L'ENCYCLOPÉDIE
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Le mérite de l'Encyclopédie est d'exister et d'avoir pu être publiée malgré l'opposition du pouvoir. Beaucoup ont payé leur engagement de leur liberté. Certains ont préféré se désister. Elle a réuni les idées philosophiques nouvelles contre l'obscurantisme du pouvoir politico religieux. Elle a ainsi ouvert la voie à l'institutionnalisation de la révolution et à fonder la théorisation révolutionnaire.

Les articles n'ont pas l'importance du sujet traité mais seulement l'importance que leur donnent leurs rédacteurs. Ils sont par conséquent bien inégaux et ne suivent pas la logique de l'intérêt des connaissances de l'époque mais seulement le savoir de leurs rédacteurs. VOLTAIRE s'en plaint et demande plusieurs fois à DIDEROT de faire le ménage.

Les informations gratuites sur :

- LA CHRONOLOGIE DE LA PUBLICATION DE l'ENCYCLOPEDIE

- LES PARTICIPANTS DE L'ENCYCLOPEDIE

- LES SOUTIENS DE L'ENCYCLOPEDIE

- LES ADVERSAIRES INTELLECTUELS.

CHRONOLOGIE DE LA PUBLICATION

UN LIBRAIRE ÉDITEUR NOMMÉ "LE BRETON" DEMANDE A DIDEROT D'ABORD DE TRADUIRE PUIS APRÈS DISCUSSION, DE CRÉER UNE ENCYCLOPÉDIE COMME CELUI DE LA CYCLOPEDIA OR UNIVERSAL DICTIONARY OF THE ARTS AND SCIENCES D'EPHRAIM CHAMBERS.

IL N'EXISTAIT QUE DES DICTIONNAIRES COMME CELUI QUE BAYLE ÉCRIVIT AVEC LA PARTICIPATION DE L'ABBE DU BOS MAIS AVEC UN CARACTÈRE BIEN MOINS COMPLET.

DIDEROT encore inconnu, accepte avec enthousiasme et il s'entoure immédiatement de D'ALEMBERT déjà célèbre comme mathématicien.

21 JANVIER 1746 :

Le chancelier D'AGUESSEAU celle lui même le privilège du roi.

Un retard de la publication est causé par l'incarcération de DIDEROT au château de Vincennes en 1749 pour avoir publié "LETTRE AUX AVEUGLES".

Très vite, il peut recevoir ses collaborateurs dans sa cellule et il est libéré au profit de l'entreprise encyclopédique.

Une souscription est lancée début 1750. Le prospectus est écrit par DIDEROT lui même.

Elle reçut un grand succès comparé aux tirages habituels des oeuvres du XVIIIe siècle soit 4000 exemplaires mais reste inférieur aux espoirs des philosophes qui espéraient 8 000 exemplaires pour toute l'Europe.

28 JUIN 1751 :

PARUTION DU PREMIER TOME AVEC LE DISCOURS PRÉLIMINAIRE

22 JANVIER 1752 :

PARUTION DU SECOND TOME

FRONTISPICE DE L'ENCYCLOPEDIE (collection de l'auteur)

LA GRAVURE PRÉSENTE UNE FORME PYRAMIDALE DANS LAQUELLE LA PHILOSOPHIE COIFFE LES ARTS QUI COUVRENT LES MÉTIERS

17 FEVRIER 1752 :

En réaction à l'affaire de l'abbé PRADES de novembre 1751, un arrêt du Conseil d'État supprime les deux premiers tomes déjà vendus et livrés aux acquéreurs.

MAI 1752 :

Madame de POMPADOUR et Monsieur de MALESHERBES chargé de la direction de la Librairie sollicitent DIDEROT pour qu'il continue et lui apportent leur soutien.

Les années suivantes, PARUTION DE CHACUN DES TOMES sans difficultés importantes grâce au MARQUIS D'ARGENSON qui fait lever l'interdiction, au rythme de un par an.

