BIOGRAPHIE DE ZOLA

"Emile Zola (1840-1902) est un homme libre qui n'a eu pour maître que l'amour et sa conscience"
Frédéric Fabre

LES LIVRES GRATUITS DE ZOLA

2 avril 1840: Émile Édouard Charles Antoine Zola naît à 11 heures, au quatrième étage du 10 de la rue Saint Joseph à Paris. Il est le fils d'un italien, François Zola né le 7 août 1795 à Venise. Après avoir connu l'armée, la Légion étrangère en Algérie et de brillants débuts d'ingénieur dans la construction de la première ligne de chemin de fer européenne, en Autriche, son père s'installe à Marseille en 1833. Inventeur audacieux, il imagine de creuser un canal pour amener l'eau à Aix-en-Provence. Il se rend à  Paris pour faire aboutir son projet et rencontre Émilie Aubert, la fille d'une famille de petits artisans beaucerons. Il l'épouse à l'âge de quarante quatre ans, le 16 mars 1839, alors qu'elle a tout juste vingt ans. Émile est le fruit unique de leur union.

Le 30 avril 1840: Émile Zola est baptisé et envoyé en nourrice à Dourdan.

1842: Émile fait une fièvre cérébrale. Les sangsues ne prennent pas. Sa vie ne tient qu'à un fil....... Et puis, il se remet à trotter ! A 3 ans, il est toujours pâle et fluet.

1843: Le projet de canal d'adduction d'eau est signé avec la municipalité d’Aix-en-Provence.  La famille quitte Paris pour s'installer à Aix en Provence, d'abord sur le cours Sainte-Anne, puis au 6, impasse Sylvacanne. Zola évoquera Aix en Provence dans son œuvre sous le nom de Plassans.

1844: Le 2 mai, le Conseil d'État déclare "d'utilité publique" le canal Zola. Mais l'ordonnance royale autorisant l'ouverture du chantier tarde à venir alors que François Zola fonde une société par actions pour financer les travaux.

1845: Émilie Zola s’inquiète de la mauvaise santé d’Émile et cherche en vain les causes. Elle surprend un jeune serviteur magrébin qui se livre à des attouchements sur son jeune maître. Elle prévient la police et le renvoie immédiatement. Après l'arrêt de ces faits, Émile qui mène la vie d’un enfant gâté, commence à courir dans le jardin. Sa santé se porte mieux.

1846: La famille revient à Paris. Son père attend l'ordonnance royale nécessaire pour ses travaux. Il l'obtient enfin à l’automne ! L’enfant sauvage devient alors un bambin sérieux et pensif. L’élocution n’est pas aisée. En dépit des jeux, du grand air, de l’absence de servitude scolaire, Émile, reste facilement effarouché.

1847: A sept ans, Émile ne sait pas encore l’alphabet. Il ne saura lire qu’à partir de huit ans.

Le 4 février: Le creusement du canal Zola commence enfin !

Le 22 mars: Son père meurt des suites d'une pneumonie et laisse sa famille dans une situation financière difficile. Comme tous les ingénieurs civils de l’époque, il a dû s’endetter pour mettre au point ses projets.

1847-1852: Émilie vit avec la maigre pension que lui octroie la Société du canal Zola jusqu'au début de 1852. Mais bientôt, la société est en difficulté économique suite aux manoeuvres du principal actionnaire qui veut la racheter. Pour calmer les créanciers, la veuve distribue les actions de son mari en garantie de paiements ultérieurs et les Zola doivent quitter l'impasse Sylvacanne pour un quartier modeste à la périphérie de la ville où vivront désormais avec eux, les grands-parents maternels.

Émile doit suivre ses études à l'école Notre Dame. Cette institution dégourdit Émile et lui enseigne aussi bien les rudiments du français que l’école buissonnière. A onze ans il fait un nouveau voyage à Paris, où il y passe six à huit mois.

1852-1857: En octobre 1852, Émile entre au collège Bourbon. Il fait le dur apprentissage des inégalités sociales. Dans la ville bourgeoise d'Aix, il n'est pas facile d'être boursier et d'échapper au mépris des élèves fortunés, fils d'avocats, de notaires ou de riches négociants. Dans ce milieu hostile et fermé, que Zola peindra dans La Fortune des Rougon, l'amitié de Jean-Baptiste Baille et surtout celle de Paul Cézanne vont illuminer ses années de jeunesse.
Les deux adolescents,  sont eux aussi des marginaux dans cette bourgeoisie aixoise:
Baille est le fils d'un aubergiste;
le père de Cézanne fait figure de parvenu qui n'a officialisé sa liaison avec l'une de ses ouvrières qu'après la naissance de deux enfants.

Outré par les mauvais traitements dont il voyait accabler Émile, élève pourtant  doux et peu bruyant, Paul Cézanne prend résolument sa défense. Plus tard, il lui devra ses rencontres avec les peintres Monet, Renoir, Sisley, Pissarro et Manet. Émile rêve d'une demoiselle au "chapeau rose" aperçue un dimanche à l'église, peut-être Louise, la soeur de son ami Philippe Solari.

Le 10 août 1853, après avoir sauté une classe, il emporte le deuxième prix en thème, le premier prix en version, le deuxième accessit en grammaire française, le premier prix en histoire géographie et le premier prix en récitation classique.

Fin 1854: Émile obtient une bourse sur le mérite.

