RIMBAUD

"Arthur Rimbaud (1854-1891) a rendu son âme monstrueuse en buvant de l'absinthe pour révolutionner la poésie à l'âge de 20 ans.
Puis homme aux semelles de vent, son âme a alors perdu sa part de chance nécessaire pour faire commerce au Yémen et en Ethiopie"
Frédéric Fabre

LA POESIE GRATUITE D'ARTHUR RIMBAUD

20 Octobre 1854 : Jean Nicolas Arthur Rimbaud naît au 12 rue Napoléon à Charleville en Ardennes et non à Charleville-Mézières car ces deux villes étaient alors autonomes. Elles n'ont  fusionnées qu'en 1966. Son père Frédéric Rimbaud est capitaine d'infanterie. Sa mère Vitalie née Cuif est fille de propriétaires ruraux. Son père et sa mère qui se sont mariés le 8 février 1853, s'entendent mal car son père dont son régiment est à Grenoble ne vient qu'au gré des permissions pour concevoir un nouvel enfant. Arthur a un frère aîné d'un an appelé Frédéric né le 2 novembre 1853.

1957 : Sa première sœur Vitalie naît le 4 juin et meurt en juillet.

1858 : Sa seconde sœur Vitalie naît le 15 juin.

1860 : Sa troisième sœur Isabelle naît le 1er juin.

1861 : Son père se rend de plus en plus rarement à Charleville et prend sa retraite rapidement. Sa mère se fait passer pour veuve et déménage pour habiter au 73 rue Bourbon, dans un quartier ouvrier de Charleville.

1862 : Rimbaud et ses frères et sœurs subissent une éducation catholique sévère car sa mère craint le mauvais exemple du père et des oncles Cuif alcooliques. Arthur entre comme externe à l'Institution Rossat, une école fréquentée par les enfants de la bourgeoisie de Charleville. Il travaille sérieusement et obtient de nombreux prix. En fin d'année, ils déménagent pour habiter un quartier bourgeois au 13 cours d’Orléans.

1863 : Il écrit une fantaisie en prose qui atteste de sa précocité.

1865 : Arthur brûle les étapes scolaires. Il passe en classe de septième après les vacances de Pâques et en sixième au collège de Charleville en Octobre. Il fait sa première communion peu après. Il rencontre Ernest Delahaye et resteront ami toute la vie.

1866 : En Octobre, Rimbaud saute la classe de cinquième et entre directement en quatrième.

1868 : Rimbaud adresse au prince impérial fils de Napoléon III, une lettre en vers latins à l'occasion de la première communion de celui-ci.

1869 : Le moniteur de L'Enseignement secondaire publie successivement trois pièces en latin de Rimbaud : Veretat, l'Ange et l'Enfant, Jugurtha. Cette dernière pièce vaut à son auteur le premier prix du Concours Académique.

1870 : En janvier, un jeune professeur de Rhétorique, Georges Izambard est nommé à Charleville. Il devient le confident de Rimbaud et lui fait lire Rabelais, Victor Hugo, Leconte de Lisle et Banville. Le premier poème en français Les Etrennes des Orphelins, est publié dans la Revue pour Tous. La mère d'Arthur Rimbaud qu'il surnomme "la Mother", "La bouche d’ombre" ou encore "La Daromphe" n'apprécie pas l'étrange tendresse qui lie son fils à son professeur.

Le 24 mai, Rimbaud écrit à Banville pour lui envoyer Sensation, Orphélie et Credo in Unam suivi plus tard de Soleil et chair dans l'espoir vain qu'une de ses pièces soient publiées au Second Parnasse Contemporain.

En juillet, apprenant la déclaration de guerre à la Prusse, il compose Morts de Quatre Vingt Douze.

29 août : Quelques jours avant la bataille de Sedan, il fait sa première fugue et du fait que les voies sont coupées pour cause de guerre, il s'enfuit vers Charleroi pour rejoindre Paris. Comme son billet n'est valable que jusque Saint Quentin, il est incarcéré à la prison de Mazas située en face de la Gare de Lyon sous l'inculpation d'espionnage au profit de la Prusse.

