BIOGRAPHIE DE MERIMEE

"Mérimée (1803-1870) dont la postérité a pâti de son amitié avec la famille de l'impératrice Eugénie est le premier sauveur du patrimoine"
Frédéric Fabre

LES LIVRES GRATUITS DE PROSPER MÉRIMÉE

Le 28 septembre 1803, Prosper Mérimée naît à Paris.

Son père Léonor Mérimée, peintre et chimiste est professeur de dessin à l'Ecole Polytechnique. C'est un peintre reconnu, grand spécialiste des écoles flamande et italienne.

La mère de Prosper, Anne-Louise Moreau, de presque 20 ans moins âgée que son mari, descend de Marie Leprince de Beaumont, la conteuse qui immortalisa La Belle et la Bête.

1807: Son père est nommé secrétaire de l'École des Beaux-Arts.

1811: Le jeune Prosper Mérimée suit ses études au lycée Napoléon (Henri IV).

1820: Mérimée commence une tragédie (Cromwell) dont il fait une lecture chez son ami Viollet-Le-Duc. L'œuvre est perdue.

1822: Il aimerait devenir écrivain, mais souffre de 2 handicaps : il n'a ni nom, ni fortune. De plus, ses positions libérales et religieuses ne lui facilitent pas la tâche. Il a du mal à intégrer les milieux de la Cour et du faubourg Saint-Germain. Il parvient à force de patience à faire son entrée dans la vie mondaine et fréquente les salons parisiens. Il fréquente bientôt Musset et Hugo. Il rencontre Stendhal (Henri Beyle), de 20 ans son aîné, qui devient l'un de ses amis.

1823: Il obtient sa licence en Droit.

1825: Mérimée écrit Les Espagnols en Danemark, le ciel et l'enfer et une femme est un diable. Passionné par le théâtre espagnol, il publie une série d'articles anonymes dans le Globe. Puis il conçoit l'idée d'une mystification: il "crée" une comédie espagnole, Clara Gazul, dont un imaginaire M. Joseph Lestrange vient de traduire les œuvres. Il lit ou fait lire chez Delécluze, six pièces qui seront publiées sous le titre, Théâtre de Clara Gazul. Il y dévoile un esprit brillant, à la fois fantaisiste et humoristique. Plusieurs revues tombent dans le piège, cependant Le Globe révèle la mystification

1826: Mérimée mène une vie de dandy et effectue trois voyages en Angleterre. Le reste du temps, il fréquente les cercles littéraires parisiens.

1827: Mérimée rencontre Émilie Lacoste qui deviendra sa maîtresse. Il persévère dans la supercherie. Il publie La Guzla (anagramme de Gazul), présenté comme un recueil de chants populaires, qui auraient été écrits par un certain Hyacinthe Maglanovitch (comme pour le Théâtre de Clara Gazul, c'est Mérimée qui en est l'auteur) L'ouvrage ne se vend pas.

1828: Mérimée est blessé en duel par le mari de sa maîtresse Émilie Lacoste. Il se laisse atteindre de trois balles. Sa relation sentimentale avec elle durera jusqu'en 1832. Il commence la publication de La Jacquerie, scène féodale.

1829: Il publie La Chronique du règne de Charles IX un brillant tableau des guerres de religion du XVI ème siècle, Le Carrosse du Saint-Sacrement, Tamango, Mateo Falcone, Vision de Charles XI, L'Enlèvement de la redoute, Federigo, L'Occasion, La Perle de Tolède.

Mérimée fréquente le Cénacle sous la direction de Victor Hugo. Ce sont les années de création intense.

1830:  Premier voyage en Espagne: il rencontre avec don Cipriano Gusman Palafox y Portocarrero, futur comte de Montijo le père de la future épouse de l'empereur Napoléon III, Eugénie. C'est le début de son amitié avec la mère et la famille de la future impératrice qui n'a alors que quatre ans.

Sa pièce, Le Carrosse du Saint-Sacrement, est jouée par l'actrice Augustine Brohan, dont Mérimée est amoureux. La pièce cause un véritable scandale en raison de ses positions antireligieuses.

Mérimée publie Le Vase Étrusque, Les Mécontents et la Partie de Trictrac.

