PARANTHROPE

Paranthropus est un genre éteint d'hominidé ayant vécu en Afrique entre environ 2,7 et 1 million d'années. Il regroupe trois espèces voisines, parfois qualifiées d'« Australopithèques robustes ».

Les Paranthropes avaient un volume cérébral compris entre 420 et 600 cm³ soit environ 40 % de celui d'un homme actuel. Les différentes espèces de Paranthropes avaient une taille voisinant 1,30 à 1,50 m et possédaient une forte musculature. Paranthropus vivait probablement dans des secteurs boisés plutôt que dans des milieux ouverts comme Australopithecus. Il a plutôt de grandes dents avant. Il avait un visage assez plat. Il n'y a pas de preuve irréfutable de la production d'industrie lithique par les Paranthropes.

EST CE BIEN UN GENRE PARTICULIER ?

Le débat n'est pas encore tranché dans la communauté scientifique sur la pertinence du genre Paranthropus. Il y a encore une dizaine d'années, les trois espèces rattachées à ce genre étaient incluses dans le genre Australopithecus par la plupart des auteurs.

Il existe des différences significatives entre Paranthropes et Australopithèques au niveau du crâne, les restes post-crâniens demeurant relativement similaires. Chez les Paranthropes, le dimorphisme sexuel est très marqué et les mâles présentent au sommet du crâne une crête sagittale analogue à celle des gorilles, permettant l'insertion de puissants muscles actionnant les mandibules. Le contraste entre Paranthropus et Homo est très marqué, et il est évident que le premier ne s'inscrit pas dans l'ascendance du second.

BLACK SKULL

PARANTHROPUS AETHIOPICUS

De 2,7 à 2,3 MILLIONS D'ANNEES

Paranthropus aethiopicus est découvert en 1967, à Shungura, dans le sud-ouest de l'Éthiopie à l'ouest de la rivière Omo par Camille Arambourg et Yves Coppens. Il a été retrouvé dans des niveaux datés d'environ 2,6 millions d'années.

La découverte de cette mandibule conduisit tout de suite à la création d'une nouvelle espèce : Paraustralopitecus aethiopicus. En effet, la mandibule présente des dents de forte taille qui la classent parmi les formes robustes mais l'arcade dentaire est en forme de V, ce qui justifia pour les auteurs, cette création.

L'appellation «aethiopicus» reste peu usitée. Beaucoup de chercheurs, notamment anglo-saxons, ignoraient même l'existence et la découverte de cette nouvelle espèce jusqu'à la mise au jour, en 1985, d'un crâne très bien conservé, dans des sédiments de la formation de Nachukui, à l'ouest du lac Turkana, datés d'environ 2,5 millions d'années.

Le crâne répertorié sous le code KNM-WT 17000, est surnommé le «Black Skull», en raison de sa coloration noire, due à la richesse en dioxyde de manganèse du sédiment duquel il est issu. Il représente le paratype le plus complet de l'ensemble des restes et par conséquent, la plupart des observations y furent effectuées .

Autre fossiles:

Omo 338y-6, calvarium d'un enfant de 10 ans, sans os frontal et sans face, qui montre des superstructures osseuses appelées crêtes, très développées pour son âge. Cet os est daté de 2,39 millions d'années.

L55s-33, fragment antérieur de mandibule, avec la couronne d'une prémolaire présente, provenant du niveau 6 des dépôts de l'Omo.

MORPHOLOGIE

Il s'agit d'un hominidé bipède mesurant 1,50 m à 1,60 m, avec une boîte crânienne petite, basse et allongée, de capacité légèrement inférieure à celle des autres Paranthropes, de 410 cm3.

Tout le monde s'accorde pour considérer que le « Black Skull » comporte à la fois des caractères proches de Australopithecus afarensis et des caractères proches des formes robustes qu'il présente. La forme de la face est celle des Paranthropes et l'arrière du crâne ressemble à celui d'Australopithecus afarensis :

il présente une crête sagittale plus marquée encore que celle des autres espèces du genre Paranthropus, liée à la présence de muscles masticateurs très développés, une face plate et large due à des arcades zygomatiques larges et avancées pour permettre le passage des puissants muscles masticateurs, un palais large et épais, des dents de grande taille comme les autres Paranthropes.

Cependant son prognathisme facial très prononcé, son trou occipital postérieur, le fort développement des muscles nucaux attachés verticalement à l'occipital le rapprochent de Australopithecus afarensis.

LA CONTROVERSE

Bien qu'originellement classé dans le genre Paranthropus créé par Robert Broom en 1938, certains spécialistes considèrent qu'il doit être classé dans le genre Australopithecus créé par Raymond Dart en 1924.

Le débat au sein de la communauté scientifique n'est pas encore tranché. La morphologie de Paranthropus aethiopicus, intermédiaire entre Australopithecus afarensis et les formes robustes d'australopithécinés, est à l'origine des incertitudes quant à sa position taxinomique.

Par conséquent, certains auteurs le rattachent au genre Australopithecus et le nomment Australopithecus aethiopicus.

Au-delà de ce débat, la coexistence de caractères robustes et graciles sur ce fossile est à l'origine d'une remise en question de la validité du genre Paranthropus. Certains considèrent en effet que le groupe des Paranthropes est polyphylétique donc artificiel. D'autres interprètent ce mélange de caractères comme l'expression d'une forme ancestrale des Paranthropes, qui serait issue des formes graciles. Le groupe serait donc monophylétique et ce mélange de caractères devient alors preuve de la validité du genre Paranthropus.