Cette prison dans laquelle a aussi séjourné Georges Clemenceau (1841-1929) durant 77 jours en 1862 pour avoir afficher des tracts républicains sous le second empire, sera détruite en 1898 pour ne pas montrer une prison aux visiteurs de l'Exposition  Universelle de 1900 qui arriveront à Paris par cette gare.

Izambard parvient à gagner Paris et le fait libérer quelques jours plus tard en payant sa dette et le fait recueillir par ses tantes, les demoiselles Gindre à Douai.

7 octobre : Rentré à Charleville, il fait sa seconde fugue vers la Belgique. Il espère obtenir un poste de journaliste à Charleroi.

20-30 octobre : Déçu dans ses espérances, il se rend à Bruxelles et rentre à Douai. Il recopie les 22 poèmes qu'il a déjà écrit et les confie au poète Paul Demeny, un ami de son professeur et co-directeur de la maison d'édition La Librairie Artistique. Cette pièce est connue sous le nom de "Recueil Demeny" ou "Cahier de Douai".

1er novembre : Sa mère le fait renvoyer à Charleville par la Police. Le Lycée n'est pas rouvert. Il partage son temps entre la bibliothèque de Charleville et des promenades avec son ami Delahaye.

25 novembre :  Rimbaud publie dans Le Progrès des Ardennes, un récit satirique, Le Rêve de Bismarck, sous le pseudonyme de Jean Baudry. Rimbaud y développe la symbolique d'une ville de Paris qui est la lumière de la Révolution et qui sera autrement difficile à combattre pour les Prussiens. Rimbaud prédit que Bismarck s'y brûlera le nez.

1871 : Janvier : Les allemands occupent Charleville et Mézières.

Février : Rimbaud fugue une troisième fois et rejoint Paris où il erre dans les rues sans argent. Il y rencontre Jules Vallès.

10 mars : Il repart à Paris à pied à Charleville pour reprendre ses lectures à la bibliothèque. Il lit les historiens dont Thiers et Michelet et les socialistes dont Proudhon et Louis Blanc. Selon Verlaine, il lit les contes orientaux.

18 mars : La Commune est établie à Paris. Rimbaud manifeste dans l'allégresse des sentiments communards. Il veut les rejoindre.

Avril: Rimbaud veut faire comme son professeur et s'engage dans les corps francs de la Commune mais n'étant pas majeur, il sera renvoyé malgré ses protestations. Il exprime sa passion communarde dans Chant de guerre parisien, Les Mains de Jeanne Marie, Paris se repeuple.

Mai : Rimbaud expose dans deux lettres capitales, la première le 13 mai à Izambard et la seconde le 15 mai à Demeny, ses nouvelles théories esthétiques et sa méthode de voyance par  un "long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens"  pour rendre son âme monstrueuse.  Les poètes doivent être voyants car la poésie ne doit plus chanter les évènements passés mais prévoir les évènements futurs.

10 juin : Rimbaud subit une crise d'antichristianisme. Il écrit à Demeny pour lui demander de brûler tous les vers qu'il lui a donnés en octobre 1870. Il veut les remplacer par Les Poètes de sept ans, Les Pauvres à L'Eglise et Le Cœur du Pitre. Heureusement, Demeny n'en fera rien.  

Fin août : Rimbaud rencontre Auguste Bretagne. Cet employé aux contributions indirectes de Charleville passionné de poésie, féru d'occultisme et buveur d'absinthe encourage le jeune poète à écrire à Paul Verlaine qu'il a connu à Arras. Rimbaud obéit et envoie sa poésie. Enthousiasmé, Verlaine l'invite à venir à Paris.

Mi Septembre : Rimbaud se rend à Paris voir Verlaine emportant sous le bras Le Bateau Ivre.

Octobre- Décembre : L'attitude maussade et hargneuse de Rimbaud le fait mal voir. Il est indésirable chez beaux parents de Verlaine, il loge chez Charles Gros, le dessinateur André Gill  puis chez le poète Banville qui veulent tous, se débarrasser de leur hôte inquiétant. Il assiste Verlaine aux dîners des "Vilains Bonhommes" et participe aux pastiches de "l'Album Zutique". Charles Cros a fondé le groupe des Zutiques qui se réunissent à l'hôtel des Etrangers boulevard Saint Michel.