Las d'une formation fondée essentiellement sur l'étude de la rhétorique et des langues anciennes, mais aussi par fidélité à la mémoire paternelle, le jeune Zola choisit en troisième, une orientation scientifique.

1857: Après la mort de la grand mère d'Émile en novembre, Madame Zola lésée par les anciens associés de son mari, décide de venir seule à Paris demander protection à Thiers, alors écarté du pouvoir. Monsieur Labot, avocat au Conseil d’État, s’était trouvé à Aix au moment de la mort de François Zola pour la clôture de l’enquête relative au canal. Il avait tenu un des cordons du corbillard. Il obtient pour Émile une bourse au lycée Saint-Louis, section des sciences.

1858: Émile Zola s’installe à Paris avec sa mère et son grand père Louis Aubert, pour suivre ses cours au Lycée Saint Louis en qualité de demi pensionnaire.  Le jeune provincial est à nouveau confronté à l'hostilité et au mépris d'étudiants riches et élégants qui raillent son accent marseillais. Il ne trouve aucun Cézanne pour le défendre. Le brillant élève du collège d'Aix devient un lycéen médiocre.

1859: Émile Zola échoue par deux fois au baccalauréat à cause du français !

1960: Il abandonne ses études et pour gagner sa vie, il accepte le 1er avril, un poste administratif aux docks  de la douane pour 60 francs par mois. Mais, deux mois plus tard, fuyant ce labeur de "cheval de manège", il démissionne pour subir une vie de bohème. Malgré la misère, il est heureux. Il écrit des poèmes et des contes. Il lit Ronsard, Rabelais, Montaigne, les moralistes et les auteurs dramatiques du XVII° siècle. Il découvre Dante, Cervantès et Shakespeare.

1861: En février, il s'installe seul pour la première fois, au 24 de la rue Neuve-Saint-Etienne. Puis en avril, dans un hôtel meublé de la rue Soufflot où il héberge une prostituée dénommée Berthe.

Fin mars, Paul Cézanne "monte à Paris" pour visiter le "Salon", exposition où les peintres alors à la mode exposent leur production de l'année. Émile l'accompagne et pénètre dans les ateliers des peintres. Il préfère une esthétique réaliste qu'il applique à la peinture comme à la littérature.

Soumis à une vie difficile, «être pauvre à Paris, c'est être pauvre deux fois», il se forge une conscience politique alimentée par les Entretiens de la rue de la Paix, organisés à Paris par Émile Deschanel alors de retour d'exil.

1862: Le 1er mars, Il entre chez Hachette au bureau des expéditions, comme commis préposé aux paquets, pour 100 francs par mois. Il y restera quatre ans jusqu'au 31 janvier 1866. Il découvre que la littérature entre dans le cadre de la production économique.  Il s'initie à la pensée libérale, positiviste et anticléricale. Il est naturalisé français mais il échappe au service militaire.

1863: En compagnie de Paul Cézanne, il visite le Salon des Refusés, une contre exposition en marge du Salon officiel, que Napoléon III a dû concéder aux artistes rejetés par le jury du "Salon". Les toiles des peintres qui seront appelés "impressionnistes" s'y retrouvent. Le jury du Salon n'accepte que l'art pompier aujourd'hui visible au musée d'Orsay.

1864: Il accepte le poste alors délaissé de chef de la publicité. Il rencontre les auteurs de la maison dont Sainte Beuve, Littré, Raspail, Michelet, Quinet, Hippolyte Taine et Jules Simon. Il retrouve Émile Deschanel qui lui enseigne l'importance de la physiologie, de l'influence du climat, du sol et des ethnies.

Émile rédige des commentaires d'ouvrages pour Le Bulletin du Libraire et pour L'amateur de Livres. Il publie ses premières chroniques dans la presse: il écrit dans La Revue du mois, dans Le Journal populaire de Lille et dans L'Écho du Nord.

Ses activités de publiciste et de journaliste lui permettent de publier son premier recueil bien accueillis par la critique: Les Contes à Ninon.

1865: Il publie son premier roman d'inspiration autobiographique: La Confession de Claude où l'héroïne a les traits de la jeune prostituée Berthe. Il décrit sans romantisme les affres de la vie de bohème. La critique lui reproche son "hideux réalisme".

Il rédige une série d'articles pour Le Petit Journal et collabore au Salut public de Lyon, au Courrier du monde littéraire et, plus épisodiquement, au Figaro, le Globe, le Gaulois, la Libre Pensée et La Vie Parisienne.

Il suit la mode de la littérature judiciaire et commence à écrire un roman-feuilleton sur Les Mystères de Marseille. Il forge sa méthode documentaire.   "L'Introduction à la Médecine expérimentale" publiée par Claude Bernard, apporte à Zola l'assise scientifique qu'il recherche. Sur le modèle du médecin, le romancier doit, selon lui, fonder sa vision réaliste sur l'expérimentation objective. Il faut expliquer les passions par les tempéraments et les influences subies par les individus. Le scientisme est triomphant. Zola participe à cet enthousiasme nouveau.

Zola fréquente le quartier général de Manet, le café Guerbois au 11 Grande-Rue des Batignolles. Il y rencontre un modèle occasionnel, Gabrielle-Alexandrine Meley qu'il épousera en 1870. D'abord fleuriste puis blanchisseuse, la jeune femme est d'origine modeste. Orpheline de mère, ballottée entre deux foyers, celui de son beau-père et celui de sa belle-mère, elle connaît les amours tarifiés et "le coup de gosier" dans le quartier des Halles, la rue Montorgueil et la rue Poissonnière.

