BIOGRAPHIE DE JULES VALLÈS

"Jules Vallès (1832-1885) est l'un des pères de la pensée de gauche et l'un des héros de la commune"
Frédéric Fabre

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11 juin 1832: Jules Vallez  dit Jules Vallès naît au Puy en Velay. Son père, Jean -Louis Vallez est le fils d'un propriétaire cultivateur qui a épousé Julie Pascal, issue d'une famille pauvre et inculte. De cette union naissent sept enfants dont cinq meurent en bas-âge.  Seule une de ses soeurs, Marie-Louise survit mais devient folle dès 1853.

1833: Jean-Louis Vallez  d'abord instituteur dans une école de sourds et muets jusque 1832, est nommé maître d'études au collège royal du Puy.

De 1834-1839: Son père est remercié et ne sera réintégré qu'en 1839. Ce sont des années de misères noires pour la famille Vallez qui est obligée de changer plusieurs fois de taudis pour cause loyers impayés.

De 1837 à 1839: Jules fréquente l'école de Mademoiselle Labre. Seule école qui lui laissera un bon souvenir. Son grand oncle Thomas Vallez, prêtre à Chaudeyrolles, près du Mont Mézenc, lui enseigne les rudiments de la grammaire latine.  

1839: Il entre au collège du Puy en mme temps que son père. Il souffre de n'être que le fils d'un "pion". Il reçoit la protection de Mademoiselle Balandreau qui lui laissera un petit héritage en 1852.

1840-1845: En décembre, Jean Louis Vallez est enfin nommé Maître de septième au collège royal de Saint Etienne où il exerce jusque 1845. Jules fait alors ses études de la septième à la troisième et obtient de brillants résultats dans les disciplines classiques.

1846-1847: Admissible à l'agrégation de grammaire puis admis, il est nommé professeur de sixième au collège de Nantes. Jules le suit pour le Lycée de Nantes.

1848: Les évènements de février exaltent Jules qui fait voter des motions contre le bac et la discipline scolaire. Il tombe amoureux d'une jeune fille. Son père se décide alors de l'envoyer au pensionnat Lemeignan 198 bis faubourg Saint Honoré à Paris. Il suit les cours du Lycée Bonaparte mais travaille assez mal. Il préfère s'intéresser à la politique.

1849-1852: Son père, vu les résultats le fait rentrer à Nantes puis se bagarre avec lui et le renvoie à Paris. Jules en profite pour organiser des manifestations politiques notamment contre le coup d'état du 2 décembre. Son père le rappelle à Nantes pour le faire interner. Durant cette vie chaotique, il passe trois fois le bac de philosophie avant de l'avoir et encore le père de son ami Arthur Arnould a du intervenir en sa faveur en sa qualité de professeur influent. 

1853: Du 16 juillet au 30 août, à la suite de la conjuration de l'Opéra Comique contre l'empereur, Vallès est incarcéré.

En septembre, Son père qui a une liaison qui fait scandale est déplacé comme professeur de sixième au collège de Rouen.

En octobre, Vallès fait son droit à Paris mais il ne va pas en cours.

1854-1857: Il échoue à ses examens de droits et ne vit que de faibles subsides de ses travaux pour des dictionnaires et des gazettes.

1856: Il s'oppose en duel à son ami Poupart-Davyl. celui ci est grièvement blessé au bras gauche.

1857: En avril, son père meurt. Malgré sa mésentente avec lui, Jules éprouve un réel chagrin. Il se retrouve seul. Il prête sa plume à un industriel et devient son agent de sécurité. Il tire de son expérience, les matériaux nécessaires pour faire publier l'Argent. Sous un aspect ironique, il prétend encenser l'argent pour montrer en réalité les méfaits sociaux du capitalisme de l'époque. Sous le pseudonyme de Max, il fait paraître une série d'articles critiques dans Le Présent.

1858: Jules Vallès collabore toujours sous le pseudonyme de Max à La Chronique parisienne de Rochefort ainsi qu'au Figaro alors journal de gauche. Il y rédige des bulletins financiers.

1860-1862: Jules Vallès est nommé expéditionnaire à la mairie de Vaugirard. Il continue à faire publier des articles dans les journaux.