Dans ses mémoires publiées en 2006 chez Plon et aux éditions de Fallois, Maurice Druon consacre un chapitre V humoristique à Rimbaud.

Son arrière grand oncle Charles Cros se regarde dans la glace quand il voit arriver le jeune poète derrière son dos, armé d'un couteau pour le lui planter entre les deux épaules. Il demande alors à Verlaine de le faire loger ailleurs.

Au café, Rimbaud assis avec Charles Cros et Verlaine leur demande d'étendre leur main pour une expérience. Il a un couteau et tente de leur planter dans la main. Charles Cros replie son bras très vite mais l'autre poète est plus lent et a le poigné tailladé.

A la Closerie des Lilas, Charles Cros, son frère médecin et Rimbaud déjeunent ensemble. Les deux frères Cros s'éloignent pour discuter avec des amis à une autre table. Quand ils reviennent ils constatent une effervescence dans leur verre. Le jeune poète y avait versé de l'acide sulfurique. La poésie de Rimbaud et de Verlaine est valorisée par la fée verte appelée absinthe.

Tableau de Fantin Latour : Verlaine et Rimbaud sont assis à gauche, Charles Cros est débout à gauche

1872 : Janvier : Verlaine et Rimbaud mènent ensemble une vie dissolue et hantent les cafés. Des querelles éclatent entre Verlaine et sa femme Mathilde qui reproche sa liaison avec Rimbaud et les violences conjugales.

Février : L'incident Carjat au dîner des Vilains Bonshommes est la goutte qui fait déborder le vase. Rimbaud complètement saoul y a blessé le célèbre photographe d'un coup de canne-épée. Rimbaud regagne Charleville pour laisser Verlaine se réconcilier avec sa femme. Elle a quitté Paris pour Périgueux avec son fils et menace d'une séparation de corps alors considérée comme le divorce des catholiques. Rimbaud écrit "Dernière Manière".

Mai : Rimbaud retourne à Paris près de Verlaine. Il se loge dans une chambre rue Monsieur-le-Prince puis à l'hôtel de Cluny.

7 juillet : Verlaine abandonne femme et enfant pour suivre Rimbaud en Belgique. Mathilde découvre alors à Paris les lettres que Rimbaud a adressées à son mari de février à mai. Elle part aussitôt pour Bruxelles avec sa mère pour tenter de récupérer Paul. Verlaine accepte dans un premier mouvement de rentrer à Paris mais s'esquive au dernier moment. Il abandonne sa femme dans une guerre et choisit de suivre Rimbaud.

4 septembre : Les deux amis s'embarquent à Ostende pour l'Angleterre. Ils étudient l'anglais et vivent à Londres au 34 Howland Street dans le quartier de Soho grâce à l'aide des communards exilés. Ils entrent dans une misère de plus en plus profonde.

Décembre : Verlaine est préoccupé par le procès en séparation de corps que Mathilde vient de lui intenter et de la présence des huissiers. Les deux poètes se séparent. Rimbaud retourne pour trois semaines à Charleville sur les conseils de sa mère.

1873 : Janvier : Verlaine est tombé malade. Madame Verlaine mère et Rimbaud lui rendent visite à Londres.

Avril : Verlaine et Rimbaud passent d'Angleterre en Belgique où Verlaine espère voir sa femme à Namur.

11 avril : Le jour du vendredi saint, il arrive à Roche où sa famille possède une ferme. Il rédige le Livre Païen ou Livre nègre qui deviendra Une Saison en Enfer.

24 mai : Rimbaud qui s'ennuie, accepte de revoir Verlaine à Bouillon et repart avec lui en Angleterre. Ils habitent au 8 Great College Streat dans Camden Town. Ils sont exclus du groupe des communards exilés car ils deviennent de plus en plus insupportables. Il reprennent une vie de misère et de querelles à coups de poing et de couteau.

4 juillet : Lors d'une nouvelle querelle, Verlaine espérant renouer avec sa femme, quitte Rimbaud, le laissant sans un sou à Londres et se rend à Bruxelles. La mère de Verlaine et Rimbaud le rejoignent pour l'entendre évoquer son suicide. Verlaine est ébranlé par son échec de réconciliation avec Mathilde.