Il vit avec elle et prend l'habitude d'organiser chez lui, rue de l'École-de-Médecine, des "dîners" hebdomadaires qui rassemblent déjà Cézanne, Pissarro, Baille, Roux et Solari.

Il devient chroniqueur littéraire à l'Événement où il défend avec fougue le premier roman naturaliste des frères Goncourt, Germinie Lacerteux: «Germinie Lacerteux est une date. Le livre fait entrer le peuple dans le roman. Pour la première fois, le héros en casquette et l'héroïne en bonnet de linge y sont étudiés par des écrivains d'observation et de style».

Le directeur, Hippolyte de Villemessant lui confie la chronique artistique du journal sous le nom "Mon Salon". Il défend avec beaucoup de conviction Manet et les peintres impressionnistes. Il doit arrêter au sixième article car les lecteurs du journal se révoltent ! 

1866: Le 31 janvier, Émile Zola quitte Hachette. Il reprend ses articles littéraires et artistiques dans Mes Haines, Causeries Littéraires et Artistique chez A. Faure à Paris.  

En novembre, il publie dans l'Événement, Le Vœu d’une Morte. C'est un échec.

1867: Il publie en feuilleton Les mystères de Marseille dans Le Messager de Provence. Il publie chez E. Dentu à Paris,  Édouard Manet, étude biographique et critique.

Il publie son premier grand roman, Thérèse Raquin qui, sans en faire partie, annonce le cycle des Rougon-Macquart, tant par les sujets abordés, notamment l'hérédité et la folie, que par les critiques qu'il suscite. La presse traite l'auteur de «pornographe», d'«égoutier» ou encore de partisan de la «littérature putride». Le réalisme absolu, la construction dramatique et la thèse physiologique de ce roman en font l'acte de naissance du naturalisme littéraire.

1868: Il publie Madeleine Férat, récit publié en feuilleton dans lequel se précisent les deux thèmes dominants de l'œuvre à venir: l'histoire naturelle et les questions d'hérédité d'un côté, l'histoire sociale de l'autre.

Le 23 janvier, Louis Ulbach s'indigne dans Le Figaro:  "Il s'est établi depuis quelques années, une école monstrueuse de romanciers, qui prétend substituer l'éloquence du charnier à l'éloquence de la chair, qui fait appel aux monstruosités les plus chirurgicales, qui groupe les pestiférés pour nous en faire admirer les marbrures, qui s'inspire directement du choléra, son maître, et qui fait jaillir le pus de la conscience."

Zola lit La Physiologie des passions de Letourneau et Le Traité de l'hérédité naturelle du docteur Lucas qui écrit que le processus héréditaire peut aboutir à trois résultats différents: l'élection (la ressemblance exclusive du père ou de la mère), le mélange (la représentation simultanée du père et de la mère), la combinaison (fusion, dissolution des deux créateurs dans le produit). Il s'appuie sur cette théorie pour préparer le cycle des Rougon Macquart qui prévoit une vingtaine de volumes. Il en remet le plan à son éditeur Lacroix.

Inspiré par l'exemple de La Comédie Humaine de Balzac, Zola dresse l'histoire naturelle d'une famille sous le Second Empire. La série de romans, a pour but d'étudier les effets de l'hérédité et de l'environnement sur ses personnages. Mais les objectifs scientifiques et sociologiques seront toujours soumis à la puissante imagination littéraire de Zola. Chaque roman, bien que partie intégrante de la série, forme un tout, avec sa propre intrigue, son thème principal et ses personnages: «Mon œuvre à moi sera tout autre chose. Le cadre en sera plus restreint. Je ne veux pas peindre la société contemporaine, mais une seule famille en montrant le jeu de la race modifiée par le milieu. […] Ma grande affaire est d'être purement naturaliste, purement physiologiste».

L'arbre généalogique, sur lequel s'opposent et se mêlent les descendants de l'ancêtre originelle, Adélaïde Fouque, la branche légitime des Rougon et la branche bâtarde des Macquart, est la matrice combinatoire bio-littéraire. Sur cinq générations, les branches se ramifient et étalent leurs larges feuilles. Sur chaque feuille de l'arbre, est exposé une biographie, un cas héréditaire fondé sur une même tare génétique originelle et l'étude sociologique du Second Empire.

Pour vivre, il écrit des articles de plus en plus virulents contre l'Empire dans L'Événement illustré, La Tribune, Le Rappel, La Cloche ou Le Siècle. Il y dénonce "la dictature de César", la misère, les fastes honteux de Compiègne, les spéculations immobilières, l'haussmannisation, les rigueurs du bagne et l'hypocrisie du clergé. Bien des thèmes développés dans ses articles trouveront un écho dans les vingt romans qui seront publiés à un rythme régulier entre 1870 et 1893. Zola mène une campagne anti-belliciste: "refuser la guerre, c'est refuser l'Empire".

1870: Le 31 mai, il se marie avec Alexandrine. 