NOVEMBRE 1753 :

PARUTION DU TOME TROIS

OCTOBRE 1754 :

PARUTION DU TOME QUATRE

NOVEMBRE 1755 :

PARUTION DU TOME CINQ

1er MAI 1756 :

PARUTION DU TOME SIX

15 NOVEMBRE 1757 :

PARUTION DU SEPTIÈME TOME

1758 :

L'article de D'ALEMBERT sur GENÈVE où il regrette que les habitants n'ont pas de théâtre pour assister à des comédies, fait réagir J.J ROUSSEAU qui défend sa ville natale dans une "LETTRE A D'ALEMBERT" pour proclamer que chacun a bien le droit de détester la comédie et le Théâtre !

COURANT 1758 :

Le Parlement de Paris condamne l'Encyclopédie et ordonne de rembourser les prescripteurs mais personne ne se présente.

D'ALEMBERT, MARMONTEL DUCLOS et ROUSSEAU se désistent.

8 MARS 1759 :

Le Conseil d'État interdit les tomes parus et révoque le privilège du roi. La destruction des exemplaires non vendus, est ordonnée mais ils sont cachés chez Malherbes et échappent aux perquisitions.

3 SEPTEMBRE 1759 :

Le pape CLEMENT VII condamne l'Encyclopédie lui assurant ainsi un succès commercial. Au XVIIIe siècle, l'inscription à l'Index est source de réussite commerciale puisque chacun voulait lire le livre interdit.

1760 :

L'ABBE MORELLET le rédacteur des articles sur la théologie, est embastillé pour cause de bagarre en plein théâtre avec PALISSOT DE MONTENOY lors d'une représentation de sa comédie satirique "LES PHILOSOPHES"

1762 :

PUBLICATION DU PREMIER VOLUME DES PLANCHES sous la bienveillance de MONSIEUR DE MALESHERBES.

1764 :

DIDEROT découvre que le libraire éditeur LE BRETON a censuré sans rien dire des articles par peur de la police. Il est tenté de démissionner.

DÉCEMBRE 1765 :

LES TOMES HUIT A DIX SEPT accompagnés de QUATRE TOMES DE PLANCHES sont publiés avec la complicité du pouvoir royal qui interdit officiellement mais aide officieusement grâce à MONSIEUR DE MALESHERBES.

1766 :

DES JANVIER, LES TOMES HUIT A DIX SEPT accompagnés de QUATRE TOMES DE PLANCHES sont envoyés aux prescripteurs étrangers. Ensuite, les prescripteurs français sont servis discrètement.

LE BRETON est embastillé pour avoir envoyé au château de Versailles les derniers volumes sans aucune autorisation.

1772 :

DIDEROT après plusieurs années de lutte aspire à la tranquillité. Il se retire avec LE BRETON.

PARUTION DE SIX TOMES DE PLANCHES par PANCKOUCKE qui termine l'aventure.

1776:

PARUTION D'UN SUPPLÉMENT EN DEUX VOLUMES

1777:

PARUTION DES VOLUMES III ET IV DU SUPPLÉMENT ET D'UN VOLUME DE PLANCHES

1780 :

PUBLICATION DE LA TABLE ALPHABÉTIQUE EN DEUX VOLUMES.

 

LES PARTICIPANTS

La publication de l'Encyclopédie fut une guerre, l'Encyclopédie une machine de guerre, voici ses armées:

LES CHEFS

DIDEROT pour la philosophie et les arts mécaniques

D'ALEMBERT pour les mathématiques et le discours préliminaire

LE CHEVALIER DE JAUCOURT qui écrivit sur tout où il manquait un auteur et qui compila toutes les oeuvres et les articles sur le droit

L'ETAT MAJOR

LE BARON D'HOLBACH pour le système de la nature, la chimie et la religion

L'ABBE MORELLET pour la théologie

MARMONTEL pour la littérature

L'ABBE PRADE pour la théologie, il écrit l'article sur le scepticisme et la certitude. Sa thèse de doctorat en théologie passée avec succès à la SORBONNE en novembre 1751 attira les foudres des jansénistes puis des jésuites qui déclarèrent dix propositions de sa thèse comme hérétiques.