10 juillet : Rimbaud veut repartir à Paris. Pour l'empêcher de partir, Verlaine tire sur lui deux coups de révolver et le blesse légèrement au poignet. Rimbaud est conduit par Verlaine et sa mère à l'hôpital Saint-Jean où il est soigné. Madame Verlaine persuade son fils de laisser partir Rimbaud mais, sur le trajet qui mène le trio à la gare du Midi, Verlaine porte la main à la poche où se trouve son revolver. Rimbaud s'affole et trouve la protection d'un agent de police. Arthur ne souhaite pas porter plainte, mais l'affaire est aux mains de la justice belge. Verlaine, malgré le témoignage de Rimbaud en sa faveur, est arrêté et condamné à deux ans de prison et 200 Francs Belges.

20 juillet : Rimbaud rentre à Roche abattu et désespéré. Il s'enferme dans le grenier et termine Une Saison en Enfer.

Octobre: Comme il ne sait payer son imprimeur Poot, il abandonne l'édition de son livre, laissant quelques exemplaires à ses amis dont un pour Verlaine.

1874 : Janvier-mars : Rimbaud part à Londres avec Germain Nouveau. Ils demeurent au 178 Stamford Street et donnent tous deux des leçons de français. Arthur recopie les poèmes des illuminations.

Juillet : Madame Rimbaud mère et sa fille Vitalie viennent passer le mois de juillet à Londres avec Arthur.

31 juillet: Il  part enseigner à Reading. Il ne peut se rendre à temps devant le conseil de révision pour le tirage au sort du service militaire. Le maire de Charleville s’en charge et n’a pas la main heureuse.

1875 : Janvier : Rimbaud revient à Charleville. Rimbaud fait valoir un article de la loi sur le recrutement du 27 juillet 1872, qui le fait bénéficier d’une dispense, grâce à son frère Frédéric, déjà engagé pour 5 ans. Il est donc dispensé du service militaire mais pas de la période d’instruction à laquelle il se dérobe.

Février : Il s'installe à Stuttgart pour apprendre la langue allemande. Il est embauché comme précepteur.

Mars : Verlaine sorti de prison le 16 janvier et en pleine exaltation religieuse vient voir son ami à Stuttgart.

Rimbaud écrit le 5 mars à son ami Delahaye : "Verlaine est arrivé l'autre jour, un chapelet aux pinces". Verlaine repart à Paris au bout de trois jours en ayant renié "son Dieu". Rimbaud lui remet le manuscrit des illuminations pour le faire éditer. Pourtant, ils ne se verront plus. Verlaine continue à s'intéresser à son ami et à lui écrire mais Rimbaud ne lui répondra plus.

Mai - septembre : Rimbaud quitte Stuttgart pour se rendre à pied en Italie. Il tombe malade à Milan. Il se fait soigner par une charmante dame italienne. Il continue à pied vers le Sud mais tombe sous le coup d'une insolation au point que le Consul de France de Livourne le fait rapatrier à Marseille. Il repart ensuite sur Paris où il travaille comme répétiteur.

Octobre - décembre : De retour à Charleville, il étudie les langues dont le russe et l'arabe. Il écrit son dernier poème Rêve, un texte inclus dans une lettre adressée à Ernest Delahaye. Il s'intéresse au piano et à la musique.

18 décembre : Sa sœur Vitalie décède d'une synovite tuberculeuse. En signe de deuil, il se rase la tête.

1876 : Avril : Rimbaud est à Vienne. Il se fait dévaliser par un cocher. Sans le sou, il est alors expulsé par la police à la frontière. Il revient à pied à Charleville.

19 mai : Rimbaud est en Hollande et signe à Harderwijk, un engagement dans l'armée coloniale hollandaise pour six ans.

Juillet : Mercenaire étranger, il doit rétablir l'ordre à Java. Il embarque et arrive à Batavia aujourd'hui Djakarta en Indonésie avec son contingent mais il déserte trois semaines plus tard.

Décembre : Il retourne à Charleville après s'être embarqué sur un voilier écossais pour regagner l'Europe.

