SALONS ET CAFÉS LITTERAIRES DU XVIIIe SIECLE
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En 1715, LOUIS XIV meurt. La vie intellectuelle peut s'évader en dehors des murs du château de VERSAILLES.

Les esprits du siècle se rencontrent dans les cafés qui ouvrent leur porte à PARIS, dans des clubs et dans des salons.

Vous trouvez ici :

- LE CLUB DE L'ENTRESOL

- LES CAFES

- LES SALONS.

LE CLUB DE L'ENTRESOL

L'ABBE ALARY fonde vers 1720, un club d'une vingtaine de membres, à  l'entresol de l'hôtel du PRÉSIDENT HÉNAULT, place Vendôme à PARIS.

LES PRINCIPAUX PARTICIPANTS :

LE MARQUIS D'ARGENSON  (PARIS 1694 PARIS 1747) dit  "la bête" pour les intimes impressionnés notamment par ses exploits sexuels, a poursuivi une politique antiautrichienne en sa qualité de ministre des affaires étrangères. Il fut l'ami de VOLTAIRE. Il laissa des mémoires.   

L'ABBE DE SAINT PIERRE connu pour "un projet de paix perpétuelle" qui préconisait dès 1717 le principe de l'arbitrage international et le désarmement des puissances souveraines. Selon d'ARGENSON, il fournissait "à  lui tout seul pour les lectures plus que tous les autres membres de l'Entresol"

MONTESQUIEU fut admis après le succès des "lettres persanes" et présenta en 1722 son dialogue de SYLLA ET D'EUCRATE.

La hardiesse des conférences inquiéta LE CARDINAL DE FLEURY qui fit suspendre les réunions dès 1731.

LES CAFÉS

Près de 300 cafés s'ouvrent à PARIS pour proposer le célèbre liquide noir du même nom, les idées s'échangent.

Les cafés les plus renommés portent le nom de leur créateur:

Le CAFÉ GRADOT reçoit:

LA MOTTE HOUDART

Le CAFE LAURENT reçoit:

MONTESQUIEU qui écrit dans les lettres persanes :

"Le café LAURENT où l'on apprête le café de telle manière qu'il donne de l'esprit à ceux qui en prennent"

LE PROCOPE ouvert en 1695 par un sicilien reçoit:

D'ALEMBERT

CONDORCET

FONTENELLE

LA HARPE

PIRON

VOLTAIRE

DIDEROT

MARMONTEL

Voltaire, Diderot, d'Alembert, La Harpe, Condorcet, au café Le Procope.

LE CAFÉ DE LA RÉGENCE ouvert sous la régence reçoit:

DIDEROT qui décrit, dans son roman LE NEVEU DE RAMEAU,  les parties d'échec qui s'y jouent.

CAZOTTE écrit des textes pour que le "neveu de Rameau" puisse les déclamer dans le café.

Des "dames du beau monde" eurent alors l'idée de transformer certains jours, leur salon en café.

LES SALONS

La Maîtresse du lieu s'installait derrière une longue table en forme de comptoir pour préparer le café et des limonades glacées sans exclure les vins et alcool. Des valets en veste et bonnet blanc, appelés "garçons" servaient les participants. Pour réussir un salon, la maîtresse du lieu devait s'attacher les services d'un philosophe qui lançait les débats et dirigeait le salon. Ce philosophe attirait alors les intellectuels qui restaient pour les charme de la maîtresse des lieux.....

LA COUR DE SCEAUX

LE SALON DE LA DUCHESSE DU MAINE OU "LA COUR DE SCEAUX"

1699: La DUCHESSE DU MAINE petite fille de CONDE a l'ambition de faire de son château un "petit VERSAILLES" et y crée une fête perpétuelle.

Elle fait organiser par trois érudits MALEZIEU, L'ABBE GENEST et L'ABBE VAUBRUN "Les grandes nuits" durant lesquelles les invités devaient faire jouer et jouer eux-même dans le parc du château de SCEAUX à la lumière des torches, des oeuvres écrites dans la journée !

LES PARTICIPANTS :

FONTENELLE qui est l'un des maîtres des lieux.

LA MOTTE HOUDART

L'ABBE CHAULIEU poète libertin dont les écrits appartiennent à l'histoire du XVIIe siècle

MADEMOISELLE DELAUNAY femme de chambre de la duchesse qui réussira à se faire épouser par le baron de STAAL. Elle écrira ses mémoires qui racontent les fête de SCEAUX.

1718: CELLAMARE y prépare un complot contre le régent mais il est découvert. la DUCHESSE DU MAINE ET SON EPOUX sont embastillés.

Elle réussit à sortir et à revenir dans son château. ses fêtes reprirent avec moins d'éclats.