Du 28 juin au 11 août, le premier titre des Rougon-Macquart, La Fortune des Rougon, roman anti-bonapartiste est publié dans Le Siècle.  Ce feuilleton raconte le coup d'État du prince Louis Napoléon Bonaparte vu d'une ville de Provence, Plassans en réalité Aix en Provence. Deux branches rivales d'une même famille, les Rougon et les Macquart, s'affrontent, les premiers se révèlent bonapartistes par calcul, les seconds, libéraux par pauvreté et par envie.
Toute la structure interne des Rougon-Macquart est expliquée par la névrose d'Adelaïde Fouque, dont le père a fini dans la démence et qui, après la mort de son mari, un simple domestique nommé Pierre Rougon, prend pour amant un ivrogne, Antoine Macquart. Sa descendance est ainsi marquée par la double malédiction de la folie et de l'alcoolisme. Le docteur Pascal, héros du dernier volume, comprend la tragique destinée de sa famille: «Tout s'emmêlait, il arrivait à ne plus se reconnaître au milieu des troubles imaginaires qui secouaient son organisme éperdu. Et chaque soir, la conclusion était la même, le même glas sonnait dans son crâne: l'hérédité, l'effrayante hérédité, la peur de devenir fou. […] Ah?! qui me dira, qui me dira?? […] Chez lequel est le poison dont je vais mourir?? Quel est-il, hystérie, alcoolisme, tuberculose, scrofule?? Et que va-t-il faire de moi, un épileptique, un ataraxique ou un fou?? ».

Fils de veuve et myope, il n’est pas mobilisable, il ne participe pas à la guerre. Mais en interrompant la publication de son premier roman feuilleton, la guerre le prive de son public et de ses revenus alors qu'il doit subvenir aux besoins de sa mère et d'Alexandrine.

Le 4 septembre, Zola doit à la proclamation de la République d'échapper aux poursuites judiciaires entamées contre La Fortune des Rougon.

Le 7 septembre, il part à Marseille pour briguer une sous-préfecture dans le midi.

Le 11 décembre, il devient finalement chroniqueur parlementaire à Bordeaux auprès du Gouvernement provisoire.

1871: Il devient le collaborateur régulier du quotidien Le Sémaphore de Marseille et du mensuel  Le Messager de l’Europe.

Le 14 mars, Zola rejoint Paris pour rendre compte des débats de l'Assemblée qui siège désormais à Versailles. Hostile à la majorité de droite et proche des représentants de "la nouvelle gauche", Louis Blanc, Hugo et Gambetta, il regrette l'insurrection de la Commune du 18 mars: "Les idéalistes révolutionnaires [...] qui tomberont en criminels, en s"imaginant tomber en martyrs" et "les gens de Versailles auront du sang jusqu'à mi-jambes". S'il réclame vigoureusement l'amnistie pour les Communards, il soutient pourtant le versaillais Thiers, seul capable, à ses yeux, de sauver l'ordre et la République.

Du 18 mars au 21 mars, La Fortune des Rougon finit de paraître. Gustave Flaubert écrit à Zola: «Je viens de finir votre atroce et beau livre. […] J'en suis encore étourdi ! C'est fort, très fort. […] Vous avez un fier talent et vous êtes un brave homme ».

Le 29 septembre, le deuxième roman feuilleton, La Curée parait dans le journal "La Cloche". Ce roman dénonce les spéculations immobilières liées à l'haussmannisation. La critique accuse Zola de pornographe. L'auteur, pour qui la question de la moralité ne se pose pas dans une oeuvre qui se veut authentique, s'en indigne.

Le 14 octobre, La Fortune des Rougon parait en recueil chez Lacroix. 

Le 5 novembre, le feuilleton La Curée est interrompu sur ordre du Procureur de la République du Tribunal de Paris qui reproche une critique contre l'empire !

1872: Il se lie d'amitié avec Flaubert et rencontre Alphonse Daudet.

Le 2 février, La Curée est publiée chez Lacroix.

Le 22 juillet, Lacroix fait faillite, l'éditeur Charpentier achète les Rougons Macquart pour 500 francs par mois contre la production de deux ouvrages par an. Il deviendra "l'éditeur du naturalisme". Les liens d'une amitié durable unissent désormais les Zola aux Charpentier. Dans le salon de Madame Charpentier, au contact de ses habitués, écrivains, artistes et hommes politiques, Alexandrine fait l'apprentissage de la vie mondaine.

En octobre, La Curée est rééditée chez Charpentier avec les corrections.    

1873: Zola se lie d'amitié avec les frères Goncourt, Tourgueniev, Maupassant, Mallarmé, Gustave Flaubert, Alphonse Daudet, Joris-Karl Huysmans, Paul Alexis et Léon Hennique.

Le Ventre de Paris est publié. Ce roman est un hymne à la poésie des Halles avec sa profusion de marchandises et son audacieuse architecture de métal, "une nature morte colossale". Ce roman se vend bien.

En juillet, Thérèse Raquin est joué sans succès au théâtre.

1874: Il publie La Conquête de Plassans. Ce roman évoque les intrigues de l'abbé Faujas pour ramener au bonapartisme la petite ville de Plassans qui a élu un député légitimiste. C'est un échec. Il assiste à la première exposition impressionniste chez Nadar.

En mai, il republie Les Contes à Ninon.

En novembre, il publie Les Nouveaux Contes à Ninon.  Le même mois, Les Héritiers Rabourdin ne connaissent que quelques représentations au théâtre.

1875: Il publie La Faute de l'abbé Mouret. Dans ce roman, il promène le lecteur dans le jardin mythique du Paradou et sa luxuriance de paradis extrême oriental. Ce roman se vend bien.