1877 :  Février : Il se rend à Brême où il semble avoir envisagé de s'engager dans la marine américaine, puis à Hambourg où il est engagé comme interprète au cirque Loisset. Il suit le cirque en Suède puis au Danemark.

Septembre: Malade, Rimbaud revient à Charleville.

1878 : Printemps : A Hambourg, Rimbaud cherche à s'engager dans une maison de denrées coloniales pour tenter de rejoindre l'Orient. Il n'y parvient pas et doit regagner Charleville

Pâques : Rimbaud est à Paris.

Mai - Août : Il aide sa famille et son frère Frédéric revenu du service militaire, au travail de la ferme à Roche.

Octobre : Il traverse les Vosges à pied, puis la Suisse avant de gagner Gênes et Alexandrie. Mais encore une fois malade, il est évacué à l'hôpital.

Novembre : Il passe un mois à Rome.

Décembre : Il travaille à Chypre comme chef de carrière pour une maison française.

1879 : Rimbaud attrape la typhoïde et revient à Roche pour se guérir.

Juin : Il travaille à la ferme. Delahaye lui rend visite et lui demande s'ils s'occupe toujours de littérature. Mi agacé mi amusé, il répond comme s'il lui avait demandé s'il jouait encore à ses jeux d'adolescence : "je ne pense plus à ça".

1880 : Au printemps, il repart à Chypre. Il est embauché dans une entreprise chargée d'édifier un palais destiné au gouverneur britannique.

Juillet : Rimbaud démissionne de son poste et quitte l'île. Il s'embarque pour l'Egypte.

Août : Il gagne Aden au Yémen et trouve un emploi dans la maison de commerce Viannay, Mazeran, Bardey et Cie spécialisée dans les peaux et café.

Décembre : Après avoir traversé à cheval, le désert de Somali, il est acheteur et responsable à la maison de Harrar pour Bardey et Cie en Abyssinie, dans l'actuelle Ethiopie.

1881 : Après une période d'enthousiasme, Rimbaud commence à s'ennuyer, se plaint du climat, se heurte à la jalousie des négociants. Il confie à sa mère ses quelques économies et la charge de lui faire parvenir des ouvrages techniques, des instruments, un appareil photographique. Il rêve d'explorations.

Juin-juillet : Il fait une première expédition à Bubassa qui le fatigue et le rend malade.

Décembre : Rimbaud se lasse de Harar, s'exaspère des retards du courrier, a des ennuis avec ses patrons. Il quitte la ville pour Aden avec une compagne abyssinienne.

1882 : Rimbaud travaille à Aden pour la maison Bardey. Il s'occupe toujours de science et d'explorations. Il commande du matériel de photographie, activité dont il espère tirer quelque profit.

1883 : Rimbaud repart d'Aden pour Harar où Bardey le charge d'entreprendre des explorations dans le Somali et le pays Galla. Rimbaud décide alors de reconnaître l'Ogadine qui est encore mal connu.

Août : Il pénètre en Ogadine dans l'actuelle Ethiopie et rédige peu après un rapport d'ensemble sur la région.

10 décembre : Il envoie son  "rapport Ogadine" à la Société de Géographie.

La fortune tarde à venir. Rimbaud se voit découvreur, explorateur, bâtisseur... Il continue à commander à sa mère, des manuels et du matériel technique tout en donnant des instructions sur le placement de ses économies. Le poète devenu commerçant sans succès semble, tout en se plaignant de sa situation à ses employeurs, se plaire à imaginer une vie de rentier, il pense même à se marier !

1884 : Février : Son "rapport Ogadine"  est publiée dans le bulletin de la Société de Géographie. La maison Bardey, en difficulté, le licencie.

Avril : Rimbaud reprend la route d'Aden où il demeure au chômage, désespéré de voir s'amenuiser ses économies.

Juin : Par chance, Bardey, qui a réussi à monter une nouvelle affaire, engage Rimbaud pour six mois, jusqu'à la fin de l'année.

1885 : Janvier : Rimbaud signe un nouveau contrat d'un an avec Bardey.