1747: VOLTAIRE alors réfugié écrit ZADIG en une journée et le fait jouer le soir dans le parc.

1753: LA DUCHESSE DU MAINE meurt, son salon aussi.

Le château de Sceaux au moment de la Régence collection particulière.

LE SALON DE MADAME LAMBERT  

1710: Elle accueille rue de Richelieu un salon plus "sérieux" qu'à la Cour de SCEAUX. Elle désapprouve le libertinage de l'époque et essaie de s'entourer de personnes plus réservées. Sur ce point, à lire la liste des habitués, ce n'est pas une réussite !

LES PARTICIPANTS :

LE PRÉSIDENT HÉNAULT qui devient le maître des lieux.

FÉNELON

FONTENELLE

LA MOTTE HOUDART

MONTESQUIEU

MARIVAUX

L'ABBE DE SAINT PIERRE

LE MARQUIS D'ARGENSON dit la bête

MADAME DE CAYLUS la créatrice de l'école de SAINT CYR pour les jeunes filles

MADAME D'AULNOY dont ses écrits appartiennent à l'histoire du XVIIe siècle

MADAME LAMBERT ECRIT DEUX ESSAIS qu'elle cache:

-"AVIS D'UNE MÈRE A SON FILS"

-"AVIS D'UNE MÈRE A SA FILLE"

publiés sans son accord, elle rachète elle-même tous les exemplaires pour cacher son intelligence qui n'aurait pas rassuré ses hôtes.

1733: Elle meurt, son salon avec. ses habitués se rejoindront chez Madame Tencin. 

LE SALON DE MADAME TENCIN

1726: Après des spéculations boursières frauduleuses et de nombreuses aventures sexuelles tapageuses, elle ouvre son salon rue Saint-Honoré pour continuer à faire la fête.

LES PARTICIPANTS :

DUCLOS

L'ABBE PREVOST

MARMONTEL

PIRON

L'ABBE MABLY

Après la mort de MADAME LAMBERT en 1733, les habitués de son salon dont notamment MONTESQUIEU et MARIVAUX vinrent chez Madame Tencin. 

ELLE ECRIT DEUX ROMANS "LE COMTE DE COMMINGES" ET "LE SIEGE DE CALAIS" QU'ELLE FIT ATTRIBUER A SON NEVEU PONT DE VEYLE.

1749: Elle meurt. Son salon est repris par Madame GEOFFRIN.

LE SALON DE MADAME GEOFFRIN

Fille du valet de chambre de la DAUPHINE, elle recueillit le salon de Madame TENCIN dès 1749 et lui apporta un rayonnement définitif. Le philosophe maître des lieux était Fontenelle.

LE LUNDI, ELLE RECEVAIT LES  ARTISTES:

FALCONNET

SOUFFLOT

PIGALLE

VERNET

BOUCHER

QUENTIN LA TOUR

LAGRENEE

VAN LOO

LE MERCREDI, ELLE RECEVAIT TOUS LES PARTICIPANTS DE L'ENCYCLOPEDIE:

DIDEROT avait attiré chez elles tous ses collaborateurs.

Elle participa activement à cette entreprise et contribua financièrement par un apport très important.

Elle en retira une gloire universelle et fut reçue par toutes les cours d'Europe.

MARIE ANTOINETTE qui se souvint de son passage à VIENNE la reçut en sa qualité de reine de FRANCE.

Elle meurt en 1777, son salon aussi.

Le salon de Madame Geoffrin de Lemonnier pour l'impératrice Joséphine. Ce tableau est exposé au musée de malmaison

  LE SALON DE MADAME DU DEFFAND

Elle ouvrit son salon rue Saint Dominique en 1740 et y reçut jusque 1780:

LE PRESIDENT HENAULT qui fut son amant, était le philosophe maître des lieux.

FONTENELLE devient le nouveau maître des lieux en 1777.

MONTESQUIEU; elle appela L'ESPRIT DES LOIS: "de l'esprit sur les lois"

MARIVAUX

ET LES PRINCIPAUX ENCYCLOPÉDISTES pour faire plaisir à D'ALEMBERT

Elle préférait les écrivains du XVIIe siècle qui avaient eu le seul mauvais goût de mourir et elle ne croyait ni aux idées ni aux œuvres des encyclopédistes.

Pourtant elle les aida, en les mettant en relation avec les officiels.

SA CORRESPONDANCE est un témoignage historique essentiel.

Devenue aveugle en 1752, elle choisit une orpheline, MADEMOISELLE LESPINASSE comme lectrice et dame de compagnie.