1831-1833: A son retour, les Bourbons étaient chassés de France et il devient, grâce à la protection de la famille de Broglie, chef de cabinet du comte d'Argout au ministère de la marine, puis au commerce et enfin à l'intérieur.

1831: Il fait Service militaire, dans la garde nationale. Nommé chevalier de la Légion d'honneur, il publie ses deux premières Lettres d'Espagne.

1832: Il est chargé de la surveillance de la mise en œuvre des mesures prophylactiques prises pour lutter contre l'épidémie de choléra. Il est ensuite nommé maître des requêtes au Conseil d'État. Il rencontre à Boulogne sur mer Jenny Dacquin avec qui il entretient une longue correspondance publiée sous le titre de Lettres à une inconnue.

1833: Il publie Mosaïque et La Double méprise. Mérimée a une liaison éphémère avec George Sand.

1834: Nommé inspecteur général des Monuments historiques en remplacement de L.Vitet, il eut pour jeune adjoint Viollet le Duc. Il voyage dans le Midi de la France. Sa passion pour l'archéologie et son goût des voyages peuvent ainsi s'épanouir pleinement.

Il publie les Ames du Purgatoire

1835: Il publie Notes de voyage dans le Midi de la France qui seront le point de départ de La Venus d'Ille qu'il publiera 2 ans plus tard. Il devient membre de la Société des antiquaires de l'Ouest.

1836: Il voyage en Alsace et en Allemagne. Il publie Notes d'un voyage dans l'Ouest de la France. Le père de Mérimée meurt. Début de la liaison entre Mérimée et Madame Delessert.

1837: Il publie La Vénus d'Ille et Essai sur l'architecture religieuse au Moyen Age. Voyage en Auvergne. Mérimée est le secrétaire de la Commission des Monuments historiques jusqu'en 1839.

1838: Il fait une tournées d'inspection dans l'Ouest et le Sud Ouest. Il publie Notes d'un voyage en Auvergne.

1839: Il écrit "Le Salon de 1839" (non signé) dans la Revue des Deux Mondes. Il voyage d'abord en Corse. Mérimée devient vice-président de la Commission des Monuments historiques, fonction qu'il conservera jusqu'à sa mort.

1840: Il voyage en Italie avec Stendhal. Mérimée publie ses notes d'un voyage en Corse qui lui inspirent Colomba. Cette nouvelle, l'un de ses chefs d'œuvre parait en juillet dans La revue des Deux Mondes. Il fait paraître la première liste de monuments "classés". Il voyage en Espagne.

1841: Il fait une tournée d'inspection en Normandie, en Bretagne, et dans la Creuse où il signale les tapisseries dites de la Dame à la Licorne. Il publie Essai sur la guerre sociale. Il voyage en Grèce et en Asie mineure.

1842: Il fait une tournée d'inspection dans le Midi de la France. Il publie L'architecture militaire au Moyen Age; Instructions du Comité des arts et monuments. Il publie un article sur les monuments helléniques dans la Revue générale d'architecture et des travaux publics. Membre du Conseil des Bâtiments civils, il propose dans un rapport une procédure de classement selon "le mérite sous le rapport de l'art, la situation matérielle, les ressources des localités".

1843: Il est rapporteur de la Commission pour la restauration de Notre - Dame de Paris. Il fait une tournée d'inspection en Bourgogne, Champagne et dans le Jura, en partie en compagnie de Viollet-le-Duc. Élu membre libre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, il publie un article sur le Palais de Justice et la Sainte-Chapelle dans la Revue des Beaux-Arts.

1844: Il est élu à l'Académie française avec Sainte-Beuve. Il fait une tournée d'inspection dans le Sud - Ouest, Berry, Charente, Touraine, à nouveau avec Viollet-le-Duc. Mérimée publie Arsène Guillot, une nouvelle dans La revue des Deux Mondes et Conjuration de Catilina.

1845: Il fait une tournée d'inspection en Dordogne, Languedoc et Provence. Il voyage en Espagne. Il écrit une notice sur les peintures de Saint-Savin et demande aux Chambres un crédit extraordinaire pour la restauration des monuments. Il publie Carmen. Cette nouvelle ne connaît qu'un faible succès, elle doit beaucoup sa gloire à Bizet qui écrit son opéra en 1875. Il apprend le russe.