Octobre : Un ingénieur suisse Alfred Ilg futur premier ministre de Ménélik l'entretient d'une affaire d'importation d'armes dans le Choa. Il dénonce son contrat avec Bardey et s'engage dans l'aventure. Il veut revendre cinq fois plus cher à Ménélik, roi du Choa, des fusils d'un modèle devenu obsolète en Europe et achetés à Liège.

Novembre : Parti pour Tadjourah prendre livraison des fusils et organiser une caravane qui les acheminera jusqu'au roi, Rimbaud est bloqué plusieurs mois par une grève des chameliers.

1886 : Avril : La caravane est enfin prête à partir quand Rimbaud apprend l'ordre transmis par le gouverneur d'Obock. Suite aux accords franco-anglais, toute importation d'armes est interdite dans le Choa. Rimbaud cache son stock dans le sable pour éviter la saisie. Il se plaint auprès du Ministère des affaires étrangères français et tente diverses démarches.

Juin :  Apprenant qu'une expédition scientifique italienne est autorisée à pénétrer dans le pays, il arrive à se joindre à elle.

Septembre : Malgré l'abandon de Labatut, principal instigateur de l'affaire et la mort de l'explorateur Soleillet, Rimbaud prend la tête de la périlleuse expédition. Une chaleur de 70 degrés pèse sur la route qui mène à Ankober, résidence de Ménélik.

Il ignore que la revue symboliste La Vogue a publié la majeure parti des Illuminations et d'une Saison en Enfer. 

1887 : 6 février : Rimbaud arrive à Ankober mais le roi est absent. Il doit gagner Antotto à 120 kilomètres de là.

Le roi l'y reçoit et accepte les fusils pour conquérir Harrar puis l'Ogadine et créer son empire Ethiopien qu'il dirigera sous le titre d'empereur Ménélik II. Mais il fait des difficultés pour le payer. Il entend déduire de la facture les sommes plus ou moins imaginaires que Labatut mort récemment d'un cancer lui devait. Il diminue le prix car il sait que les fusils sont obsolètes en Europe mais  invite Rimbaud à se faire régler le reste par Makonen, le nouveau gouverneur de Harar.

Rimbaud fait donc route vers Harar, avec l'explorateur Jules Borelli. Il parvient à se faire payer par Makonen, mais il n'a pas gagné ce qu'il espérait alors qu'il a subi, comme il l'écrit au vice-consul de France à Aden le 30 juillet, "vingt et un mois de fatigues atroces".

Août : Il part au Caire pour se reposer. Rimbaud est épuisé, vieilli, malade.

23 août : Il écrit à sa famille, "J'ai les cheveux absolument gris. Je me figure que mon existence périclite". Il se plaint de Rhumatisme à son genou gauche.

Dans une lettre au directeur d'un journal local, le Bosphore-égyptien, il raconte son voyage en Abyssinie et au Harar pour traiter de l'intérêt économique du Choa. Ce travail sera transmis à la Société de Géographie. Rimbaud songe un moment à se rendre à Zanzibar, puis à Beyrouth.

Octobre  :  Son procès lié à l'affaire Ménélik, le rappelle en octobre à Aden où il tente sans succès de faire du commerce.

1888 : Mars : Pour partir d' Aden, il accepte de convoyer une cargaison de fusils vers Harar, mais renonce à une seconde expédition.

Peu de temps après, il fait la connaissance d'un important commerçant d'Aden, César Tian, qui lui offre un poste de représentation à Harar. Rimbaud accepte, d'autant plus qu'il pourra en même temps travailler à son compte.

Juin 1888 - Janvier 1891 : Pendant trois ans, Rimbaud importe, exporte, mène ses caravanes à la côte. Il s'enrichit, pourtant, il s'ennuie beaucoup et n'a pour relations que la petite poignée d'Européens fixés ou de passage dans le pays. Il entretient avec eux une importante correspondance dont Alfred Ilg à qui il demande deux esclaves pour son usage personnel. Rimbaud n'a jamais exercé le trafic d'esclaves. Son ami suisse refuse de l'aider car il est contre l'esclavage.

1891 : Le 20 février : Rimbaud se plaint de douleurs à la jambe droite. Il a une tumeur cancéreuse au genou aggravé par une ancienne Syphilis.