Novembre 1862- Avril 1863: Il fuit ses créanciers à Caen. Il est répétiteur et écrit dans Le Moniteur du Calvados. Il suit sa licence de lettre à l'université de Caen mais il se fait refuser par un devoir: "le romantisme et de l'impiété à une dose sans pareille"

1864: Il reprend son travail à la mairie de Vaugirard. Il assure parallèlement une chronique de chronique littéraire au Progrès de Lyon.

1865: Le 13 avril, Villemessant, directeur du Figaro lui permet de publier un numéro complet: "les irréguliers de Paris"

Fin avril: Feydeau l'attache à l'Époque.

Août - Octobre: Il part comme journaliste de l'Époque en Angleterre.

Décembre: Accusé de compromettre la réputation de l'Administration, il est obligé de démissionner de son poste à la Mairie de Vaugirard. Mais il continue pour plusieurs journaux, L'Époque, l'Évènement, La Rue et Le Figaro. Achille Faure publie en volume Les Réfractaires, une série d'articles antérieurs. C'est un succès.

1866:  En plus des journaux déjà clients, il publie dans La Liberté d'Émile de Girardin mais dès le 31 mars il doit se retirer de ce journal pour un article sur le général Yusuf qui fait scandale. Il écrit aussi dans Le Courrier Français et Le Nain Jaune.

1867: Achille Faure publie en un volume appelé La Rue ses meilleurs articles de l'année.

Le 30 novembre, la police impériale saisit tous les exemplaires comportant un article "cochons vendus" de l'Hebdomadaire La Rue. Cette saisie et la condamnation du propriétaire entraînent la mort de l'hebdomadaire.  

1868: En février, Jules Vallès purge un mois de prison à Sainte Pélagie pour des articles publiées dans Le Globe.

Le 8 septembre, un article dénommé "un chapitre inédit de l'histoire du deux décembre" est publié dans Le Courrier de L'Intérieur. Cet article lui vaut une nouvelle condamnation à de la prison.

En Décembre, Vallès retourne à Sainte Pélagie. Il rédige Le Journal de Sainte Pélagie qui parait en deux fois dans le journal de Monsieur de Pène Le Paris.

1869: En Janvier, il ressort de prison. Il fonde un nouveau journal Le Peuple.

Le 18 février, Le Peuple ferme.

En Mai, Le journal Le Réfractaire est créé pour ne sortir que trois numéros avant d'être fermé. Il se présente aux législatives dans le huitième arrondissement de Paris sous l'étiquette "socialiste révolutionnaire". Il ne recueille que quelques centaines de voix.

Du 23 Septembre au 17 Octobre: Un Gentilhomme parait dans le journal de Rousset Le National.

Octobre-Novembre: Vallès est "le rédacteur principal" du Corsaire de Gustave Richardet.

30 Octobre au 19 Décembre, Le testament d'un blagueur ébauche de Jacques Vingtras est publié dans le journal La Parodie d'André Gill.

Le 18 novembre, Pierre Moras parait dans le journal Le Paris jusqu'en janvier de l'année suivante.

1870:  En janvier, Vallès donne deux articles à La Marseillaise de Rochefort.

Du 17 Mars au 12 Avril, Vallès refait paraître La Rue en version quotidienne avant de l'arrêter à nouveau.

Après la défaite de Sedan, il participe à toutes les manifestions d'extrême gauche et anime Le Club Favié. Il a durant quelques jours, le poste de commandant des gardes nationaux du vingtième arrondissement. Son incompétence militaire le contraint à démissionner.

Le 31 octobre,  il participe aux mouvements insurrectionnels provoqués par la capitulation de Bazaine. Il s'empare pour une nuit de la mairie de La Villette. Cet épisode l'oblige à se cacher pendant quelques jours.

1871: Le 6 janvier, Vallès participe à la rédaction de l'affiche rouge.

Le 22 janvier, il lance un nouveau journal Le Cri du Peuple. Il y dénonce les charlatans politiques et le petit esprit bourgeois de l'Assemblée de Bordeaux.

Le 12 mars: Vallès est condamné à six mois de prison pour son action dans les manifestations du 31 octobre. Le Cri du Peuple est suspendu. Il tourne l'arrêt en publiant Le Drapeau, immédiatement saisi.

Le 21 mars, La Commune annule son jugement de condamnation et lui permet de faire reparaître Le Cri du Peuple. Élu membre de la Commune dans le quinzième arrondissement, Vallès joue le rôle de modérateur.