1876: Il publie Son Excellence Eugène Rougon dans lequel Zola dévoile les arcanes du monde politique sous le Second Empire ainsi que la collusion de l'art académique et du pouvoir. Ce roman se vend bien.

En mai, la publication en feuilleton de l'Assommoir est suspendue sous la pression des abonnés du journal Le Bien Public.

1877: En janvier, il publie L'Assommoir chez Charpentier. Ce roman illustre la vie dans certains bas quartiers de Paris à travers les mésaventures de Gervaise Macquart. C'est un énorme succès qui assoit définitivement sa notoriété et son aisance. Flaubert chiffre à 16 000 exemplaires vendus en un mois !

Le 20 avril, Zola s'installe au 23 rue de Boulogne, dans un appartement spacieux.

Le 10 novembre, L'Assommoir atteint sa trente-huitième édition. Charpentier annule le précédent contrat, qui le liait à l'auteur et l'associe désormais aux bénéfices. L'intérêt suscité par l'Assommoir relance la vente des volumes précédents.

Alexandrine ne peut plus avoir d'enfant suite à un accouchement difficile. Le 11 mars 1859, elle avait abandonné une petite fille de quatre jours à l'hôpital des Enfants Trouvés. Les époux Zola décident de retrouver l'enfant pour le reconnaître. Ils découvrent qu'elle est morte, à l'âge de trois semaines, victime des négligences d'une nourrice.

1878: Le 28 mai, son succès lui permet d'acheter sa villa de Medan dans les Yvelines.  il y habitera plusieurs mois par an jusque 1902. Il reçoit des écrivains tous les jeudis soirs et devient le chef de file des Naturalistes.

Il publie Une Page d'Amour pour décrire les moeurs des classes moyennes et une pièce de théâtre, Le Bouton Rose.  

1880: Zola collabore à l'adaptation théâtrale de L'Assommoir par Busnach et il écrit une étude littéraire, Les romanciers contemporains en France. Il publie une nouvelle, Madame Sourdis.

En avril, Les soirées de Médan paraissent. Ce recueil collectif regroupe sept contes et nouvelles sur la guerre de 1870, écrits par Émile Zola et ses amis invités à Médan. les oeuvres du recueil sont "L'Attaque du moulin" par Émile Zola, "Boule de Suif" par Guy de Maupassant, "Sac au dos" par J.-K. Huysmans, "La Saignée" par Henry Céard, "L'Affaire du Grand 7" par Léon Hennique et "Après la bataille" par Paul Alexis. L'objectif publicitaire est proclamé dans la préface: "Notre seul souci a été d'affirmer publiquement nos véritables amitiés et, en même temps, nos tendances littéraires."

Le 16 octobre, Nana qui raconte l'ascension et la décadence d'une prostituée de luxe dans le milieu théâtrale, paraît en même temps que Le Roman expérimental qui définit les principes du naturalisme. Précédée par une énorme campagne de publicité, articles d'annonce alléchants, milliers d'affiches, hommes sandwiches circulant dans les rues, porteurs de la même injonction: "Nana ! Nana ! Lisez Nana !", le roman se vend, dès le premier jour de sa parution, à cinquante-cinq mille exemplaires et Charpentier en tire dix éditions supplémentaires avant la fin de l'année. 

Sa mère Émilie Zola meurt.

1881: Il publie Le Naturalisme au Théâtre et Les Romanciers Naturalistes.

Zola agrandit Médan et fait élever deux tours de part et d'autre de la construction d'origine. La première tour carrée, abrite au rez-de-chaussée une salle à manger et une cuisine, au premier étage la chambre du couple et une salle de bains, au deuxième, l'immense pièce qui sert de bureau à l'écrivain, encombrée de bibelots chinois,  japonais et médiévaux sous un plafond aux poutres fleurdelisées. Une colossale cheminée porte l'inscription : nulla dies sine linea soit pas un jour sans une ligne.

1882:  Il publie Le Capitaine Burle, Une campagne et Les documents littéraires.

Pour les Rougon Macquart, il publie Pot bouille pour décrire l'hypocrisie bourgeoise et les goûts des parvenus.

1883: Il publie Au bonheur des dames, une analyse très fine du dynamisme capitaliste et une exploration de l'espace féerique du commerce et des nouveaux grands magasins.

1884: En février, Zola se rend à  Anzin où une grève de mineurs, débute. L'écrivain naturaliste écoute, prend des notes, visite les corons et descend au fond de la mine. Il se fait militant et décrit "le soulèvement des salariés, le coup d'épaule donné à la société, qui craque un instant, en un mot, la lutte du Capital et du Travail".

Il publie Naïs Micoulin, un recueil de nouvelles composées de La Mort d’Olivier Bécaille, Naïs Micoulin, Nantas, Jacques Damour, Madame Neigeon, Les Coquillages de Monsieur Chabre.

Il commence à subir des difficultés intimes, sa mère est morte, sa femme ne peut pas avoir d'enfant, son groupe de Médan commence à se disloquer.

Huysman, fatigué par les limites du naturalisme, cherche en publiant  À Rebours à s’en émanciper totalement. Il donne vie au personnage de Des Esseintes, un homme qui tente d’échapper à l’ennui et à la société par l’isolement et la multiplication des plaisirs qu’il imagine lui-même. Le symbolisme et le rêve prennent le pas sur la véritable action et sur la vie réelle. Œuvre décadente et véritable remise en question, ce livre marque les premiers pas de Huysmans vers d’autres modes de vie et de pensée. Il quitte Zola mais il ne saura jamais l'oublier.

