GEORGES OHNET

" Depuis dix ans, je suis l'écrivain le plus décrié qu'il y ait dans les lettres" (Lettre de Georges Ohnet à François Coppée)

"Georges Ohnet (1848-1918) est le Bernard Werber du dix neuvième siècle, adoré par les électeurs mais détesté par la profession"
Frédéric Fabre

LA BIOGRAPHIE DE GEORGES OHNET

Né le 3 avril 1848 à Paris, après des études de droit, il démarre sa vie professionnelle comme journaliste et se fit connaître dans le monde des lettres.

Après la guerre de 1870, il devient chroniqueur au Pays et au Constitutionnel. Ses premières œuvres littéraires sont des pièces de théâtre : Regina Sarpi écrite en collaboration avec Denayrouze en 1875, puis Marthe en 1877 sont jouées sur les planches du Gymnase. Ces deux pièces n'eurent pas de réel succès.

Il se consacrera à partir de 1881 à une série de romans intitulée Les Batailles de la vie qu’il publie d’abord en feuilleton dans Le Figaro, L’Illustration et La Revue des deux mondes. Les publications en volume sont assurées par Paul Ollendorff qui publiera aussi Jaurès et les Claudine de Colette .

Parmi ces romans, les plus connus restent "Serge Panine" (1881), "La Grande Marnière", "La Comtesse Sarah" et le très célèbre "Le Maître de forges" publié chez Paul Ollendorff en 1882 avec les illustrations de Sahib. Il connait un très grand succès et les tirages de ses romans sont extrêmement importants et bien supérieurs à ceux de Daudet et de Zola, au point d'attirer la jalousie de l'ensemble de la profession.

Georges Ohnet devient une vedette instantanée dans le monde littéraire alors essentiellement dominé par les écrivains naturalistes. Selon Auguste Vitu en 1883 «tout le monde a lu Le Maître de forges» et l’article sur Le Docteur Rameau paru dans Le Radical le 10 février 1889, c’est « par piles, par monceaux que les exemplaires du roman s’entassent à la devanture des libraires ».

Les œuvres de Georges Ohnet seront traduites partout à travers le monde dont notamment en Angleterre, au Portugal, en Italie, en Allemagne et aux États-Unis.

Son œuvre est marquée par une opposition dans la forme et le choix des thèmes avec le mouvement littéraire du naturalisme. Il est un historiographe de la bourgeoisie française du XIXe siècle. Ainsi, Le Maître de Forges est une histoire sentimentale se déroulant dans un cadre bourgeois, utilisant les recettes du feuilleton.

Avec l’adaptation de Serge Panine en 1882 Georges Ohnet connait la gloire au théâtre. À partir de cette année, les romans des Batailles de la vie seront autant connus des lecteurs que des spectateurs. Le Maître de forges est adapté et joué au Gymnase en 1883. Avec plus de 271 représentations en quelques mois, cette pièce profite d'une célébrité éclatante : « un immense succès d’intérêt, d’émotions et de larmes », constate Le Figaro le lendemain de la première. Succès qui dépassera même les frontières de la France puisque la pièce sera jouée à St-Pétersbourg et à Londres. En 1887, Ohnet tirera un drame de La Comtesse Sarah, en 1888 de La Grande Marnière, tandis que Dernier amour sera adapté pour la scène en 1890.

En plus de ces nombreuses adaptations, Ohnet écrira pour le théâtre des pièces originales. Le Colonel Roquebrune sera joué à la Porte Saint-Martin le 24 décembre 1896 et le drame historique Les Rouges et les Blancs sera présenté le 26 janvier 1901 sur la scène du même théâtre.

Le célèbre romancier décède à Paris le 5 mai 1918.

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LA GRANDE MARNIERE

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LA CRITIQUE L'EREINTE

Si Georges Ohnet connait un grand succès auprès de ses lecteurs, il n’a pas la même popularité auprès de ses contemporains. Contrairement aux écrivains naturalistes qui choisissent de décrire les classes "laborieuses" et des bourgeois occupés à servir leur propres intérêts, il met en scène les luttes de la classe bourgeoise et des chefs d'entreprise au grand cœur.