En mai, lorsque les marseillais s'empare de Paris, Vallès réussit à s'enfuir, déguisé en major. Deux faux Vallès sont fusillés. La presse versaillaise qui le croit mort, se déchaîne contre ce "bâtard de Marat". Il trouve refuge chez le chansonnier Etienne Ducret puis chez le sculpteur François Roubaud.

En septembre, il s'enfuit en Belgique.

1872: Les journaux de gauche n'osent publier les articles du proscrit.

Le 9 mars, sa mère meurt. Il ne l'apprendra que plus tard. Il en aura un réel chagrin.

Le 25 mars, l'éphémère Constitution de Portalis publie Les Lettres de l'Exil.

Le 4 juillet: Le Conseil de Guerre le condamne par contumace à mort.   

De septembre à Décembre: Vallès séjourne à Lausanne et ébauche un drame sur la commune.

1873: En janvier, Vallès est à Londres. Il y rencontre Gounod.

1874: Il a une liaison avec une institutrice londonienne dont l'esprit petit bourgeois le déçoit. Il rencontre Hector Malot.

Le 30 mai, La Société des Gens de Lettres radient Vallès qui en aura un désarroi moral et des difficultés économiques.

1875: Le 2 décembre, il perd sa fille née de ses relations avec l'institutrice londonienne. Il est accablé de douleur et se sépare de sa maîtresse. 

1876: L'Événement de Manier publie ses articles appelés La Rue à Londres.

1877: De Janvier à Juin, il publie sous le nom de Jean La Rue des articles dans Le Radical avant que ce journal ne s'arrête.

1878: En Janvier, Vallès obtient une collaboration peu durable, au Réveil.

En Juillet, Vallès intervient très peu de temps dans La Marseillaise. Il obtient une chronique plus stable dans Le Voltaire sous la signature Le Réfractaire.

Du 25 Juin au 3 Août, Le Siècle accepte de publier en feuilleton Jacques Vingtras, sous le pseudonyme de La Chaussade.

En Août, il voyage à Jersey.

En Décembre, il encense Zola dans Le Voltaire.

1879: Paraissent en volume Les Enfants du Peuples et sous le nom de Jean La Rue l'Enfant chez Charpentier.

Sous le pseudonyme de Jean La Rue, il fait paraître Les Mémoires d'un Révolté dans le journal socialiste de Sigismond Lacroix La Révolution Française. Ce feuilleton deviendra Le Bachelier.

Le 22 décembre, il fait paraître Le Candidat des Pauvres, les suites des mémoires d'un révolté dans le journal à un sou de Tony Révillon.

1880: A Bruxelles, il fait la connaissance de Séverine, Madame Rehn alors compagne du docteur Guebhard. Elle devient sa secrétaire.

Vallès continue sa collaboration au Voltaire et à La Vie Moderne. Il publie Les Blouses dans La Justice de Clemenceau.

Le 13 juillet, trois jours après la publication de la loi d'amnistie des communards, il est à Paris.

1881: Vallès collabore au Citoyen de Paris, au Citoyen français et au Réveil. L'Enfant est publié pour la première fois sous ce titre et avec le nom exact de l'auteur. Jacques Vingtras II soit Le Bachelier est publié chez Charpentier.

1882: Il publie de nombreux articles dans Le Réveil. L'Insurgé parait dans La Nouvelle Revue de Juliette Adam.

Du 28 octobre 1883 au 19 janvier 1885, il publie à nouveau son journal Le Cri du Peuple et rédige quotidiennement des articles pour Le Matin et son journal. Il a notamment comme collaborateurs Jules Guesde et Paul Alexis sous la signature de Trublot.

1884: Les Chroniques de la Rue à Londres paraissent chez Charpentier.

En Août, il part en cure au Mont Dore pour soigner son diabète.

1885: En Janvier, les frères Ballerich reprochent à son journal des articles contre la police. Ils saccagent sa rédaction.

Le 14 février, il meurt âgé de 52 ans. Séverine hérite de tous se papiers et livres. Hector Malot est son exécuteur testamentaire. Il est enterré au cimetière du Père Lachaise division 66 par les survivants de la commune.

Le 16 février, Le Cri du Peuple annonce: "La Révolution vient de perdre un soldat, la littérature un maître."

1886: En Mai, L'Insurgé remanié par Séverine parait en un volume chez Charpentier.

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