1901-1976)

Les trois M découverts par l'éditeur Bernard Grasset :

Maurois André (1885-1967)

Mauriac François (1885-1970)

Montherlant Henri de (1896 - 1972).

L'HISTOIRE

Deux historiens créent en 1929 une revue les Annales qui fera école après la seconde guerre mondiale, pour inscrire l’histoire dans le champ des Sciences Sociales, en brisant l’esprit de spécialité, en promouvant la pluridisciplinarité et les échanges entre chercheurs. Leur projet est celui d'une histoire « totale », sorte de carrefour scientifique de toutes les sciences humaines, apportant une connaissance globale de la réalité du passé. Ils refusent ainsi de concevoir l’histoire comme l’enregistrement d’une suite d’événements à partir des seuls documents écrits.

Lucien Febvre (1879-1956)

Marc Boch (1886-1944)

LE NATIONALISME EXACERBE ET LE ROYALISME D'ACTION FRANCAISE

Ils sentent que la guerre de 1914 -1918 n'a servi à rien pour en découdre avec l'ennemi allemand humilié par le traité de Versailles et ils veulent préparer au mieux la prochaine invasion germanique. Ils constatent que les hommes politiques de l'époque sont incapables d'accepter la réalité et de préparer contre leur opinion publique, la prochaine guerre. Une seule solution leur paraît indispensable pour sauver la patrie, renverser la république en faveur de la monarchie. Ils se regroupèrent au sein du journal "l'action française".

Un chef

Charles Maurras (1868 - 1952)

Des écrivains non reconnus à leur juste valeur

Jacques Bainville (1879 -1936)

Maurice Barrès (1862 - 1923) qui est républicain à condition que le président de la République soit élu au suffrage universel direct

Georges Bernanos (1888-1848) qui sera sympathisant quelques temps, mais sans adhérer au royalisme d'Action française.

Léon Daudet (1868 - 1942) le fils d'Alphonse Daudet, ses idées lui valurent la prison en 1927 et l'assassinat de son fils Philippe.

Trois écrivains d'extrême droite et antisémite

Reprenant une vieille croyance du Moyen- âge, ils rendirent les étrangers et surtout les juifs responsables de l'absurdité de la vie sociale. Profondément antisémites, ils ont profité de l'occupation pour assouvir leur haine dans les journaux:

Robert Brasillach (1909 -1945)

Louis Ferdinand Celine (1889-1963)

Pierre Drieu la Rochelle (1893 - 1945).

LE RÉGIONALISME

Les romans régionalistes sont teintés du naturalisme défini par Zola:

Les Flandres et le Nord

Van Der Meersch (1907-1951)

La Normandie

La Varende (1887 - 1958)

La Vendée

Alphonse de Chateaubriant (1877-1951)

L'Auvergne

Henri Pourrat (1887 - 1959) avec Gaspard des Montagnes (1922 -1931)

Les Cévennes

André Chamson (1900 - 1983)

La Provence

Henri Bosco (1888 - 1976)

Jean Giono (1895 - 1970)

La Savoie

Henry Bordeaux (1870 - 1973)

La Suisse francophone

Charles Ferdinand Ramuz (1878-1947)

Le Québec

Hector Garneau (1912 -1943) avec son journal débuté en 1935 et édité en 1954.

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