LIENS EXTERNES

UNE INFO EN LANGUE ANGLAISE: https://www.msu.edu/~heslipst/contents/ANP440/aethiopicus.htm

PARANTHROPUS BOSEI

De 2,4 à 1,2 MILLIONS D'ANNEES

Paranthropus boisei est un hominidé fossile qui a vécu en Afrique orientale pendant le Pliocène et le Pléistocène inférieur. Il a d’abord été appelé Zinjanthropus boisei puis Australopithecus boisei. Aujourd'hui, il est souvent inclus dans le genre Paranthropus, dont il est le plus grand représentant. Toutefois, le débat concernant sa position phylogénétique n’est pas encore clos.

Le volume cérébral frappe par sa petitesse : environ 500 à 550 cm ³, à peine plus grand que celui d’Australopithecus afarensis et d’Australopithecus africanus. Il a une face très plate et un crâne nettement spécialisé pour une mastication puissante. Plusieurs de ses traits se rencontrent chez les gorilles modernes, notamment la présence d'une crête sagittale au sommet du crâne chez les mâles. Les mâles pesaient 55 kg et leur taille debout était de 1,50 m, tandis que les femelles pesaient 30 kg et ne mesuraient que 1,20 m de haut. Il s'agit de l'un des plus importants dimorphismes sexuels connus chez les hominidés.

La denture et surtout les molaires et les prémolaires, était bâtie pour mâcher une nourriture coriace comme des tubercules déterrés, des noix et probablement des feuilles dans les prairies. Les molaires sont environ 4 fois plus grandes que celles des hommes modernes.

Paranthropus boisei habitait les prairies sèches de savane et les territoires boisés.

En 1993, A. Amzaye a trouvé des fossiles de Paranthropus boisei à Kronso en Éthiopie. Le morceau de crâne s’appelle KGA10-525 et son âge est estimé à 1,4 million d'années. C'est le plus grand spécimen de crâne de Paranthropus boisei jamais découvert. C’est le seul reste de l'espèce trouvé en Éthiopie. Tous les autres l’ont été dans d'autres parties de l'Afrique orientale. Le spécimen le plus vieux de Paranthropus boisei en registré sous le numéro L. 74a-21 a été trouvé à Omo en Éthiopie et il date de 2,3 millions d'années tandis que les spécimens les plus récents de la gorge d'Olduvai ont 1,2 million d'années.

PARANTHROPUS ROBUSTUS

De 2 à 1 MILLION D'ANNEES

Le 8 juin 1938, lors d’une visite à Sterkfontein, le contremaître Barlow remet à Robert Broom un fragment de maxillaire portant la première molaire. Broom remarque alors que la gangue de ce spécimen est différente de celle des fossiles de Stekfontein et Barlow dut admettre que ce fragment osseux lui avait été remis par un écolier, Gert Terblanche. Celui-ci conduit Broom à la grotte de Kromdraai, pour rechercher les restes du maxillaire qui présentait des cassures fraîches. Robert Broom découvre une partie du crâne et de la mandibule (TM 1517). Il lui attribue un nouveau genre, Paranthropus, et une nouvelle espèce, robustus, soulignant ainsi la grande taille et la massivité de ces fossiles.

Il publie ses découvertes dans Nature n°142 en 1938. Dix ans plus tard, en 1948, Robert Broom, dont la photo ci dessous et John T. Robinson mènent des fouilles à Swartkrans et découvrent une mandibule d’adolescent SK6. De très nombreuses découvertes seront effectuées par la suite, parmi lesquelles SK48, très bien conservé, et SK46. Grâce à la découverte simultanée du crâne quasi complet d'une femelle et d'une mâchoire mâle, il est maintenant possible de comparer les deux sexes. Les deux crânes ont été découverts à Drimolen, en Afrique du Sud en 1994, à quelques centimètres de distance ( bien que rien ne permette d'affirmer qu'ils ont vécu exactement à la même époque ). Les restes de la femelle seraient les plus complets jamais retrouvés pour son espèce et peut-être même pour n'importe quel hominidé de cette époque. Les fossiles, âgés de 1,5 à 2 millions d'années, ont été surnommés Orphée et Eurydice, du nom de deux amants de la mythologie grecque. On ignorait auparavant les détails de la morphologie féminine. La mâchoire du mâle est plus puissante et on sait aussi, par d'autres fossiles, que cette mâchoire était rattachée à une crête sagittale sur le sommet du crâne. Cette crête n'existe pas chez la femelle, dont la tête est par ailleurs plus petite. Les gorilles modernes présentent des caractéristiques comparables.

Paranthropus robustus est le dernier représentant des paranthropes. Il a vécu en même temps et aux mêmes endroits que certains représentants des genres Australopithecus et Homo, ce qui illustre le caractère buissonnant de la lignée humaine

MORPHOLOGIE

Le volume cérébral de 450 à 500 cc, a un développement de lobes pariétaux. Le front est limité à un trigone. Le bourrelet sus orbital est peu saillant au dessus des orbites, mais la constriction post orbitaire est très marquée.

Une crête sagittale est surtout développée chez les mâles. Une crête temporo-nucale est présente.

Le prognathisme est réduit, avec une face en coupelle et une ouverture nasale dans une dépression. L'Arcade zygomatique est très large, très robuste, très haute avec des muscles masticateurs puissants.

Les incisives et les canines sont réduites. Les molaires et prémolaires sont très robustes, avec émail extrêmement épais et racines développées.

La position du trou occipital est antérieure.

Les membres supérieurs relativement plus courts que les membres inférieurs plus longs. L'Articulation de l'épaule est orientée vers le haut et le coude verrouillé en extension pour s'adapter à la vie arboricole.

Le best bassin large en forme de coupe. Les Fémurs sont obliques, avec un col long et mince et une tête développée. Le genou est capable d'extension. Le Pied est court avec un gros orteil.

La main est courte avec pouce court capable d'opposition avec les autres doigts. La première phalange est peu ou pas courbée.

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