Régine DEFORGES

"Régine Deforges (1935-2014) féministe libre et volontaire, nous fait aimer la vie, les livres et l'amour"
Frédéric Fabre

Régine Deforges est une écrivaine française, née le 15 août 1935 à Montmorillon dans la Vienne. Régine doit sa passion des livres, à sa grand-mère Lucie qui est, comme elle, "la vie, la terre, le désir".

Son père a trouvé du travail en Afrique, à Conakry (Guinée). La jeune Régine est embauchée comme caissière au Crédit lyonnais. Elle y rencontre, Pierre Spengler. Elle revient en France. Lui aussi, il l'a demande en mariage. Elle n'a pas 20 ans et décide de jouer sa réponse aux dés, au quatre-cent-vingt-et-un. Si elle perd, elle l'épouse. Elle a perdu. Elle se marie. Cette union singulière n'a pas duré très longtemps. Elle en a un fils, Franck Spengler, né le 30 janvier 1956, éditeur reconnu.

A l'ouverture du drugstore des Champs-Elysées, elle est embauchée comme libraire, en pleine guerre d'Algérie. Malgré le fait qu'elle décrit  son « ignorance en matière politique » , les cris de haine de l'Organisation armée secrète (OAS) et la lecture de La Question, d'Henri Alleg (Editions de Minuit, 1958), lui forge une conviction de gauche.

Armée d’un appétit littéraire sans borne, elle frappe aux portes des grands éditeurs. Jean-Jacques Pauvert lui fera même confiance en l’engageant comme représentante puis comme assistante de sa librairie parisienne. Ils seront amants. Elle en aura une fille Camille.

D'un ton très libre, voire libertin, ses romans sont souvent des plaidoyers féministes défendant le droit des femmes à s'assumer seules, jusque et y compris dans leur sexualité, qui peut être le lesbianisme. Elle situe l'action de plusieurs de ses romans dans la campagne proche de Montmorillon, et sur les rives de la Gartempe.

Libraire, n'hésitant pas à diffuser des œuvres libertines, Régine crée sa propre maison d’édition : L’Or du temps. Elle est alors la première femme éditeur française. Le premier livre qu’elle publie, Irène, attribué à Louis Aragon, est saisi quarante huit heures après sa mise en vente. Dès cet instant, Régine entame sa lutte en faveur de la liberté d’expression sous toutes ses formes et publie une centaine d’ouvrages dont la plupart font l’objet d’interdictions diverses voire, pour certains, de poursuites pour outrage aux bonnes mœurs. Quelques noms seulement parmi les auteurs que Régine à publié : Apollinaire, Gautier, Louÿs, Restif de la Bretonne, Mandiargue, Hardellet… etc. Rien n’y fait, de nombreux procès et de lourdes sanctions financières l’obligent à déposer le bilan. Elle est contraindre de vendre sa bibliothèque et publie un catalogue de ses mille livres écrits par des femmes (Les Femmes avant 1960). Son catalogue devient une référence universitaire dans le monde entier.

En 1975, Régine fait paraître O m’a dit, un recueil d’entretiens avec Pauline Réage (de son vrai nom Dominique Aury 1907-1998), l’auteur d’Histoire d’O. Ce succès lui permet de créer une seconde maison d’édition qui porte son nom et publie des rééditions de romans du XVIIIe et XIXe siècles, des romans noirs et populaires, de la poésie, une collection de romans de femmes, quelques érotiques et des pamphlets. Ces derniers lui valent de tels déboires qu’elle est à nouveau contrainte d’interrompre son activité d’éditeur en 1978.

En 1980, après un rôle de lesbienne dans le film, la banquière avec Romy Schneider, elle s'intéresse au cinéma. Elle écrit et réalise "Contes pervers" qui fut un succès commercial mais un film raté, selon son propre aveu.

En 1981 : Les Editions Ramsay lancent une collection de remakes de grandes œuvres littéraires. Régine Deforges a choisi Autant en emporte le vent. Le premier tome, La Bicyclette bleue (1981) dont l'action est placée pendant l'Occupation, annonce une trilogie, avec 101,avenue Henri-Martin (1983) et Le diable en rit encore (1985). Les héritiers de Margaret Mitchell, pensent pouvoir défendre les droits d'auteur de la trame de l'histoire du roman Autant en emporte le vent, agissent en justice en 1987, pour contrefaçon. Régine Deforges a finalement gagné, en appel, en 1993, après un long conflit.

En 1982: Elle est chargée d'une mission de deux ans, pour le compte du Ministère de la Culture. Pour ce faire, elle mène une enquête sur les rapports entre les livres pour enfants et la télévision, assortie d’un mémorandum de propositions concrètes pour le développement de la lecture.

Elle épouse le dessinateur du Nouvel Observateur Pierre Wiazemski, dit Wiaz, dont elle a trois enfants. Par ce mariage, elle devient la belle-fille de François Mauriac qu'elle admire tant.

En 1985, Après avoir écrit La Bicyclette bleue sur le bureau de François Mauriac à Malagar, elle aurait certainement aimé acquérir la propriété du grand écrivain. Mais la famille a préféré faire donation du domaine au Conseil régional d'Aquitaine pour qu'il devienne le Centre François-Mauriac de Malagar.

En 1986: Grâce à ses droits d’auteur, Régine crée sa troisième maison d’édition : les Éditions Régine-Deforges.

En 1989: Elle est élue présidente de la Société des Gens de Lettres et membre du jury du Prix Femina.

En 1990: Régine reprend, avec son fils Franck Spengler, les Éditions Ramsay, mais celui-ci est contraint de déposer le bilan en 1992, entraînant également la disparition des Éditions Régine Deforges.

En 1997: Elle tient une chronique générale à L'Humanité dont des recueils ont été publiés.

En 2006 : Elle démissionne du jury Fémina par solidarité avec Madeleine Chapsal exclue pour son jugement sur les grands prix littéraires, et spécialement sur l’attribution du prix Femina en 2005, paru dans son Journal d'hier et d’aujourd’hui. Elle y regrette que les jurys de prix littéraires récompensent des livres plus en fonction de l’éditeur ou d’amitiés avec l’auteur, que pour le contenu du livre. L'apparence de cette pratique, tue la littérature française. Régine Deforges a donc soutenu son amie.

Le 3 avril 2014, Régine Deforges meurt à l'âge de 78 ans.

BIBLIOGRAPHIE

Romans et nouvelles

Cycle La Bicyclette bleue