L'ARRIERE GARDE

QUESNAY pour l'économie politique

TURGOT pour l'économie politique

L'ABBE MABLY pour la science politique

L'ABBE RAYNAL pour la science politique et l'histoire

CONDORCET pour la science politique, économique et sociale

CONDILLAC pour la philosophie avec essai sur la sensation

HELVETIUS pour la science politique et l'économie politique

GRIMM rédacteur de la correspondance littéraire

LES INTERVENANTS

MONTESQUIEU pour le Goût

VOLTAIRE pour Elégance, Eloquence, Esprit, Imagination et l'histoire

J.J ROUSSEAU pour l'économie politique et la musique

BARTHEZ pour la médecine

BEAUZEE pour la grammaire

DU MARSAIS pour la grammaire et la rhétorique

L'ABBE MALLET pour la littérature et le théologie

DAUBENTON pour les sciences naturelles

DES BROSSES pour l'histoire et la critique littéraire

LA CONDAMINE pour l'histoire naturelle et la géographie

SAINT LAMBERT pour la critique artistique et les arts militaires

D'AGUESSEAU pour le droit

DUCLOS pour l'histoire et la critique artistique

L'ABBE YVON pour la théologie, il doit s'expatrier après la rédaction de ses articles.

LES SOUTIENS DE L'ENCYCLOPEDIE

LA MARQUISE DE POMPADOUR QUI PROTEGE LES ENCYCLOPEDISTES POUR LUTTER CONTRE LES JESUITES. Elle décède en 1764. Elle amène le soutien de trois de ses amis:

 LE MARQUIS D'ARGENSON

LE CARDINAL DE BERNIS

LE DUC DE CHOISEUL

LE DUC DE RICHELIEU

LE CHANCELIER D'AGUESSEAU qui signa le privilège du roi.

MONSIEUR DE MALESHERBES qui sauva l'entreprise en 1759 quand le privilège du roi fut retiré en permettant la publication sur "accord verbal". Il aida l'entreprise d'abord en sa qualité de directeur suppléant de la librairie au nom de son père LE CHANCELIER DE LAMOIGNON puis en sa qualité de directeur de la librairie. Les publications prétendument imprimées à l'étranger étaient réalisées en FRANCE sous sa bienveillance et celle de la police. Il "cacha" chez lui des exemplaires de l'Encyclopédie "recherchés" par la police.

LE MARQUIS D'ARGENSON qui réussit à faire lever l'interdiction du Conseil d'Etat en 1752.

TURGOT qui devint ministre.

L'ACADEMIE FRANÇAISE qui reçut peu à peu des philosophes à partir de 1728 année de réception de Montesquieu. D'ALEMBERT devint secrétaire perpétuel en 1772.

LES ADVERSAIRES INTELLECTUELS

Les jésuites qui virent d'abord une concurrence à leur dictionnaire et à leur journal "LE TREVOUX" et qui comprirent ensuite qu'il s'agissait d'abattre le pouvoir de l'église après le soutien de L'ABBE DE PRADES de sa thèse de doctorat en théologie à la SORBONNE en novembre 1751. Les jésuites déclarèrent que dix propositions étaient hérétiques. Les jésuites furent peu à peu discrédités et expulsés de FRANCE en 1762.

Les jansénistes qui reprochent aux philosophes, leur refus de collaboration.

Le journal "LE MERCURE DE FRANCE" publie en 1757 un article amusant d'un avocat nommé NICOLAS MOREAU pour comparer les encyclopédistes à des "Cacouacs"

L'ABBE DESFONTAINES choisit le journalisme et écrit des articles de presse pour railler la "Voltairomanie"

FRERON fonde le journal "L'ANNEE LITTERAIRE" et a l'honneur de se battre par la plume directement avec VOLTAIRE. Celui - ci le discrédite dans une pièce de théâtre "L'ECOSSAISE" représentée à PARIS. Le personnage principal de cette comédie est FRELON pourvu de tous les défauts du truand. Cette "douche écossaise" tue le journal d'Elie Catherin FRERON qui tombe alors dans la déchéance. 

ABRAHAM CHAUMEIX écrit en huit volumes "PREJUGES LEGITIMES CONTRE L'ENCYCLOPEDIE"

PALISSOT DE MONTENOI a fait rire avec sa comédie "LES PHILOSOPHES" et s'est battu en pleine représentation avec L'ABBE MORRELET qui fut alors embastillé.

LE FRANC DE POMPIGNAN écrivit contre les Encyclopédistes et osa les railler dans son discours de réception de l'académie française alors qu'ils étaient majoritaires.

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