Zola publie La joie de vivre à rebours de son tempérament intime.  

1885:  Zola publie Germinal. Le fils de Gervaise, Etienne Lantier, prend part au violent conflit des mineurs grévistes dans le Nord de la France. Zola veut que "le lecteur bourgeois ait un frisson de terreur" devant les armées vengeresses des charbonniers enragés de misère et de faim, dévastant les fosses, anéantissant tout sur leur passage: "Hâtez-vous d'être justes, autrement voilà le péril". Germinal est  un cri de justice qui résonnera dans la conscience ouvrière jusqu'au milieu du XXe siècle.

Zola aménage la seconde tour hexagonale construite en 1880. Il crée une salle de billard au rez-de-chaussée ainsi qu'une lingerie et des chambres de domestiques au premier. Céard évoque le luxe du salon billard, orné de quatre grands vitraux à motifs floraux et animaliers qui témoignent de l'engouement du romancier pour le style Art Nouveau très proche de l'esthétique extrême orientale: "Une grande recherche de tentures, de boiseries et de bibelots dans le choix desquels se révèle son goût du majestueux, du confortable et du décoratif. Le romantisme dont il a avoué lui-même n'avoir jamais entièrement débarrassé ses goûts, ses conceptions et parfois son style, le romantisme combattu dans les lettres, par un retour offensif, dans tout l'ameublement reparaît en vainqueur".  Zola entasse, au fil du temps, armoiries et armures médiévales, objets de culte, chasubles, retables, statuettes de procession, ex-voto à côté de meubles Louis XVI, de bouddhas indiens, de cabinets vénitiens incrustés d'ivoire ou d'un gong du Japon et d'un chapeau chinois de garde nationale.

La propriété comporte également un pavillon de quatre pièces pour les amis, "le pavillon Charpentier", un parc planté d'arbres et de fleurs, une île avec un chalet accessible en barque et, à l'extrémité nord, une ferme et un potager.

1886: Il publie L'œuvre pour décrire le combat de l'artiste peintre Claude Lantier contre les toiles ternes de l'Académie. Véritable épopée de l'impressionnisme, le roman puisse dans ses souvenirs de jeunesse, les discussions passionnées au café Guerbois, les promenades dans Paris et sur les bords de Seine, la fréquentation des ateliers et des expositions impressionnistes, les comptes-rendus du Salon officiel.

L'Oeuvre s'achève sur les dissensions du groupe et sur le suicide de Claude, le peintre raté en qui Cézanne ne peut que se reconnaître. Les deux amis se séparent et ne se reverront plus jamais.

1887: Henry Céard tire du Capitaine Burle, une pièce en un acte, Tout pour l’honneur. La même année, un autre de ses disciples, Léon Hennique, adapte une autre de ses nouvelles, Jacques Damour. Il publie La Terre pour décrire le monde paysan et sa lutte séculaire pour posséder la terre.  

Le 18 août, Le Figaro publie une lettre ouverte "Le Manifeste des Cinq", signée par la troisième génération de naturalistes, formée de Paul Bonnetain, J-H Rosny, Lucien Descaves, Paul Margueritte, Gustave Guiches, tous amis d'Edmond Goncourt. Ils accusent Zola de calomnier les paysans, de se perdre dans le vulgaire, de manquer de sérieux et de ternir son oeuvre: "Par instants, on se croirait devant un recueil de scatologie". Alphonse Daudet signe aussi un article satirique contre La Terre.

1888: Il publie un conte pour sa série des Rougon Macquart, Le Rêve.

Madame Alexandrine Zola embauche à Médan, Jeanne Rozerot, une jeune lingère de vingt et un ans. C'est le coup de foudre entre Émile et Jeanne. Il va mener une double vie entre son épouse et la jeune femme qui lui donnera deux enfants.

La jeune femme suit le couple à Royan pour l'été et Zola qui souffre de la stérilité d'Alexandrine, sent renaître en lui des ardeurs de jeune homme. Il perd du poids, fait de longues randonnées avec Jeanne et, passionné par la photographie, prend de nombreux clichés d'elle.

De retour à Paris, il habite au 21 bis rue de Bruxelles et installe sa jeune maîtresse, au 66 de la rue Saint-Lazare, se partageant désormais entre ses deux foyers.

1889:  Il publie une pièce de théâtre Madeleine écrite en 1865.

le 20 septembre, Jeanne Rozelot lui donne une fille nommée Denise. Il échoue pour la première fois à l’Académie Française. Il sera candidat vingt-cinq fois sans succès, entre 1890 et 1897.

1890: Il publie La Bête humaine pour conter le crime dans un chemin de fer, d'un criminel héréditaire, Jacques Lantier et pour décrire la vie quotidienne des cheminots.

Edmond Goncourt se moque du voyage que fait Zola, de Paris à Mantes, sur la plate-forme d'une locomotive, vêtu d'un bleu de chauffe, afin de se documenter pour son livre. Il souligne le dérisoire de la démarche de l'écrivain. L'approche qu'un romancier bourgeois tel que Zola, même de bonne foi, vers des milieux ouvriers n'est elle pas, par essence, faussée? 

1891: Il publie L'Argent pour décrire la Bourse et les jeux spéculatifs.