D'Alembert tomba amoureux de cette jeune demoiselle. Deux heures avant l'ouverture du salon de Madame du Deffand, il se présentait à l'entresol pour discuter avec elle.  Plus on est de fou, mieux on rit........... D'autres intellectuels les rejoignirent dont le ministre Turgot. Ces deux heures devinrent un "salon philosophique" avant l'ouverture du salon de Madame Du Deffand qui finit par découvrir cette réunion. Elle se plaindra de cette "tracasserie" selon ses dires et congédia Mademoiselle Lespinasse. Celle-ci ouvrit alors, elle-même son salon.

  LE SALON DE MADEMOISELLE LESPINASSE

JULIE LESPINASSE reçoit rue Saint Dominique près de son ancienne amie, les encyclopédistes jusque 1776 date de sa mort à l'âge de 44 ans, essentiellement:

D'ALEMBERT qui tient le rôle de philosophe maître des lieux.

TURGOT

CONDORCET

CONDILLAC

L'ABBE MABLY

SUARD

J.J ROUSSEAU qui y organisa la révolte contre les institutions anciennes au nom de l'humanité.

MARMONTEL qui lui rendit hommage dans ses mémoires:

"Elle dirigeait l'entretien avec l'aisance et la facilité d'une fée qui, d'un coup de baguette , changeait à son gré la scène de ses enchantements"

SA CORRESPONDANCE fut publiée pour la première fois en 1809.

LE SALON DE MADAME D'ÉPINAY

À l’âge de dix-neuf ans, elle est mariée à son cousin germain, l’aîné des fils du fermier général de La Live de Bellegarde, Denis Lalive D'Épinay (1724-1782) qui est destitué de son poste en 1762. Les premières années de cette union furent heureuses, ayant de lui deux enfants dont une fille morte en bas âge, mais elle souffrira vite du libertinage de son époux et, surtout, de ses prodigalités. Une séparation de biens prononcée en 1748, assura une position financière confortable à Louise. Elle ouvre alors un salon à Montmorency dont le philosophe dirigeant est GRIMM qui n'a rien à voir avec les deux frères collecteurs de contes. Ce salon reçut Marivaux, Jean Jacques ROUSSEAU et les encyclopédistes introduits par Voltaire et DIDEROT.

1756: Madame d'Épinay (1726 -1783) fait construire l'Ermitage près de Montmorency. ROUSSEAU s'y installe avec Thérèse et sa mère.

L'impatience d'habiter l'Ermitage ne me permit pas d'attendre le retour de la belle saison; et sitôt que mon logement fut prêt, je me hâtai de m'y rendre. (Confessions, IX)

ROUSSEAU a une passion violente et inassouvie pour Madame d'Houdetot belle-soeur de Madame d'Épinay. Il publie pour elle "Lettre à Sophie". Il subit alors les reproches des Encyclopédistes et la jalousie de Madame d'Épinay.  

1770: ROUSSEAU revient à Paris et instruit le procès de ses détracteurs, ses anciens amis. Ses lectures des Confessions, dans les salons parisiens, choquent au point que Madame d'Épinay qui redoutait que Les Confessions ne révèlent l'existence de partenaires multiples des divers ébats passés, s'emploie à faire interdire leur lecture publique.

1771: Le salon de Montmorency se transporte à Paris où s'ajoutèrent les ambassadeurs des États Européens.

Elle écrit alors, l'Histoire de Madame de Montbrillant, afin de parer à des attaques sur sa vie privée de la part de Rousseau. Sa rédaction porte le nom de «Contre-confessions». Elle y détaille et justifie, entre autres, pourquoi elle en est un jour venue à tromper son époux. Il s’agit de pseudo-mémoires puisque les noms sont modifiés. Grimm et DIDEROT aideront Louise d'Épinay à rédiger son livre, notamment en faisant un portrait à charge de Jean Jacques ROUSSEAU sous les traits du personnage de René. Cet ouvrage, ne paru que tronqué et qu'à titre posthume en 1818.

LES AUTRES SALONS

MADAME D'HOLBACH où selon L'ABBET MORELLET "la conversation la plus libre, la plus animée et la plus instructive qui fut jamais" pouvait être entendue. Elle reçoit tous les Encyclopédistes, Rousseau compris. Le philosophe Maître des lieux est Diderot puis son mari, le baron d'Holbach.

MADAME LA DUCHESSE DE BRANCAS qui entretenait une troupe de théâtre dans son hôtel et tenait un salon fréquenté par MONTESQUIEU.

Deux salons tenus par deux épouses de financiers:

MADAME NECKER qui bien que catholique pratiquante originaire de Genève, recevait tous ses amis athées de l'encyclopédie. Le Maître des lieux était BUFFON.

MADAME HELVETIUS dont le philosophe maître des lieux était son mari.

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