15 mars : La douleur augmente et il ne peut plus se lever. Il est embarqué en civière pour traverser le désert de 300 kilomètres et rejoindre Zeilah d'où il s'embarque pour Aden.

30 avril : Il écrit à sa mère "Je suis devenu un squelette : je fais peur".

9 mai : Il se fait rapatrier.

22 mai : Il est à l'hôpital de la Conception à Marseille. Les médecins pensent à une synovite avancée et à l'amputer.

23 mai : La mère de Rimbaud accourt à Marseille.

25 mai : L'opération a lieu. Sa mère est repartie. Rimbaud est désespéré.

23 juin : Il écrit à sa sœur Isabelle : "Notre vie est une misère, une misère sans fin. Pourquoi donc existons-nous ?"

Juillet : Il retourne à Roche où sa sœur Isabelle le soigne avec dévouement, mais son état empire.

23 août : En compagnie de sa sœur Isabelle, il retourne à l'hôpital de la Conception pour se faire soigner mais son état continue à empirer . Il se désespère.

28 octobre : Rimbaud accepte de se confesser pour recevoir les derniers sacrements.

9 octobre : Rimbaud espère encore partir en Afrique. Il dicte, une lettre adressée au directeur des Messageries Maritimes. "Je suis complètement paralysé, donc je désire me trouver de bonne heure à bord, dites-moi à quelle heure je dois être transporté à bord.".

10 novembre : Rimbaud meurt à Marseille à l'âge de 37 ans.

14 novembre : Il est inhumé au cimetière de Charleville.

1907 : Sa mère meurt à la Roche le 1er août. 

1911 : Le 2 juillet, son frère Frédéric meurt des suites d'une fracture à la jambe à Vouziers.

1917 : Sa sœur Isabelle meurt d'un cancer à Neuilly sur Seine, le 20 juin.

1995 : Total Eclipse sort au cinéma pour conter les relations de Verlaine avec Rimbaud.

IMPRIMEZ LA BIOGRAPHIE

 

CITATIONS DE RIMBAUD

Je est un autre.

La vie fleurit par le travail.

Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens.

La Poésie ne rythmera plus l'action; elle sera en avant.

Si stupide que soit son existence, l'homme s'y rattache toujours.

Par quel crime, par quelle erreur, ai-je mérité ma faiblesse actuelle ?

Esclaves, ne maudissons pas la vie

C'est perdre son argent que de perdre son temps.

Ô Femme, monceau d'entrailles, pitié douce

Moi je ne veux rien à rien ; et libre soit cette infortune

Science avec patience, le supplice est sûr.

La vision de la justice est le plaisir de Dieu seul.

Travailler maintenant, jamais, jamais ; je suis en grève.

Le seul vrai mot, c'est : reviens. Je veux être avec toi, je t'aime.

La première étude de l'homme qui veut être poète est sa propre connaissance.

J'assiste à l'éclosion de ma pensée ; je la regarde, je l'écoute.

L'éternité c'est la mer mêlée au soleil.

L'ivresse, c'est le dérèglement de tous les sens.

La vraie vie est absente. Nous ne sommes pas au monde.

On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.

L'amour veut vivre aux dépens de sa sœur, l'amitié vit aux dépens de son frère.

La morale est la faiblesse de la cervelle.

Je me crois en enfer, donc j'y suis.

La vraie vie est absente. Nous ne sommes pas au monde.

Il dit : "Je n'aime pas les femmes. L'amour est à réinventer, on le sait."

LA POESIE GRATUITE D'ARTHUR RIMBAUD

LIENS EXTERNES

D'Autres Biographies de Arthur RIMBAUD

Musée Rimbaud :

http://www.charleville-mezieres.fr/Culture-patrimoine-et-jumelages/Rimbaud-et-Charleville-Mezieres/Les-musees

Les amis d'Arthur Rimbaud : http://www.amisderimbaud.fr/

Le lycée des métiers Arthur Rimbaud à Garges les Gonesse : http://lyceearthurrimbaud.free.fr/

Le lycée Arthur Rimbaud à Sin le Noble : http://www2c.ac-lille.fr/rimbaud/index.html

Arthur Rimbaud sur Dailymotion : http://www.dailymotion.com/video/x3ngne_arthur-rimbaud_shortfilms

 

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