Le 25 septembre, Jeanne Rozelot lui donne un fils nommé Jacques.

1892: Il publie La Débâcle qui évoque la défaite de 1870. Zola est nommé président de la Société des Gens de Lettres.

1893: Il publie Le Docteur Pascal, dernier volume des Rougon Macquart qui évoque le monde de la science et qui clôt le cycle par un bel hymne à la vie et à l'amour. Il dédicace son livre à Jeanne: "A ma bien-aimée Jeanne, à ma Clotilde, qui m'a donné le royal festin de sa jeunesse et qui m'a rendu mes trente ans, en me faisant le cadeau de ma Denise et de mon Jacques, les deux chers enfants pour qui j'ai écrit ce livre, afin qu'ils sachent, en le lisant un jour, combien j'ai adoré leur mère et de quelle respectueuse tendresse, ils devront lui payer plus tard le bonheur dont elle m'a consolé, dans mes grands chagrins."

Le 21 janvier, ses éditeurs, Charpentier et Fasquelle, organisent pour célébrer la fin des Rougon-Macquart, un banquet littéraire qui rassemble deux cents écrivains et artistes.

Le 14 juillet, Zola est fait chevalier de la légion d’honneur. Il est reconnu comme le romancier le plus éminent et le plus influent de son temps.

Fin juillet, Zola lit l'oraison funèbre de Maupassant.

1894: Il commence un nouveau cycle romanesque avec le cycle des trois villes pour faire un "bilan religieux, philosophique et social". La première est Lourdes. Ce triptyque décrit l’aventure de Pierre Froment, fils d’un couple singulier composé d’une dévote et d’un homme de science. La famille est le foyer des oppositions de la fin du siècle: la science et le retour au spiritualisme.

Le 22 décembre, le capitaine de religion juive Dreyfus est condamné au bagne pour crime d'espionnage au profit de l'Allemagne.

1895: Il publie Messidor, un recueil de poèmes lyriques.

Le 5 janvier, le capitaine Dreyfus est dégradé à l'École militaire avant d'être envoyé à l’Île du Diable, en Guyane.

Le 16 mai et en fin d'année, convaincu que l'affaire Dreyfus résulte d'une pure et simple machination, Zola dénonce dans trois articles publiés par Le Figaro les campagnes de presse contre la République et les Juifs, dont particulièrement celles de Drumont dans la France juive et son journal La Libre Parole.

1896: Il publie le second volume des Trois Villes: Rome

1897:  Les dreyfusards Auguste Scheurer Kestner, Louis Leblois et Bernard Lazare lui demandent d’intervenir. Il hésite.

En septembre, il écrit à sa femme qu’il est décidé. Il publie "Humanité, Vérité, Justice, L'Affaire Dreyfus, Lettre à la Jeunesse" chez Fasquelle à Paris.

En décembre, il lit l'oraison funèbre d'Alphonse Daudet. L'amitié est plus forte que les divergences politiques.

1898: Il publie le troisième volume des Trois Villes: Paris.

Le 13 janvier, convaincu que le véritable coupable de l’affaire Dreyfus est le commandant Esterhazy acquitté à l’unanimité le 11 janvier 1898, Zola publie dans L’Aurore, le journal de Clémenceau, la lettre ouverte à Monsieur le Président de la République Félix Faure intitulée "J’accuse". La lettre dénonce l'antisémitisme et les erreurs judiciaires dont est victime le capitaine Alfred Dreyfus depuis le mois d'octobre 1894. Le "J'accuse" fait du cas Dreyfus une "affaire" et divise la France entre les socialistes et les radicaux dreyfusards et les antidreyfusards de la droite nationaliste et du clergé.

Du 17 au 23 février, le Ministère de la Guerre lui intente un procès en diffamation. Pendant le procès, les ligues antisémites organisent le pillage des magasins juifs, les abords du palais de justice de Versailles retentissent des cris de "Mort à Zola ! Mort aux Juifs !" La foule tente de lyncher l'écrivain. Il reçoit des lettres remplies d'injures et d'excréments.

Zola est condamné à 3000 Francs d’amende et un an de prison. Avec les frais, la dette s’élève à 7 500 francs payés par Octave Mirbeau. Mais Zola est condamné en outre dans un second procès à deux mois de prison avec sursis et à 30 000 Francs de dommages et intérêts pour avoir accusé les experts en écriture, d'incompétence.

Le 18 juillet, Zola s'exile à Londres pour échapper à la prison.  Il est radié de la liste des officiers de la Légion d'honneur et perd une grande partie de ses lecteurs.

Alexandrine restée en France, subit les insultes et les menaces de mort. Elle doit affronter la vente aux enchères de son mobilier pour payer la fausse dette de 30 000 Francs. L'Éditeur Fasquelle rachète le premier lot pour 32 000 Francs et arrête ainsi cette terrible épreuve. Mais elle doit gérer tous les problèmes liés à l'édition des oeuvres de son mari,  répondre aux interviews et lutter sur tous les fronts. Jeanne Rozerot et ses deux enfants rejoignent le romancier en Angleterre.

1899:  Il recommence un nouveau cycle, Les Quatre Évangiles. Pierre a fini par épouser Marie, avec laquelle il a trouvé le bonheur. Ils auront quatre fils, nouveaux apôtres auxquels il appartient de réaliser sur la terre, la justice et la paix. Mathieu est le héros du premier recueil publié la même année, Fécondité. Luc sera le héros du second livre, Travail, Marc celui du troisième livre Vérité et Jean celui du quatrième, Justice.