Il annonce l'idéalisme dans le roman puisque ses œuvres sont teintées d’un idéalisme moral qui sera souvent la cible d’attaques virulentes de la part des critiques de l’époque.

En 1885, Jules Lemaître alors feuilletoniste pour la Revue bleue, écrit dans son recueil de critiques Les Contemporains:

"Après cela, que Monsieur Ohnet compose assez bien ses récits, qu'il en dispose habilement les différentes parties et que les principales scènes y soient bien en vue, cela nous devient presque égal. Que ces romans, débarrassés des interminables et plats développement qui les encombrent et transportés à la scène, y fassent meilleure figure ; que la vulgarité en devienne moins choquante; que l'ordre et le mouvement en deviennent plus appréciables, (–) je n'ai pas pas en m'en occuper ici : les quelques qualités de ces romans, étant purement scéniques, échappent à la lecture. On y trouve, en revanche, l'élégance des chromolithographies, la noblesse des sujets de pendule, les effets de cuisse des cabotins, l'optimisme des nigauds, le sentimentalisme des romances, la distinction comme la conçoivent les filles de concierge, la haute vie comme la rêve Emma Bovary, le beau style comme le comprend Monsieur Hornais. C'est du Feuillet sans grâce ni délicatesse, du Cherbuliez sans esprit ni philosophie, du Theuriet sans poésie ni franchise : de la triple essence de banalité."

Jules Lemaître décrit les personnages des romans d'Ohnet :

"Voici le jeune premier, le roturier génial et héroïque... C'est l'idéal du héros bourgeois, c’est-à-dire l'ancien héros romantique pourvu de diplômes, muni de mathématiques et de chimie..., un paladin ingénieur, un Amadis des ponts et chaussées, l'archange de la démocratie laborieuse!"

Léon Bloy fera dire au narrateur du désespéré :

"Et d'abord, le plus glorieux de tous ces élus, le Jupiter tonnant de l'imbécillité française, Georges Ohnet, le squatine bossu millionnaire, dont la prose soumise opère une succion de cent mille écus par an sur l'obscène pulpe du bourgeois contempteur de l'art."

Adolphe Brisson critique la langue « grossoyée et dépourvue de délicatesse » de ses romans dans Pointes sèches, Paris, Colin, 1898.

Anatole France écrit dans La Vie littéraire, Paris, Calmann-Lévy, 1888 : Georges Ohnet est un «écrivain médiocre et snob »

Enfin, dans un article publié dans le Gil Blas le 20 mai 1884, le journaliste Fernand Xau accuse Ohnet d’avoir tiré des parties entières de son Maître de Forges d’un roman suédois publié en 1846 par Émilie Carlen, Deux jeunes filles ou un an de mariage. Accusation de plagiat à laquelle le romancier nie toute authenticité : "La vérité écrit-il en réponse à Xau dans une lettre publiée dans Le Figaro le 21 mai 1884, est qu’il y a deux jours j’ignorais l’existence même du roman de Madame Carlen. Et à l’heure présente, je ne l’ai pas encore lu".

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RESUME DU MAÎTRE DE FORGES

Claire de Beaulieu, jeune, belle et fière aristocrate mais ruinée est fiancée à son cousin, le Duc de Bligny. Ce dernier, lui-même sans le sou et apprenant la ruine de sa fiancée, demande finalement la main d'Athénaïs Moulinet, riche héritière bourgeoise, jalouse de Claire depuis l'enfance et qui voit là l'occasion d'assouvir définitivement sa soif de vengeance après avoir fait acheter par son père, le château voisin de la famille Beaulieu.

Claire, profondément meurtrie et blessée par cet abandon, accepte les avances, puis la demande en mariage de son voisin, Philippe Derblay, un bourgeois extrêmement riche et maître de forges à Pont-Avesnes, village imaginaire situé aux alentours de Besançon.

Philippe est éperdument amoureux de Claire mais cette dernière, en acceptant ce mariage uniquement par dépit, fera ainsi son malheur et celui du maître de forges. Par la suite, revenue à de meilleurs sentiments envers son mari, elle cherchera à raccommoder ce qu'elle a elle-même brisé.

LIENS EXTERNES

http://www.bretagne-racines.ac-rennes.fr/p560063P/accueil.htm

 

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