6 juillet: Il fait son discours de réception à l'Académie française avec l'éloge de Charles Nodier. 

1846: Il fait une tournée d'inspection à Laon, Lyon et en Provence. Il voyage en Allemagne et séjourne à Barcelone. Il publie L'abbé Aubain et Il Viccolo di Madama Lucrezia.

1847: Il écrit le rapport sur la restauration des vitraux de la Sainte-Chapelle. Il fait une tournée d'inspection en Picardie et en Normandie.

1848: Le gouvernement provisoire charge Mérimée et Léon de Laborde de veiller sur les objets d'art des Tuileries. "De l'enseignement des Beaux-arts" paraît dans la Revue des Deux Mondes. Il fait une tournée en Alsace et écrit le rapport sur le classement des résidences royales parmi les monuments historiques. Il publie Don Pèdre 1er, roi de Castille. Garde national, il assiste aux journées de juin.

1849: Il fait une tournée d'inspection en Touraine, Poitou, Charente et Périgord. Il est l'un des premiers à s'intéresser à la littérature russe. La revue des Deux Mondes publie La dame de Pique qu'il a adapté de l'auteur russe Pouchkine. Il publie H.B, en l'honneur de son ami Stendhal (Henri Beyle), mort en 1842.

1850: Il voyage en Angleterre. Lors de sa tournée d'inspection en Auvergne, Provence et Languedoc, il découvre la peinture murale des Arts Libéraux du Puy. Il publie Les Deux Héritages ou Don Quichotte.

Le 14 mai: Il laisse jouer à la Comédie-Française le Carrosse du Saint-Sacrement, par Augustin Broham, et on le siffle outrageusement.

1851: Il publie "De la peinture murale dans l'architecture moderne" dans la Revue générale de l'architecture et des travaux publics. Il séjourne à Londres pour visiter l'Exposition universelle de l'industrie. Il voyage en Belgique et aux Pays-Bas. Il est nommé membre de la Commission chargée de l'inventaire de Charles V et de Charles VI.

1852: Promu officier de la Légion d'Honneur, il est aussi nommé membre de la Commission du musée des souverains. Il fait une tournée dans le Midi. Sa mère avec qui, il vivait, meurt.

Dans le numéro de la Revue des Deux Mondes du 15 avril, il défend son ami l'Italien Libri, un bibliothécaire indélicat, mari d'une de ses anciennes maîtresses, accusé de vols de volumes précieux. Il est poursuivi pour injures à la magistrature et il est condamné à quinze jours de prison et à 1000 Francs d'amende. Il est écroué dès le 4 juillet à la Conciergerie.

Il publie Les faux Démétrius Épisodes de l'histoire de Russie daté de 1853.

1853: "Des monuments de la France" puis "Le salon de 1853" paraissent dans Le Moniteur universel. Mérimée est nommé sénateur à vie. Élu membre de la Society of Antiquaries de Londres et membre du jury national d'architecture, il devient un familier de Napoléon III et de son épouse Eugènie de Montijo. Il devient l'une des cibles des opposants à l'Empereur. Hugo, de retour d'exil, s'exclamera : "Le paysage était plat comme Mérimée." Il voyage en Espagne.

1854: Il publie "Le retable de Bâle" dans le Moniteur universel. Il fait un Discours à la Société des antiquaires de Normandie. Il voyage en Suisse, Allemagne, Bohême et Autriche. Il subit une rupture avec Madame Delessert. Il publie une comédie: Les deux héritages suivie de scènes historiques.

1855: Membre du jury de l'Exposition universelle pour la section architecture, il fait un compte rendu dans Le Moniteur universel, du Dictionnaire raisonné de l'architecture de Viollet-le-Duc. Dans les Mélanges historiques et littéraires, il écrit un article "Alexandre du Sommerard" et rédige une introduction à la Correspondance de Stendhal. Il publie Marino Vreto, contes de la Grèce moderne. 

1856-1858: Il voyage en Angleterre, Écosse, Suisse, Tyrol, Bavière et Italie. A partir de 1857 et jusqu'à sa mort, il séjourne en hiver à Cannes, pour remédier à ses difficultés respiratoires. Il traduit le coup de Pistolet de Pouchkine.