Le 3 juin 1899, la Cour de cassation annule à l'unanimité le jugement condamnant Dreyfus. Elle renvoie l'accusé devant le conseil de guerre de Rennes.

Le 5 juin, Émile Zola rentre immédiatement en France.

Le 7 août, le deuxième procès de Rennes s'ouvre.

Le 9 septembre, Dreyfus est reconnu coupable. Il bénéficie toutefois de « circonstances atténuantes ». Mais il est condamné à dix ans de déportation.

Le 19 septembre, Alfred Dreyfus est gracié par le Président de la République Loubet.

1900: Zola publie Travail, le second roman des Quatre Évangiles.

Le 27 décembre, la loi d'amnistie en faveur des protagonistes de l'affaire Dreyfus est promulguée. Zola en profite.

1901: Zola publie chez Fasquelle, La Vérité en marche, recueil d’articles sur l’affaire Dreyfus et L'Ouragan, un recueil de poèmes lyriques.

Une bombe est désamorcée devant la porte de l'appartement des époux Zola.

1902: Le 29 septembre, à Paris, Émile Zola meurt asphyxié du fait d'un conduit de cheminée bouchée. Sa femme Alexandrine en réchappe de peu. Victime des ligues antisémites qui enfumaient les dreyfusards pour les faire sortir de leur "terrier" comme des renards. Profitant des travaux sur un toit voisin, comme il s'en est lui-même accusé quelques semaines avant de mourir en 1928, Henri Buronfosse a bouché le conduit de cheminée des Zola. Une enquête réalisée par des policiers anti-dreyfusards, n’aboutit à aucune conclusion.

Le 5 octobre, tandis que ses ennemis se réjouissent de ce "fait divers naturaliste", une foule immense où les mineurs du Nord scandent "Germinal", suit le cercueil de l'écrivain vers le cimetière Montmartre. Anatole France qui a exigé que Dreyfus soit présent aux obsèques, alors que le Préfet de police souhaitait son absence "pour éviter les troubles", lit son oraison funèbre devant la tombe de son ami: "Envions-le, sa destinée et son cœur lui firent le sort le plus grand: il fut un moment de la conscience humaine."

1903: Publication posthume de Vérité, Marc est le héros du troisième livre des Quatre Évangiles. La tétralogie reste inachevée, Justice n'est pas achevé.

Le 25 décembre, le gouvernement saisit la Cour de cassation de l'arrêt du conseil de guerre de Rennes.

1904: Le 5 mars, la demande de révision est déclarée recevable.

1906:  Le 12 juillet, La Cour de cassation casse l'arrêt de Rennes, réhabilite le capitaine Dreyfus et "prend acte de son renoncement à l'indemnisation" que Dreyfus avait du signer pour espérer être réhabilité.

1908: Le 4 juin, les cendres d'Émile Zola sont transférées au Panthéon malgré l'opposition des nationalistes. Maurice Barrès s'oppose à Jean Jaurès à la chambre des députés. Alfred Dreyfus assiste à la cérémonie. Grégory, un collaborateur du journal nationaliste Le Gaulois lui tire deux balles. Dreyfus est légèrement blessé au bras.

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LIENS EXTERNES

LES RÉSUMÉS DE TOUS LES ROMANS DE ZOLA: http://emilezola.free.fr/d_genese.htm

CARICATURE DE ZOLA: http://www.caricaturesetcaricature.com/article-17543817.html

LES AMIS DE ZOLA: http://www.cahiers-naturalistes.com/index.html

UN AMI DE ZOLA:  http://www.ezola.fr/

ZOLA EN FILMS ET IMAGES: http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=dossier_personnalite&id=74

MEDAN reportage en anglais: http://fr.youtube.com/watch?v=xL-YPbGFP3k

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ZOLA PHOTOGRAPHE: http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&from=fulltext&full=zola&num_notice=3&total_notices=68

L'affaire Dreyfus vu à Mulhouse: http://www.mulhouse.fr/fr/dreyfus.php?PAGEID=1989

L'Affaire Dreyfus : http://www.archistart.org/3iemerepubliquec.htm

Chronologie de l'affaire Dreyfus avec l'arrêt de la Cour de Cassation: http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/dreyfus/dreyfus-chrono.asp

Mort de Zola: http://parisneuvieme.blogspirit.com/archive/2005/09/29/dans-la-nuit-du-28-au-29-septembre-1902-ils-ont-tue-zola.html

D'autres biographies d'Emile ZOLA

Des Lycées portent le nom d'Emile Zola pour lui rendre hommage:

Le Lycée Emile Zola de Rennes: http://pharouest.ac-rennes.fr/e350024L

Le Lycée Emile Zola de Wattrelos: http://www5.ac-lille.fr/~zola/

Le Lycée Emile Zola d'Aix en Provence: http://www.lyc-zola.ac-aix-marseille.fr/webphp/lyceeV1/

Le Lycée Emile Zola d'Hennebont: http://www.lpzola56.com/

Le Lycée Emile Zola de Bar le Duc: http://www.ac-nancy-metz.fr/Pres-etab/ZolaBarleDuc/Internet-Pages/Lycee.htm

Le Lycée Emile Zola  de Châteaudun n'a pas de site internet.

 

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