1858: Mérimée fait faire à Napoléon III et à l'impératrice sa fameuse dictée. Ils font respectivement 54 et 90 fautes.

1859: Il voyage en Espagne.

1860: Il est promu commandeur de la Légion d'Honneur. L'architecte Émile Boeswillwald (1815-1896) le remplace comme inspecteur général des Monuments historiques.

1861: Il fait un Discours au Sénat sur les "Encouragements à donner aux Beaux-Arts". Il est membre de la commission préparant le senatus - consulte sur les moyens d'enrayer la crise monétaire. Il publie Révolte de Stenka Razine.

1861-1869: Il voyage en Angleterre. Il étudie et traduit des auteurs russes.

1862: Il fait un rapport sur les applications de l'art à l'industrie. Mérimée sert de nègre à Napoléon III pour la rédaction d'une Histoire de Jules César. Il achète une maison à Cannes pour tenter de soigner une grave bronchite chronique.

1863: Il publie Bogdan Chmielnicki. Il se partage entre l'Angleterre, Cannes, Paris et Biarritz. Il refuse le Ministère de l'Instruction publique. Il rédige la préface de Pères et Enfants de son ami Tourgueniev.

1864: Il voyage en Espagne et publie Procès du tsarévitch Alexis

1865: Le deuxième volume de l'Histoire de Jules César de Napoléon III parait. Il publie les cosaques d'autrefois. Il rencontre Bismarck le 18 septembre.

1866: Promu grand officier de la Légion d'honneur, le conteur qui s'est tu en 1846, rompt son silence de vingt ans avec La Chambre bleue, une nouvelle dédiée à l'Impératrice. Il lit la Chambre bleue et Lokis à Madame Delessert. 

1867: Il publie Jeunesse de Pierre le Grand.

1868: Il participe pour la dernière fois, à la Commission des Monuments historiques.

1869: Il fait paraître Lokis, sa dernière nouvelle, sous le titre Le manuscrit du professeur Wittenbach dans La Revue des Deux Mondes. La mort de Mérimée est annoncée par erreur dans Le Figaro du 10 mars. Son l'asthme le fait terriblement souffrir.

1870: Il publie Djoûmane. Mérimée reste très attaché au régime impérial. Il essaie en vain de s'opposer à sa chute en août 1870. Il est profondément affecté par la déroute de la France dans la guerre franco-prussienne et par la défaite de Sedan.

le 23 septembre, il meurt à Cannes. Il est enterré au cimetière anglais de Cannes.

Le 23 mai 1871: Incendie, pendant la Commune de Paris, de l'appartement, 52 rue de Lille à Paris où il s'était installé après le décès de sa mère, propriété de son cousin Léonor Fresnel: ses livres et ses papiers sont détruits!

1873:  Sont publiés à titre posthume Dernières Nouvelles et lettres à une Inconnue.

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CITATIONS DE PROSPER MERIMEE

Souviens-toi de te méfier.

Ni les hommes d'État ni les acteurs ne se retirent à temps.

En close bouche, n'entre point de mouche.

Au milieu d'un combat, les sensations d'horreur et de tristesse sont de courte durée : l'instinct de sa propre conservation parle trop fortement à l'esprit du soldant pour qu'il soit longtemps sensible aux misères des autres.

Un baiser est un argument assez bon, et qui sert de réponse à toutes les questions qu'un amant peut atteindre de sa maîtresse.

Il ne faut jamais faire que les sottises qui vous plaisent.

Qu'importe que l'on vive plus vite, pourvu que l'on soit heureux !

Les lois ne font pas les nations, elles sont l'expression de leur caractère.

C'est Louis XI, qui a dit: «Diviser pour régner.»

Tout gros mensonge a besoin d'un détail bien circonstancié moyennant quoi il passe.

LES HISTORIENS ARRIVENT A TIRER PLUSIEURS VOLUMES D'UN PERSONNAGE DONT ON NE SAIT PAS GRAND-CHOSE.
C'EST UNE MANIERE DE CONTEMPLER L'UNIVERS DANS UNE BULLE DE SAVON

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